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      Youssoupha : l’interview sur son prochain album NGRTD

      Youssoupha aka Le lyriciste bantou revient sur le devant de la scène -qu’il n’a pas vraiment quitté. Son prochain album NGRTD dit « Négritude » sortira le 18 Mai prochain et la première date de sa tournée Love Musik Tour a eu lieu le 30 Mars lors du festival Chorus à la Défense. C’est lors de ce dernier événement qu’il nous a accordé sa première interview pour la sortie de Noir Désir 2 : NGRTD ; juste avant de monter sur scène et de nous régaler de son énergie et de ses punchlines bien trouvées.

      Quel est le Youssoupha 2015?
      La posture du rap c’est plutôt de ne pas changer. Forcément on change et je trouve que c’est bien. J’ai trouvé mon public. Avant j’étais dans un objectif de conquête. Sans avoir l’impression d’être arrivé j’ai surtout envie de partager avec les gens qui m’ont compris sur les précédents albums. Ce sont des gens qui m’ont rendu heureux, qui m’ont porté haut. Souvent on pense à comment acquérir des nouveaux marchés, toucher un nouveau public mais ce n’est pas ce à quoi je pense .

      Comment naît un morceau?
      C’est un peu comme un puzzle – j’en fais beaucoup avec mon fils et il est d’ailleurs plus fort que moi c’est la honte. ça n’est pas toujours par la même pièce que je commence. Des fois c’est le thème, des fois c’est un refrain, des fois c’est la musique. Je n’ai pas l’impression d’avoir un mécanisme. Par contre, j’aime bien tout avoir : la thématique, le concept avec lequel on va l’amener et la bonne musique. Je tiens vraiment à avoir les trois.

      Tu vas sortir ton prochain album le 18 Mai prochain Noir Désir 2. Il s’inscrit dans une trilogie. D’où t’es venue cette idée?
      C’est mon amour du cinéma. Dans mon prochain album, il  y a une chanson qui s’intitule Mémento. Dans mes précédents albums il y a eu « Irréversible », « L’effet papillon ». J’ai souvent pris des livres et des films comme référence. C’est l’idée d’un truc à épisodes. J’aime bien cette idée de continuité.Cela fait évoluer un personnage.

      Quel est le fil conducteur entre Noir Désir et NGRTD?
      Quand j’ai commencé à écrire Noir Désir je ne savais pas ce qu’allait être la suite. Cela se construit au fur et à mesure. Quand j’ai fait Noir Désir, c’est la première fois où je me suis senti accompli et dans mon élément , à la fois musicalement et dans la réalisation. Je me suis dit : « Ah! Ça c’est vraiment Youssoupha! Et pas juste pour le coup d’un album ». J’ai envie de porter ça à des niveaux supérieurs. Je ne veux pas m’arrêter et passer à autre chose. En tout cas pas pour le moment. Là je sors NGRTD. Je vais peut-etre donner la suite tout de suite si je sens qu’elle est cohérente ou si ça se trouve je vais repasser sur un autre album et je compléterai la trilogie ensuite. Je ne me donne pas vraiment de règles pour ça.

      Comment as-tu abordé la transition entre Noir Désir et NGRTD?
      Ça n’a pas été facile. J’aime beaucoup la scène mais moins le studio. Quand on est sur scène, on partage, on échange, on rencontre des gens mais avec le studio on est tout seul. Tu fais deux-trois morceaux et lorsque tu les écoutes tu te dis que c’est pas bon. Là c’est dur! Tu es habitué à te produire sur des morceaux qui marchent super bien et là c’est plus l’amour, c’est le combat. Mais c’est bien aussi! Quand Noir Désir est sorti il y a eu un gros succès populaire et critique aussi. Du coup, j’entends beaucoup : « Ah! Ca va être difficile de faire mieux etc. » Pour moi, ça n’est pas un problème. Je peux faire mieux c’est juste qu’il va falloir que je bosse. Et j’attends que les gens découvrent l’album, mais avec NGRTD, j’ai l’impression d’avoir fait mieux. Je ne pense pas que l’album allait se faire dans la facilité.

