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      Les Tindersticks en concert pour 3 dates aux Bouffes du Nord

      tindersticks-the-waiting-roomTindersticks, ce sont 24 ans de carrière, 6 membres et 1 voix, suave et scintillante, douce et torturée, celle de Stuart Staples. Reconnaissable entre mille, elle caractérise le son du groupe, avec l’orchestration chamber pop et piano-bar. Elle porte haut des ballades et titres aussi consistants que Another Night In, Trouble Every Day ou Can We Start Again, riches en virtuosité, qui forment un répertoire de chansons éminemment romantiques et chevaleresques. Petit tour de chauffe avant leur concert des Bouffes du Nord parisiens (3 dates en avril), à l’occasion de leur tout récent album « The Waiting Room »

      Des débuts organiques

      tinderstickssinglesFondé en 1992 par Alasdair Macaulay, Dave Boulter, Dickon Hinchliffe, Mark Colwill, Neil Fraser et Stuart Staples à Nottingham (Angleterre), les Tindersticks ont sorti quelques EP et albums avant 1997, dont les singles sont réunis dans la très bonne compilation « Donkeys« . (1997) On a ici des pépites très simplistes qui ont l’avantage de mettre à nu la splendide voix de Stuart Staples, sur une instrumentation mélodieuse à souhait. En témoigne ce « Marbles », obsédant et hypnotisant, avec son arpège électrifié et son organe lo-fi. Les ingrédients principaux qu’on retrouve dans la majorité des titres futurs seront un peu autres : quatuor de cordes, ritournelle au clavier, et Stuart Staples au chant, au ton aimant un peu désabusé, une voix chatoyante qui ne subit toujours pas les affres du temps (« City sickness »). S’en suivent des albums épiques, comme « Curtains » (1997), la référence du groupe, avec notamment un joyau de la chanson contemporaine, « Another night in ». Flamboyant, qui fait très « générique de Love Story », avec un supplément de profondeur, et une certaine gouaille british très classe dans la voix, qui a le don de littéralement s’effondrer dans la grâce. Le reste n’est pas en reste, puisque « Let’s pretend », dans sa part romanesque et « amour impossibleCurtains » touche également des sommets de virtuosité (ah, ces violons…), et « Desperate Man » est d’une nudité tellement désarmante qu’on ne peut que souhaiter à Stuart d’autres désespérances de ce type, du moins musicales. Un joyau, on vous aura prévenu.

      Une suite mouvante

      Là où l’album « Simple Pleasure » (1999) déçoit un peu, mis à part le « tube » de chamber pop dansante « Can We Start Again », et la BO « Trouble Every Day » (2001) … trouble par sa noirceur et la propension du groupe à théatraliser leur musique, « Can Our Love », album sorti en 2001, est une réjouissante preuve d’un virage maitrisé. Les titres s’étirent pour que la part relaxée de leur musique (très piano bar, voire gospel, dans celui-ci) prenne son essor, en prenant soin de perdre le contrôle. Un délice : les 45 minutes s’écoutent d’une traite, les schémas mélodiques se répètent souvent au sein d’un morceau (seulement 3 notes dans « Chilitetime » qui dure plus de 7 minutes) pour que Stuart déroule son phrasé mélodique sans contrainte et avec une seule direction : jusqu’au bout du plaisir. La suite de leur discographie va renouer avec la tristesse (le torturé « Waiting For The Moon » (2003), dont l’un des titres « 4.48 Psychosis » fait référence à une oeuvre théâtrale suicidaire signée Sarah Kane), lorgner vers leurs débuts (« Falling Down The Tindersticks-CanOurLoveMountain » en 2010, une collection joviale et pimpante, avec un Stuart accompagné par des choeurs venant tout droit d’un music-hall). Avec « The Something Rain » (2013) , le groupe va atteindre une sérénité mélancolique, une verve retenue et délicatement canalisée dans une rogne peu dicible (« Show Me everything »), avec des arrangements cette fois rock indé et plus froids. « The Waiting Room » (2016)  continue sur cette lancée, dans leur lignée cathartique (voire triomphante : la superbe déclaration « We are dreamers ! ») où Stuart  n’a de cesse de révéler la part douloureuse des relations amoureuses, qui à ses yeux sont légion. Grand bien lui fasse, surtout fasse à l’auditeur, qui n’a plus qu’à récolter les beaux fruits de ses témoignages musicaux d’une recherche vers l’autre (et de soi) semée d’embuche, qui ne s’arrête pas. Il ne reste plus qu’à aller les voir en concert pour le leur rendre bien et les encourager à produire d’aussi belles chansons. En attendant les 19, 20 et 21 avril aux Bouffes du Nord (Paris) et ailleurs en France, écoutons tout ça ici :

       

       

       

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