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      La Femme au tableau : Une affaire de famille

      La Femme au Tableau (Woman in Gold pour le titre original qui se révèle d’ailleurs hautement plus pertinent que sa traduction) retrace le véritable combat acharné de Maria Altman, une autrichienne qui a dû immigrer aux Etats-Unis et de son avocat Randol Schoenberg pour la restitution d’un des tableaux les plus célèbres de Gustav Klim : Le Portrait d’Adèle Bloch-Bauer I. En effet, ce tableau représente non seulement la tante de Maria Altman mais il appartenait en toute légitimité à son illustre famille qui s’est vu dépouillée et spoliée de tous ses biens de valeur suite à l’avènement du IIIème Reich.

      WOMAN IN GOLD

      Oscillant entre l’enquête semée d’embûches d’une affaire désespérée et des flashback historico-dramatiques portant heures les plus sombres du passé de Maria, La Femme au tableau ne brille malheureusement pas pour son originalité narrative. D’un académisme implacable, ce biopic historique habilement étalonné réussit toutefois à nous tenir en haleine malgré ses quasi deux heures de durée. Et ça, on le doit à l’incroyable talent de Helen Mirren, à la fois touchante et dotée d’un humour des plus mordants. Ryan Reynolds se révèle d’ailleurs lui aussi convaincant dans ce rôle peu fantaisiste, à l’image du film lui-même, lui laissant malheureusement peu de possibilités pour tirer davantage son épingle du jeu. Faisant preuve d’une indéniable maîtrise, Simon Curtis nous offre une mise en scène lisse qu’on aurait aimé plus imaginative pour un sujet aussi classique. Reste des décors somptueux et un dépaysement sensible pour le spectateur qui voyage entre les Etats-Unis et l’Autriche, d’une séquence à l’autre, le tout dans une photographie impeccable.

      WOMAN IN GOLD

      Néanmoins le film pose tout de même des pistes de réflexion plus profondes. Plus qu’un traitement sur le devoir de mémoire, le film est parcouru d’un leitmotiv, celle d’une quête qui fait appel au devoir de restitution. On ne peut certes, changer le passé mais on peut toujours rattraper au moins partiellement les fautes commises. Et cela est d’autant plus vérifié quand cela concerne des faits historiques dont les conséquences morales ont porté et portent encore sur plusieurs générations.

      La Femme au Tableau fait donc partie de ces films académiques qui ne laissent pas un souvenir impérissable mais qui vous font passer un bon moment en salle. Loin d’être médiocre, on aurait juste espéré un parti-pris plus tranché et une identité plus affirmée de la part de son réalisateur. Néanmoins, le prestige de son casting et le rayonnement d’Helen Mirren permettent de relativiser quant à ses défauts.

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