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      La Isla Minima, notre critique du « True Detective espagnol »

      La Isla Minima, comment mener à bien une enquête dans un village le long du Guadalquivir, où deux corps d’adolescentes sont découverts, à l’époque post franquiste où le silence fait encore loi ?

      La disparition de deux adolescentes dans un village, sur les rives du Guadalquivir, durant une fête locale est à l’origine de l’arrivée de 2 enquêteurs. On est à l’époque post Franco. Des décennies de dictature, de soumission, de peur, de silence ont marqué les comportements de la population locale et ne vont pas aider les langues à se délier.

      La gendarmerie locale est corrompue. La hiérarchie est soucieuse de résoudre cette affaire rapidement, sans toutefois heurter les instances locales. La découverte des corps mutilés des adolescentes entrainera les enquêteurs vers la mise à jour des mœurs des jeunes filles. Leur enquête se heurte à la loi du silence, donnant un champ de possible à toutes les hypothèses.

      Alors que tout oppose ces 2 enquêteurs, l’âge, les méthodes, le mode de vie, le passé et une certaine vision des événements, et, malgré une enquête difficile où l’environnement humain est fermé, suspicieux, regorgeant de secrets et de non-dits, ils vont, chacun, avec leurs ressources, s’approprier ce lent travail d’investigation et découvrir des habitudes, des pratiques et révéler au grand jour ce qui n’aurait jamais dû être. Travail ingrat s’il en est, dans un environnement géographique aride et humide à la fois, où la température favorise les comportements extrêmes.

      La révolte silencieuse de la mère des adolescentes, qui va se matérialiser par l’aide qu’elle apporte aux enquêteurs, peut représenter un parallèle à la grève des journaliers pour de meilleures conditions de travail, comme le vecteur d’un élan de vie après des années de soumission.

      la isla minima true detective

      Des plans photos magnifiques des marais, comme des images d’encéphale et de ses circonvolutions cérébrales, nous mettent, dès le début, en présence des méandres de la psychologie du comportement humain.

      Un travail plus en profondeur sur les motivations, les territoires communs et les parts d’ombre des enquêteurs aurait permis d’illustrer ces plans-photos et aurait permis de mieux ancrer la narration dans l’humain, ses travers, ses limites et ses moments de magie.

      Un déséquilibre entre le corps du film et la fin qui peut sembler trop courte, aurait pu être rétabli par une analyse plus explicite, plus fouillée, plus psychologique. Cette analyse aurait permis une lecture plus claire de cette fin qui laisse le spectateur un peu seul face à ses questionnements.

      Un des protagonistes indique : « Il y a une autre personne sur les photos» – Doit-on s’attendre à un deuxième volet ?

      Malgré ces faiblesses, il reste un beau moment de cinéma qui mérite d’être vu pour la qualité des photos, de la réalisation, pour le jeu des acteurs, pour le sens de la narration, qui nous transporte dans un roman visuel et auditif.

      Note: Ce film sort mercredi 15 juillet dans les salles. Il est distribué par Le Pacte.

       

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