More
    More
      Array

      Jesus & Mary Chain font encore un malheur

      Fondé en 1983 par les frères Reid (William et Jim) pas loin de Glasgow, ils ont représenté alors l’alternative défoulante des années 80, alors que le punk a été enterré par Dire Straits et Sade (zzzzzzz…). Au départ faits de fuzz, d’hyper-saturation (frustration) et de boogie-woogie désabusé, leurs concerts créèrent des émeutes. Les 6 albums suivants, plus calmes, les amenèrent à la postérité. Après des années de brouille et d’apathie, « Damage and Joy » poursuit logiquement le fil là où il était arrêté en 1998, et déverse aux admirateurs encore peu plus de leur bonne bile.

      The-Jesus-And-Mary-Chain-Damage-And-Joy

      Rester simple

      « Always Sad » vers le début de l’album, en duo avec Bernadette Denning, ne fait pas dans les fioritures et fait penser à une comptine pour enfant, 10 ans et quelques enivrements en plus. Jim Reid, bientôt 60 ans, glousse à chaque évocation du mot « adulte » : ceux qui croient être plus matures et responsables avec l’âge ne vont donc pas forcément aimer la sentimentalité simple de « Mood Rider », la récréation du tube « All Things Pass » (on aurait dit un titre oublié « Stoned and Dehtroned » enregistré il y a 20 ans) ou « Get on Home », le blues basique ressaucé avec des boucles électro et des virées de larsen sans prétention. 

      Dans leur carrière, ce sont d’abord les ouragans soniques issus de « Psychocandy »  qui font mouche (et vendre pas mal de boule Quiès). Fer de lance du shoegazing, cette hyper saturation des guitares mêlée a un rythme hypnotique, c’est l’heureuse réaction à un rock devenu, à l’aube des années 80, trop soupe au lait. C’était un peu ce que Alan Vega a su aussi créer avec son groupe Suicide quelques années plus tôt : on se réapproprie les codes de bases du rock’n roll, en allant aussi loin dans le temps que le blues et le boogie-woogie, et on les transfigure en les rendant furieusement contemporains, voire avant-gardiste.

      Aller là où le rock a arrêté d’aller

      Les albums suivants contiendront, mis à part cet accord fou entre passé et présent, des références ultimes qui mettent The Kills, Brian Jonestown Massacre et les Dandy Warhols d’accord. Aller là où le rock mainstream a arrêté d’aller, continuer le chemin que Led Zeppelin, les Beatles ou les Velvet n’auraient du jamais quitter (par exemple ici, ici ou ici). « Damage and Joy » rappelle Jesus & Mary Chain à leur rôle, à leur devoir d’être un de ceux qui servent encore le rock’n roll en 2017. On leur pardonne peut-être cette longue interruption notamment du fait que Jim Reid a été papa il y a quelques années. On se réjouit du retour de ces groupes alternatifs de l’après-punk (Lush, Slowdive…) qui, rétrospectivement, auront apporté de nouvelles et précieuses pierres au Rock. Continuer de trouver du réconfort en soi, en se chantant des pièces d’attrape-coeurs ou à l’emporte pièce, dans tous les cas innocentes. Tant pis si elles chantent le désenchantement ou la défonce, tant pis si ça sonne gamin. C’est l’auditeur qui les reçoit avec le sens qu’il souhaite et qui place les chansons de Jesus & Mary Chain comme des accompagnants de toute une vie.

      0

      LAISSER UN COMMENTAIRE

      S'il vous plaît entrez votre commentaire!
      S'il vous plaît entrez votre nom ici

      Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

      Publicité