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      NU (Live) & Friends – Platon Records à la Belle Epoque au Faust

      C’était début 2013 : les amoureux des sons purs et ambiant ont adoré le titre ouvrant la complie mixé de Acid Pauli, un certain « MAN O TO » signé N-U. Une base rythmique minimaliste, un deep dup bien remuant (Basic Channel en plus mélodieux), et des phrases cryptiques chantées en persan (« Man o To » veut dire « toi et moi ») avec une voix pénétrante et androgyne. On est immanquablement attiré par cette ambiance mystérieuse mais dans laquelle on plonge pourtant tête baissée, et oreilles grandes ouvertes.

      Le producteur berlinois N U est reste assez discret, ses représentations sont aussi rares que demandées : chacune de ses prestations font leur effet pour que le public le retienne comme un DJ live important. C’est donc évidemment une nouvelle réjouissante que de le savoir présent lors de cette soirée organisée par le label Platon Records et le collectif Belle Epoque, un DJ set dans un des hauts lieux de la nuit parisienne, le Faust, sous le pont Alexandre III.

      Après une entrée en matière par Viken Arman, Raz Ohara commence les festivités. Son live mélange pas mal de samples d’instruments, lui qui vient d’un univers mélangé entre la folk et l’electronica. Il est d’habitude d’humeur mélancolique et du mois de novembre : c’est pourtant bel et bien celui qui va annoncer tambour (enfin, boite à rythmes) battant le printemps, et nous faire oublier qu’il fait encore 4 ° en cette nuit de Pâques. De la house donc, pas trop deep pour l’instant (on va laisser ce plaisir aux successeurs), matinée de son caractère de touche-à-tout, qui fait qu’on entend des percus et instruments très exotiques, en même temps que le public commence vraiment à affluer. Les BPM montent, la température aussi, Raz Ohara tombe la chemise, et l’ambiance devient un peu plus sauvage.

      NU (Live) & Friends - Platon Records à la Belle Epoque
      NU (Live) & Friends – Platon Records à la Belle Epoque

      Après que Chris nous fasse un mix d’entre 2 tours bien senti, place à notre N U, donc. Il apparait un peu en catimini à la fin de la prestation de Raz Ohara, réapparait de temps en temps. Ils s’envoient alors un peu les vinyles, rigolent franchement et ont l’air de se retrouver, avec Chris, comme des bons vieux potes d’enfance. On est tout aussi jouasse, lorsque le berlinois commence alors son set, c’est véritablement l’Ambiant dans toute sa profondeur qui fair résonner les briques de cette salle voutée. L’artiste s’illustre donc sur cette grande estrade et domine un public qui s’étale sur la largeur, une configuration assez atypique pour une discothèque. Mais le son est parfait, les breaks bien secoués. Il arrive à créer la soif dans le public, avec ses parties longues et fiévreuses, crescendo, et annonciateurs de différentes saillies sonores qui arrivent au poil. Le tout avec un jeu de lumières original : ces tapis d’ampoules rouges et bleus, et les fumées transpercées de rayons laser vert donnent l’atmosphère sous-marine adequate. Le tout dans une ambiance jubilatoire et bon enfant. Seul hic, les problèmes techniques, où les gros néons blancs s’allument, en même temps que la musique s’éteint, ce qui nous donne presque l’impression d’être dans un gros hangar squatté par des teufeurs. Qu’à cela ne tienne, une fois le son revenu, ça repart, et le set peut continuer.

       NU (Live) & Friends - Platon Records à la Belle Epoque
      NU (Live) & Friends – Platon Records à la Belle Epoque

      La couleur qui domine cette 2 ème heure du mix (et oui, 2h) est un peu moins aérée, le ton s’obscurcit un peu. Non pas que la motivation ne soit plus là, mais vers 3h, les fêtards de la 2 ème partie de soirée enchainent avec un autre lieu, et laissent place à ceux de la 3 ème partie, aux visages un peu plus rouges et aux yeux plus plissés. Phase transitoire donc, où N U est désormais seul, et s’évertue à continuer son show d’artisan du rythme. L’application est la même, seul le plaisir semble diminuer, peut-être parce que ses compères ne sont plus là pour lui renvoyer des petites tapes d’épaules complices. Reste que l’impression générale est excellente, et que Paris, souvent décriée comme la ville qui commence à « crever d’ennui », et qui est déclassée largement par Berlin s’agissant des clubs et soirée électro, est ce soir fière de la venue d’un tel producteur. Il a été à la hauteur, en produisant au public un show de qualité, la convivialité mêlée à l’exigence de l’originalité. Bref, sans tomber dans le snobisme, il y a définitivement de quoi s’éclater intelligemment  à Paris, en plein week end de Pâques.

      NU (Live) & Friends - Platon Records à la Belle Epoque
      NU (Live) & Friends – Platon Records à la Belle Epoque

      La salle accueille régulièrement des DJ de renommée, comme Yuksek et Tepr le 11 avril prochain.

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