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      Macbeth mis en scène par Ariane Mnouchkine, au théâtre du soleil

      Ariane Mnouchkine nous fait vibrer par cette représentation de Macbeth, au Théâtre du Soleil. Quatre heures de théâtre, avec entracte, sans une seconde d’ennui : c’est du génie.

      Des changements de décors incessants et fluides rythment la pièce et ouvrent une multitude de portes menant à des univers réalistes très différents, du jardin du royaume d’Écosse aux terrains de bataille, avec des couleurs chaudes et une ambiance intime et envoûtante. Les sons et les musiques accompagnant la pièce sont crées par une musicienne qui joue de nombreux instruments en temps réel, à droite de la scène. Les costumes des personnages sont magnifiques et originaux, des habits traditionnels écossais aux tenues de GIGN portées par des soldats.

      Le réalisme lié à l’époque Shakespearienne et la modernité s’entremêlent : malgré la présence d’écuries sur scène, de jardins anglais, de salles de banquets d’autrefois, ainsi que de bals traditionnels, on observe parallèlement la présence d’armes à feu, d’un bunker dans lequel se réfugie Macbeth, d’une télévision, de radios et d’un ordinateur utilisé par les sorcières, et de journalistes. Serge Nicolaï porte avec succès son rôle de Macbeth et joue la perdition dans la folie, ainsi que le double-jeu du personnage avec beaucoup de réalisme. Macbeth, héros tragique, est représenté comme un officier banal, qui se permet de regarder la télévision dans les instants les plus tragiques. Il n’est ni embelli ni grandi. C’est Lady Macbeth qui est, dans cette mise en scène d’Ariane Mnouchkine, le personnage le plus charismatique. Quelques personnages ajoutent une touche d’humour, comme le portier, avec son jeu burlesque.

      On peut excuser les quelques erreurs de texte qui passent presque inaperçues durant ces quatre heures de spectacle, et c’est avec joie que l’on peut entendre la célèbre musique utilisée lors de la danse des « Atrides », cette fois utilisée pendant la danse des sorcières. Ariane Mnouchkine a revisité avec succès Macbeth de Shakespeare, et peut-être n’est-ce pas faute d’y voir quelques clins d’œil, comme la ressemblance visuelle entre la revanche du peuple sur le tyran rendu fou par sa soif de pouvoir, et le célèbre tableau de « La liberté guidant le peuple » d’Eugène Delacroix, en des temps si sombres. 

      Mickaël-Don

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