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      Mémoires (tourmentées) d’un vieux tzigane au Théâtre de Ménilmontant.

       

      Heureusement Tony Gatlif n’est pas le seul à vouloir nous faire découvrir la culture tzigane. Ce désir est encore plus fort chez Pétia Iourtchenko, metteur en scène du spectacle MEMOIRES D’UN VIEUX TZIGANE qui se joue du 31 Mars au 4 Avril 2015 au Théâtre de Ménilmontant.

      Dans ce spectacle, dont il est le personnage principal, le metteur en scène nous raconte son histoire. Celle d’un certain Pétia, un peu plus usé lui, qui est aussi chorégraphe et professeur de danses tziganes à Paris enchaînant les répétitions sur sa prochaine création.

      Le spectacle débute par un échec. Sur le plateau, où sont installées modestement trois chaises et une table, s’avance fébrilement notre hôte. Il essaie d’exécuter quelques pas de danse, comme s’il s’agissait des derniers, avec son souvenir comme seule énergie.

      Un coup de téléphone et hop, son amie d’enfance Motia réapparaît dans sa vie et s’installe chez lui le temps d’un séjour à Paris. L’arrivée de Motia, chanteuse tzigane (forcément) microtée, accompagnée de son mari (forcément) guitariste, sonne comme le véritable coup d’envoi du spectacle.

      Dès lors, le spectacle vacille dans une systématisation entre épisodes chantés sous-couverts des retrouvailles avec Motia et épisodes dansés sous-couverts cette fois des répétitions de Pétia avec les jeunes danseurs de sa compagnie en vue de la prochaine création. Ainsi, le spectacle est conçu de manière binaire, comme pour souligner la dualité à laquelle doit faire face le personnage principal. Comment puis-je transmettre dès lors que je ne suis plus capable de me souvenir?

      En effet, les différents tableaux avec Motia lui permettent de se souvenir de son enfance, des chansons préférées de sa maman et aussi des malheurs injustement oubliés qu’a dû traverser sa famille et plus symboliquement son peuple. Le symbolique est un des rouages de ce spectacle et malheureusement il ne nous laisse qu’un infime voile de pudeur que nous aurions aimé plus épais.

      Ces tableaux qui nous promettent un retour à l’essence de son histoire à lui, cette histoire qui lui appartient mais qui lui échappe malgré tout, il s’efforce de la partager avec ces danseurs lors des épisodes dansés. Mais comment transmettre quand notre mémoire choisit finalement de devenir branlante à partir du moment où on est seul?

      C’est à cela que se confronte notre hôte Pétia, en reprenant ses danseurs lors des répétitions, en essayant de monter ce spectacle fidèle à ses chers souvenirs. Un nouveau visage apparaît, notre hôte devient plus dur, il fait parfois preuve d’intolérance dans sa manière de transmettre à ses jeunes novices (mais pas trop). Comme si on ne pouvait pas se permettre d’être approximatif dès lors qu’il s’agit d’honorer le passé, les racines, notre héritage. Car il n’est plus question de danse dans le spectacle mais de devoir de mémoire.

      La joie et le plaisir de retrouver son amie Motia font face à son incapacité de donner à ses élèves le plaisir de danser, l’éternelle insatisfaction de la nostalgie. Cette nostalgie emmène donc le spectacle vers une schématisation maladroite de l’histoire du peuple tzigane. Mais l’énergie et la présence de tous les interprètes dans les épisodes chantés et dansés nous permettent de traverser cette histoire avec eux dans le plus grand plaisir. Car il s’agit avant tout d’un spectacle rythmé par la musique et la danse, un spectacle riche, un spectacle qui de nos jours est important, et qui vaut le coup d’oeil.

       


       

      Détails pratiques:

      MÉMOIRES D UN VIEUX TZIGANE,

      mis en scène par Pétia IOURTCHENKO

      du 31 Mars au 04 Avril 2015

      Théâtre de Ménilmontant

      15 Rue du Retrait, 75020 Paris
      01 46 36 98 60


       

       

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