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      Tout le génie d’Oscar Wilde en un seul chef d’œuvre

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      Le Portrait de Dorian Gray est un des grands chefs d’œuvre de la littérature britannique. Il s’agit pourtant du seul et unique roman du génie Oscar Wilde. Il est publié à la fin du XIXe siècle et provoque dès sa sortie des critiques et envenime la presse.

       

      Peut-on vivre sa vie comme une œuvre d’art ?

      Oscar Wilde est un homme d’esprit, dès sa préface il nous offre sa propre définition de l’art :

      « L’artiste est celui qui crée des choses de beauté.
      Révéler l’Art et dissimuler l’artiste, tel est le but de l’Art.
      (…)
      Il n’existe pas de livres moraux ou immoraux.
      Les livres sont bien écrits ou mal écrits.
      C’est tout. (…)
      L’artiste n’a pas de préférences morales.
      L’artiste n’est jamais morbide. L’artiste peut tout exprimer.
      Le vice et la vertu sont, pour l’artiste, le matériau de son art.
      Du point de vue de la forme, l’art du musicien est typique de tous les arts. Du point de vue de l’émotion, c’est le métier de comédien qui est typique.
      Des opinions différentes au sujet d’une œuvre d’art montrent que cette œuvre est neuve, complexe, vitale.
      Quand les critiques ne sont pas d’accord entre eux, l’artiste est en accord avec lui-même.
      On peut pardonner à l’homme d’accomplir une œuvre utile à condition qu’il ne l’admire pas. La seule excuse d’une œuvre inutile, c’est qu’on l’admire intensément.
      Tout art est complètement inutile. »

      Le roman que l’on s’apprête donc à lire prend alors une forme particulière, celle du conte philosophique. Il s’agit en effet d’une mise en abîme de l’approche réaliste de la beauté et de l’esthétisme de l’auteur.

       

      « La réalité est vulgaire, seule compte l’Idée. »

      Riche d’une écriture très imagée, ce conte philosophique nous démontre, à sa manière, l’éternel combat entre le bien et le mal. Ses trois personnages principaux sont des hommes.
      Le premier que le lecteur rencontre, Lord Henry Wotton, est un noble esthète et cynique, il incarne toutes les valeurs du dandysme à l’anglaise: ses discours sont souvent en contradiction avec les mœurs.
      Basil Hallward, son ami de longue date, est un peintre d’un certain renom dont le talent est transcendé par les traits d’un jeune modèle, Dorian Gray, décrit dès le départ comme ayant « une figure adorablement belle » et vierge de toute pensée.

      Si la relation entre Lord Henry et Dorian s’assimile à celle de Faust à son Diable, tentateur par nature; le peintre, dès la première rencontre, agit comme un mécène auprès du jeune homme.
      Les personnages sont des caractères quasi abstraits qui illustrent la Tentation d’un côté et la Raison de l’autre. Dorian est au centre de cette relation triangulaire. L’auteur anticipera ingénieusement d’ailleurs la réflexion que tout lecteur se fera :

      « Tout art est (…), symbole. (…) Ceux qui déchiffrent les symboles le font à leurs risques et périls. »

       

      Les secrets du génie

      Lorsque l’idée du vice vient germer dans l’esprit du jeune homme, l’artiste achève son fameux portrait, laissant Dorian contemplatif et penseur : « Si seulement ce portrait pouvait vieillir à ma place… ».

      Et désormais c’est chose faite. Il encaissera à sa place tous les stigmates de ses pêchés.
      L’intrigue, simple et exemplaire, illustre des questions philosophiques essentielles : Qu’est ce que l’Art par rapport à la Réalité ? Et peut –on se libérer ainsi des conséquences de ses actes ?

      Oscar Wilde dépeint à la perfection l’ambiance suave et décadente de l’Angleterre Victorienne ainsi que ses salons aristocratiques. Il s’agit d’une société de gens qui n’ont jamais travaillé. Ce n’est pas un milieu, mais un mode de vie : le dandysme, l’élégance, la finesse. Le dandysme est une forme philosophique de l’hédonisme, ainsi le tentateur dira au jeune homme :

      « Qui veut retrouver sa jeunesse n’a qu’à reprendre ses folies. Car la jeunesse est dans le péché. »

       

      Peut-on vivre sans se tromper soi-même ?

      Afin de toucher son lecteur, les procédés utilisés par l’auteur sont caractéristiques de son style.
      En effet, on y retrouve toujours un fond d’humour, mis en valeur par des mots d’esprits fins et surtout, des aphorismes : dire beaucoup de choses avec peu de mots.
      Ceci ne consiste pas seulement en un effet de style mais ajoute également une intensité au message. Nous mêmes lecteurs sommes piégés, et notre propre moralité se sent remise en question par la légèreté apparente avec laquelle les personnages traitent de sujets aussi importants.
      Par le cheminement fantastique que prend le récit, une question nous anime : Peut-on vivre sans conscience ?

      En pleine époque victorienne, le roman d’Oscar Wilde choque par son éloge de l’homosexualité. Curieusement, l’œuvre précède le scandale : c’est l’année suivante, en 1891 (année de la seconde publication du récit sous forme de livre), qu’Oscar Wilde rencontre Lord Alfred Douglas, qui devient son amant.
      Leurs relations tumultueuses ne font qu’attiser la polémique, déjà bien déchainée par ses écrits. En 1895, le père d’Alfred Douglas, marquis de Queensbury, intente un procès à Oscar Wilde, qui est condamné à deux ans de prison.
      Humilié et anéanti, l’écrivain vit ensuite une vie d’errance et de misère. Il meurt à Paris en 1900.

       

      D’autres l’ont fait

      Plusieurs adaptations ont été inspirées par ce chef d’oeuvre, notamment cinématographiques, dont la plus récente date de 2010 et que vous pouvez découvrir ici.

      Une mise en scène théâtrale a aussi été proposée par Jean Cocteau en 1909 : Le Portrait surnaturel de Dorian Gray, et encore jouée de nos jours. Il existe même un jeu vidéo intitulé Le syndrome de Dorian Gray, produit par Big Fish Games en 2011.

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