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      Alsarah & The Nubatones: Un Live Report d’un concert de haute volée

      Alsarah est une artiste à part entière. Sur scène, elle se dévoile. La chanteuse marche aujourd’hui dans les pas d’Ali Hassan Kuban, figure tutélaire de la musique nubienne des 70’s. Entourée d’un oudiste, d’un bassiste et d’un percussionniste, Alsarah tisse des ponts entre musique orientale et nord-africaine, nostalgie et modernité. Des compositions pleines de groove et de métissage que l’on retrouve dans Silt, son premier album.

       

      Alsarah, une artiste construite et engagée

       

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      crédit: Arte

       

      Sarah Mohamed Abunama-Elgad est née au Soudan au début des années 80. Suite au coup d’état perpétré par Omar al-Bashir, elle et sa famille sont forcées de chercher abri au Yémen. Malheureusement, la violence rattrape la jeune femme quelques années plus tard et la pousse à s’installer aux Etats-Unis, où elle vit actuellement. A 12 ans, elle y commence sa formation musicale à la Pioneer Performing Arts Charter High School, à Hadley MA. Puis elle passe 4 années à l’Université Wesleyan à étudier la musique avec une spécialisation en ethnomusicologie. Cette vie marquée par les conflits a fait d’Alsarah une artiste voyageuse, particulièrement marquée par la question de l’immigration.

      Demeurant à Brooklyn, NY, elle s’est auto-proclamée artiste rétro-Pop est-africain, travaillant sur divers projets. Elle a fait des tournées à la fois au niveau national mais aussi à l’étranger avec des groupes acclamés par la critique, comme le projet du Nil, où elle figure sur le premier album, Assouan (nommé dans le top 5 des albums internationaux par NPR). Elle a également publié un album complet avec le producteur français Débruit intitulé ALJAWAL, ainsi qu’un album avec son groupe actuel, Alsarah & The Nubatones, intitulé  Silt  en tournée internationale depuis sa sortie en 2014.

      Entre les albums, Alsarah travaille également avec le Collectif des artistes réfugiés soudanais sur une nombreux de projets, y compris le documentaire acclamé par la critique « Beats of The Antonov ».  

       

      Alsarah & The Nubatones, la formation

       

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      photo par Carlos Ramirez

       

      Alsarah & The Nubatones est né de nombreuses conversations lors de dîners entre Alsarah et Rami El Aasser à propos du « retour nubien » musical et des schémas de migrations modernes, ainsi que des échanges culturels entre le Soudan et l’Egypte. Un amour commun pour la richesse des sons pentatoniques et les expériences de migrations partagées, a élargi la conversation pour inclure Haig Manouki, un joueur de oud Armenien-Américain, et un français, Mawuena Kodjovi, bassiste et trompettiste né et élevé au Togo. Sous la direction de Alsarah, la musique du groupe basé à Brooklyn a grandi dans ce qu’ils ont surnommé la « rétro-pop africaine ».

      En mars 2014, le groupe sort son premier album Silt et sa renommé est très vite internationale. Il est acclamé de bonnes critiques, notamment avec le single Soukura. Octobre de la même année a vu la sortie de « Silt remasterisé » avec des remix de Bodhisattva, Nickodemus, Captain Planet, Chancha via circuito, et bien d’autres. Il a également été sélectionné comme l’un des meilleurs albums de remix 2014 par le prestigieux magazine Fact.

      Malheureusement, cette année a également été marquée par le décès du membre fondateur Haig Manoukian. Brandon Terzic, son ancien élève, un oudiste brillant, lui succède et prend ses marques dans le groupe. Et comment ne pas parler de Nahid? Cette chanteuse charismatique au timbre de voix quasiment identique à celui de Alsarah fait maintenant partie du groupe entant que membre permanent (la voilà au centre de la photo qui suit).

       

      Un concert sublime à l’Institut du Monde Arabe

       

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      photo par Nisreen El Yagoubi

       

      Nous nous sommes donc laissés tenter par l’expérience du Live Alsarah & The Nubatones pour vous (et surtout pour nous) à l’Institut du Monde Arabe samedi 8 Avril. 

      Pas besoin de connaître les morceaux à l’avance pour profiter de ce live. Les inconnus sont les bienvenus, chaque personne qui peut ajouter sa voix à l’écho et ses clappements de mains à la rythmique de la foule a sa place. La salle bien que remplie, laissait beaucoup de sièges vides. En effet: la moitié du public était debout pour danser, et accompagner physiquement les vibrations qui faisaient raisonner la salle. Alsarah, la chanteuse que l’on aperçoit ici à droite sur la photo, n’hésitait pas à partager avec son public des anecdotes sur les morceaux qu’elle compose avant de les entamer, mêlant la rire à la parole, puis à la chanson. La participation du public était incroyable et une sorte d’osmose s’est créée avec tous les musiciens qui improvisaient des solo de percutions, basse, banjo…  

      La stand-ovation les a fait revenir sur scène et interpréter deux de leurs morceaux les plus connus: Habibi Safr Mini des deux chanteuses a cappella et Habibi Taal. 

       

       

       

      Depuis leur premier spectacle en octobre 2011, le groupe a réalisé des performances au niveau national et international dans de nombreux lieux et festivals prestigieux. Avec leur audience qui n’a ni d’âge ni d’origine, Alsarah & The Nubatones ont prouvé à maintes reprises que l’âme traverse toutes les barrières culturelles et linguistiques.

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