      Est-ce que tu demandes des conseils et à qui?
      Au début je suis très égoïste. Je ne demande pas conseil trop vite parce que je préfère aller au bout de mon idée. Parfois, les gens peuvent te décourager. Une fois que j’arrive au bout de là où je voulais aller, je le fais écouter à mes proches ou à des gens qui ont du recul sur moi ou même  qui me connaissent moins. J’aime bien l’écoute passive. Et je me fie moins à l’écoute où tu places les gens comme des juges. Quand les gens parlent, par exemple, je leur mets un nouveau  morceau tranquillement pour avoir leur avis.

      Parle-nous du morceau et du clip Entourage qui sera sur ton prochain album?
      En regardant des anciens mails sur ma boîte hotmail, je suis tombé sur les chaînes et je détestais ça. J’ai voulu jouer sur cette chose là : « Je crois à la solidarité mais les chaînes de solidarité j’y crois pas ». Ce sont mes ambiguïtés que j’ai pris comme concept de base dans cette chanson là. C’est un morceau à état d’âme. Dans le clip, je ne voulais pas que cela soit centré sur moi. Je voulais qu’on voyage puis que ça revienne sur moi. Le réalisateur Valentin Petit m’a proposé de créer un clip avec des images qui traversent les murs, les plafonds et l’idée m’a plu. Les gens ont bien aimé le titre et les deux ont bien été accueillis.

      Le titre de l’album te tient énormément à cœur. Que représente le mot Négritude pour toi?
      Je suis un jeune né à Kinshasa, venu en France et j’ai vécu dans une société où pendant des années être noir était limite mon handicap par rapport aux entretiens, à la police, aux autorités, au système éducatif, à l’administration. Avec le temps, sans en arriver à écraser les autres, je me rends compte qu’au contraire c’est peut-être l’une de mes principales qualités, c’est ma culture. C’est un plus que j’ai avec mon rap mon « africanité » et ce sont des choses en plus que j’apporte aux gens par rapport à mon parcours. Par exemple, quand je suis arrivé en France, mon prénom, personne ne savait le prononce. En avoir fait mon nom d’artiste c’est une manière d’exorciser les choses. Je trouvait ça stylé. C’est pareil pour Négritude, peut-être que ça peut choquer les gens mais en appelant mon album NGRTD ça va peut-être être moins tabou. Il y a de l’hommage à Aimé Césaire mais j’utilise ce concept à ma manière avec l’idée de le « normaliser ». Je n’ai pas la prétention de compléter son oeuvre. C’est juste une affirmation dans le titre de cet album.

      Quels sont les artistes qui t’inspirent?
      Quand j’ai préparé cet album, j’ai beaucoup écouté J.Cole, Drake. MC Solaar, Orelsan, Kery James. Ils me tirent vers le haut. Hors du rap, John Legend, Sam Smith. Je prends un peu de partout. L’avis de MC Solaar était important sur cet album  parce que j’ai fait Noir Désir et c’était une réussite. La critique et les ventes étaient bonnes. Je me suis demandé comment faire un album encore meilleur après un album que les gens ont aussi bien accueilli. Le seul exemple en solo qui m’est venu c’est MC Solaar quand il a sorti « Qui sème le vent » et « Prose Combat » derrière. Je trouve que c’est quelqu’un qui est négligé dans le milieu du rap français. Bien sûr, j’ai beaucoup de respect pour IAM, NTM, pour l’Assassin. Je voulais qu’il écoute l’album et qu’il me dise ce qu’il en pense. Et c’est quelqu’un qui est très discret aujourd’hui mais il est venu très rapidement. On a beaucoup échangé, il m’a beaucoup conseillé et c’était satisfaisant. Ça m’a beaucoup apaisé. Bientôt il y aura les écoutes presse mais j’ai eu l’avis du maître. On le remercie le sourire aux lèvres et il nous souhaite bonne continuation pour Just Focus ! Nous sommes aux anges et prêts à le voir assurer sur scène. Youssoupha sera d’ailleurs en tournée dans toute la France. Une date est d’ores et déjà prévu au Zénith de Paris le 10 Novembre 2015. Découvrez toutes ses dates sur son site LOVE MUSIK et l’album NGRTD en pré-commande ici!

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