More
    More
      Array

      J-Stratégie : Dune II, La Bataille d’Arrakis (1992)

      Bienvenue à tous pour ce second épisode de la chronique J-Stratégie, consacré aujourd’hui à Dune II, La Bataille d’Arrakis. Considéré comme le père du STR (Jeu de stratégie en temps réel), Dune II paraît en 1992, développé par Westwood Studios, se basant sur l’œuvre littéraire de science-fiction Le Cycle de Dune (1965-1985) élaboré par l’écrivain américain Frank Herbet (1920-1986).

      I] Un jeu STR

      1) Jeu STR

       

      Base

      Dune II se positionne comme le père du jeu de stratégie en temps réel. Mais qu’est-ce qu’un jeu STR ? À l’inverse d’un jeu de stratégie au tour par tour, le STR ne découle pas d’une stratégie élaborée à partir des différentes phases de jeu du joueur délimitées par son propre temps (c’est-à-dire son tour). Le STR repose sur des mécaniques de gameplay alliant réactivité et sens des décisions. Il s’agit de jouer en temps réel, en même temps que les autres joueurs ou factions dirigées par l’IA, et d’améliorer sa faction (technologiquement, économiquement ou militairement) si possible avant celles de ses rivaux.

      Dans tout STR, le joueur est confronté à la micro-gestion économique de sa faction. Généralement, il s’agit de récolter une ou plusieurs ressources (par exemple dans Stracraft, la récolte du minerai ou du gaz Vespène est d’une part primordiale, et d’autre part effectuée à la chaîne par des ouvriers). À l’image d’une fourmilière, le joueur coordonne les récoltes à faire, tout en assurant la sauvegarde de son peuple. Cet axe de gestion est le plus souvent simpliste mais il n’empêche qu’il est à la base de tout STR : sans ressource, aucune évolution ou chance de survie n’est envisageable.

      Outre l’économie minimaliste, l’intérêt principal d’un STR est militaire. Bien souvent, le but est de détruire toutes les autres factions afin de s’assurer la victoire. L’économie permet la création de bâtiments, d’unités guerrières (hormis les unités « fourmis » à savoir les ouvriers, toutes les autres unités sont généralement militaires) et permettent de faire des avancées technologiques. La technologie n’est qu’un autre moyen d’asseoir sa puissance sur les autres, en débloquant des améliorations d’unités (du style « +2 de puissance pour l’infanterie légère ») et des unités à part entières (beaucoup plus puissantes mais nécessitant beaucoup plus de ressources).

      Stratégiquement, le joueur doit réussir à protéger son peuple tout en détruisant tous les autres. Les unités peuvent être offensives ou bien défensives. Quant aux bâtiments, certains comme les tourelles, sont d’excellents moyens de défense, et nécessiteront généralement des unités lourdes voire aériennes pour s’en débarrasser (mais qui en contrepartie, seront plus faibles et exposées à la mort au moindre souci).

      La plupart des STR n’ont pas contre aucun intérêt politique, les alliances sont souvent inexistantes ou définies avant le début de partie, et aucune transaction n’est normalement permise entre le joueur et les autres factions.

      2) Dune II, La Bataille d’Arrakis

       

      Moissonneuse

      Comme nous l’avons dit précédemment, Dune II est considéré comme le premier STR abouti. Sur Arrakis, surnommée Dune, planète désertique regorgeant néanmoins d’épices, trois grandes maisons s’affrontent pour obtenir le monopole de cette ressource agricole rare et précieuse (affrontement préconisé par l’empereur Shaddam IV) : les Atreides (faction bleue), les Ordos (faction verte), et les Harkonnen (faction rouge). L’épice est l’unique ressource à récolter et à utiliser dans ce jeu. L’épice vous permet de construire des bâtiments et de les réparer ainsi que de créer des unités. Le premier bâtiment, déjà construit par ailleurs au début de chaque partie, est le chantier. C’est à travers cette infrastructure que le joueur pourra construire d’autres bâtiments et ainsi d’agrandir sa base. Pour cela, le point central de cette micro-gestion sera l’élaboration de raffineries d’épices, alimentées par des pièges à vent (bâtiments créant de l’énergie et permettant aux autres infrastructures de fonctionner). Les raffineries permettent à des moissonneuses de récolter les épices et de les stocker ensuite (quant aux silos, il servent à augmenter le nombre d’épices collectées et stockées au sein de la base). Le radar est un bâtiment permettant de voir des mouvements ennemis sur la mini-carte, et les autres infrastructures concernent la création d’unités militaires.

      Petite particularité du jeu, le joueur peut construire des dalles en béton et les poser sur le sol avant d’y implanter son bâtiment. Ainsi, la bâtisse sera parfaitement construite (sans aucune dalle, les bâtiments construits disposeront seulement de la moitié de leur vie) et profitera d’un fonctionnement optimal.

