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      Jamie XX sort son premier album solo « In Colour », après « The XX » et quelques grands remixes

      Le jeune Jamie XX, 26 ans, a déjà une carrière bien remplie et se sent enfin prêt pour le premier album studio, exercice toujours périlleux pour un DJ, et pas toujours nécessaire. Ce double écueil est dépassé assez aisément par l’artiste anglais, biberonné dès le plus jeune âge aux techniques de MAO, de culture deep-house anglaise. Son groupe The XX et ses remixes de Adele ou de Gil Scott Heron ont construit le plateau d’argent qu’il saisit aujourd’hui pour cet album, dubstep et cliquant, carillonnant le début de l’été.

      Jamie XX sort son premier album solo après un groupe et plusieurs remixes
      Jamie XX sort son premier album solo après un groupe et plusieurs remixes

      Disciple de la très noble Elliott Music School de Londres (d’où sont sortis nombre de groupes électro-pop de renommée actuelle), Jamie XX rentre un peu dans la cour des grands avec ce « In Colour« . On le connaissait en solo avec le très incisif « We’re New Here » de 2011, une habile revue bien tranchante des spoken words du parolier Gil Scott Heron, à la sauce dubstep des plus sombres.


      Avec les 2 réalisations de son groupe The XX, « Coexist » et « XX« , le DJ se fait un nom autour des autres membres, Oliver Sim and Romy Madley Croft, les 2 muses vocales qui font l’identité du groupe. « Des ballades pop accompagnées par des machines » si on vulgarisait à l’extrême. On y remarque  des nappes de synthé très « du pays » que Brian Eno aurait pu utiliser dans ses ballades « new age » récentes, des arrangements sans grandes pompes, presque minimalistes, mettant en exergue les chansons, dont les paroles évoquent souvent le couple et à quel point l’autre nous manque. Banal sur le papier, « casual » à l’écoute, The XX a malgré tout le mérite de proposer quelques rêveries de grande qualité, entre musique d’ambiance et atmosphère héritée pour une grande part de Cocteau Twins (pour les échos froids de la chanteuse, sans être trop gothique), James Blake (pour la partie minimaliste des arrangements) ou Hot Chip (pour la partie pop). Voilà les bases de son groupe.On peut imaginer que Jamie XX pour son album enlèverait la part vocale pour se concentrer sur la musique et les machines, qu’en est-il vraiment?

      Déjà, à l’écoute de « Gosh« , le premier titre phare de l’album, pour lequel un clip magistral et futuriste a été réalisé, ça en impose : toutes infrabasses dehors, saccades dubstep et ponctuations vocales très prononcées en guise de refrain, pour mieux nous accueillir dans un espace grandiose digne d’une BO du remake de « 2001 » de Kubrick. Cela tranche très clairement avec les chansons de son groupe, qui à côté paraissent du coup trop proprettes. La surprise continue avec « Obvs« , un étonnant deep house aux étranges accents caribéens et à l’envoutement sonore nous amenant là encore dans un futur très éloigné. On retrouve cette noirceur d’un dubstep aussi froid et urbain que Burial, avec une part house en plus : la claque.

      La suite contient des titres de la même verve : « Hold Tight » peut évoquer la frénésie de FourTet ou de Caribou, tant dans le crescendo général du morceau que dans le jusqu’au boutisme de ses effets sonores. Une apothéose cependant maitrisée pour ne pas atteindre la saturation. Ses 2 complices du groupes font des apparitions qui ne contribuent pas forcément à la cohérence de l’album : un instrumental de bout en bout aurait été plus logique. La fracassante sensation du début de l’album est donc un peu grisé par « Stranger in a room » chanté par Olivier, ou bien « Loud Places » par Romy. Jamie XX veut quand même évoluer ailleurs dans son identité sonore, et s’offre ainsi un terrain assez vaste dans les styles, l’exemple le plus révélateur est « I Know There’s Gonna Be (Good Times) » qui inclut Young Thug, un rappeur américain. Un morceau à la sauce ragga-hip-hop assez osé, mais qui grâce à un arrangement habile aux couleurs house le rend cohérent avec le reste de l’album. Cela se termine par le convainquant « Girl« , sorti déjà en 2014 sous forme de maxi, et qui conclut sur une note plus aérienne.

      Jamie XX se produira le 9 juillet au Montreux Jazz Festival et le 29 août à Rock-en-Seine.

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