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      Les classiques du rap – EP. 3 (Snoop Dogg, The Blue Carpet Treatment)

      Pour ce troisième épisode de la série des classiques du rap, il fallait un peu de West Coast dans le paysage. Nas avait pris l’espace dans l’épisode deux, et il est désormais temps que Los Angeles revienne.

      Tupac aurait été un peu facile, il viendra un peu plus tard car il y a des passages obligés. Je me suis donc tourné vers Calvin Broadus, alias Snoop Dogg, ce grand bonhomme aux multiples succès qui, même si on l’oublie parfois, était là au début de la grande scène rap de Los Angeles (au début des années 90) et est toujours bien là.

      Alors quel album choisir parmi ses treize disques (le dernier, intitulé Bush, venant juste de sortir en mai dernier) ? Même si Tha Doggfather, sorti en 1996, est excellent, je me suis tourné vers quelque chose de plus tardif, le grand The Blue Carpet Treatment, sorti en 2006. Pourquoi donc ?

      Parce qu’à titre personnel, il a frappé mes premières années d’écoute de rap, (oui, je suis un jeune auditeur pour certains) en étant un des premiers CD à rentrer physiquement chez moi. Et quel style!

      Pour quelqu’un qui commençait à trouver le rap radiophonique légèrement pasteurisé (certains diraient même catastrophique), entendre That’s that shit, cet hymne aux boîtes de nuit et aux filles y bougeant autour de Snoop, rondement mené par lui et par R. Kelly, vous fait revivre le rap de ses débuts. L’instrumentale glisse sans aucune anicroche. Réglé au cordeau, le morceau envahit tout sans brusquer vos oreilles. Et avant même d’en comprendre les paroles, vous remuez la tête en rythme.

      Toutefois, l’album est une création bien plus hétérogène et engagée qu’elle n’y paraît. A côté des morceaux traitant des filles et autres joyeusetés, on trouve des perles destinées en premier lieu aux auditeurs de Los Angeles.

      Gangbang 101 avec The Game rappelle douloureusement la guerre de gang entre Crips, dont fait partie Snoop, et Blood, dont fait partie The Game, et sonne comme un appel à la paix et la fin des règlements de compte imbéciles. Puis, plus tard dans l’album arrive le grand Imagine, en collaboration avec Dr. Dre, lui aussi plus ou moins affilié aux Bloods, du fait de son lien passé avec Death Row Records. Les deux rappeurs y rappellent à quel point l’histoire du rap, et la vie de plusieurs millions de personnes, seraient changées dans un monde où la violence entre gangs n’aurait pas pris de telles dimensions. Une production engagée qui laisse à réfléchir l’auditeur, et confirme le caractère réfléchi de Snoop Dogg sous ses airs de simple petite frappe.

      Enfin, l’album se remarque par la qualité de certaines collaborations, George Clinton dans une courte introduction, Stevie Wonder, Ice Cube, Akon, Jamie Foxx et une dizaine d’autres artistes faisant entendre leurs voix à travers The Blue Carpet Treatment, qui mérite sa place au Hall Of Fame du rap.

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