      Vous pouvez commencer une campagne avec n’importe quelle maison ; le but sera toujours le même, à savoir conquérir tous les secteurs de la planète et anéantir les autres maisons. Même si certaines missions se distinguent par le fait que l’objectif final n’est pas de détruire l’adversaire (par exemple, on peut vous demander d’emmagasiner 2.700 épices afin de réussir votre mission), il n’en demeure que la principale chose à faire lorsque l’on se lance dans cette aventure est de revoir toute sa stratégie défensive. Quel que soit l’objectif, vos adversaire viendront toujours vous attaquer !

      Carte conquête

      Et outre la réflexion, propre à tous les jeux de stratégie, Dune II exigera de vous une très bonne anticipation de chaque fait et geste, et une assez grande réactivité. En effet, en ce qui concerne l’approche tactique des combats, chaque unité est contrôlée individuellement par un clic gauche de la souris sur l’unité voulue. A l’inverse des STR récents, où une simple sélection des unités par un clic gauche prolongé vous permet de contrôler un grand nombre d’unités, vous devrez dans Dune II vous atteler à déplacer chaque unité et coordonner ces déplacements par rapport à ceux de vos autres unités. De plus, généralement le clic gauche permet de contrôler l’unité, le clic droit vous permet de déplacer vos unités où bon vous semble. Dans Dune II, vous devrez cliquer sur l’onglet « Aller à » pour ensuite avec votre clic gauche déplacer l’unité. Les mécaniques de gameplay archaïques du jeu intensifient d’autant plus l’anticipation du joueur quant à ses stratégies de guerre et au déroulement des opérations.

      II] Un jeu probant et révolutionnaire

      1) Immersion avant-gardiste

       

      Mentat

      Le principal intérêt de ce jeu (surtout de nos jours) réside dans son immersion impressionnante pour l’époque. Chaque unité possède par exemple son propre doublage lorsqu’on le sélectionne. Le jeu ne possède pas en soi de graphismes somptueux, mais l’atmosphère musicale dégagée dans cet univers aussi désertique que chaotique est un vrai régal pour le joueur ! Les cinématiques sont d’ailleurs très bien réalisées, comme le sont les visages de tous les conseillers disponibles par le biais de l’onglet « Mantat ». Par ailleurs, ces conseillers sont importants puisqu’ils permettent au joueur de se renseigner à tout moment sur l’objectif à réaliser, sur les différents bâtiments et unités à construire (ainsi que leur principale utilité) et d’être renseigné voire conseillé par rapport à la mission que vous êtes en train d’effectuer.

      D’autre part, certains éléments rajoutés lors des parties afin de rendre l’immersion plus crédible, comme les vers de sable ou encore l’apparition de troupes d’élites de l’empereur, apparaissent certes comme une difficulté supplémentaire à surmonter, mais sont véritablement appréciables pour le joueur. Il est aussi intéressant de constater que chaque maison possède ses propres atouts et faiblesses (par exemple, la maison Harkonnen est probablement la faction la plus puissante du jeu grâce en partie à son char le « Dévastateur », mais en contrepartie il s’agit de véhicules assez lents à faire avancer, et quelques attaques rapides aux flancs peuvent le détruire sans réelle difficulté). Autre exemple, les Ordos n’étant pas forcément d’excellents guerriers, la dissimulation et les sabotages seront extrêmement judicieux à utiliser, d’autant plus qu’ils ont une unité spéciale : les saboteurs.

      2) Incontournable ou simple référence ?

      À ce moment donné, il est intéressant de se questionner sur l’image projetée par Dune II aux gamers et à son adhésion dans la culture vidéo-ludique moderne. Dune II est un incontournable en ce qui concerne les jeux de stratégie, il a marqué de son empreinte le jeu STR. Néanmoins, à l’instar d’une interface léchée et basique, Dune II pourrait actuellement souffrir, en comparaison avec certains STR plus modernes (par exemple la série des Starcraft, des Age of Empire ou Mythology), d’un excès de simplicité et finalement, d’une ligne vidéo-ludique un peu trop dirigiste.

      En fin de compte, Dune II n’est que le moule du jeu STR tel que nous le connaissons. Blizzard appuiera davantage avec Warcraft, Orcs and Humans les conventions du genre (bâtiment principal où l’on peut créer des ouvriers, trois ressources à collecter et réutiliser, l’aspect « village » de la base avec les routes et les habitations, mode escarmouche et cie..)

      Dune II représente effectivement l’adage des jeux STR qui est « récolter, évoluer, exterminer » puisqu’il en est le principal fondateur, mais son âme ne se trouve en aucun cas dans son gameplay certes précurseur mais trop simpliste pour nous autres mortels de l’ère numérique.

      Dune II, c’est avant tout un univers particulier, une atmosphère immersive, un charme singulier.  

      Dune II image

      0

      LAISSER UN COMMENTAIRE

      S'il vous plaît entrez votre commentaire!
      S'il vous plaît entrez votre nom ici

      Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.