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      Interview d’Eric Judor et de Julien Guetta à propos de « Roulez jeunesse »

      Pour la sortie de leur prochain film Roulez jeunesse, l’équipe de JustFocus a rencontré Julien Guetta et Éric Judor afin qu’ils nous en apprennent plus sur ce long métrage qui sort le 25 juillet prochain au cinéma.

      Le fait d’avoir un réalisateur comme acteur sur le plateau du tournage, est ce que ça change quelque chose ?

      Julien Guetta : Forcément au début, j’avais certains a prioris, est ce qu’on va bien s’entendre ? Mais en fait pas du tout, au contraire, j’aime bien discuter avec lui et ça s’est très bien passé.

      Eric Judor : Ça aurait été une erreur de ma part d’accepter d’aller dans un univers différent du mien et de m’approprier le projet. L’idée c’était vraiment de me laisser aller, je n’étais pas en accord tous les jours avec ce qu’il faisait. Dans ma tête je me disais qu’il aurait dû faire comme ci ou comme cela et puis au fur et a mesure je me suis dit : c’est pas mon film, c’est sa personnalité, son oeuvre, laissons nous aller et puis on verra bien ce que ça fait.

      Vous faites des films vous même, vous êtes dans un univers très spécifique. On pouvait penser qu’après Problemos (1h25, 2017), on ne vous verrait plus dans les films des autres. Pourquoi avez vous choisi de faire ce film ? 

      Éric Judor : C’est idiot de se fixer des limites, de se dire voilà ma carrière elle est comme ça, j’ai décidé de faire uniquement mes films et c’est tout. Non quand je tombe sur des scénarios comme Problemos,je suis obligé d’y aller, quand je tombe sur le scénario de Roulez jeunesse,je suis aussi obligé d’y aller. Il n’y a pas de règles, on va vers des choses essentielles pour nous. Ici je trouve que Julien Guetta me réinvente.

      Pourquoi c’était essentiel d’y aller ?

      Parce que ça fait un moment que je tourne autour du réalisme voir de l’hyper-réalisme. Dans Roulez jeunesse, c’est comme ça, Julien a écrit un scénario où on se marre et puis soudain on pleure, la vie est comme ça finalement. J’avais envie d’aller vers de plus en plus de réalisme et Julien Guetta m’a offert ce cadeau.

      Ça a été compliqué de construire ce film avec toutes ces ruptures de tons ?

      Julien Guetta : Déjà il était dur à écrire, l’histoire a l’air simple comme ça quand on voit le film mais c’est pas si facile que ça. il y a à la fois de la comédie, du drame et c’est difficile d’emmener le spectateur vers quelque chose de drôle qui glisse au fur et à mesure vers quelque chose de triste. Il y a une sorte d’équilibre à trouver qui étais difficile et même pour les gens qui finançaient le film, ça leur fait un peu peur, on me demandait plutôt de faire une grosse comédie. J’ai pas mal douté mais justement c’est là qu’Éric est venu me rassurer. Il me disait d’assumer jusqu’au bout cette histoire qui me tenait à cœur.

      Éric Judor : On a déjà vu des films avec des quadras qui se retrouvent entichés de gamins, c’est pas une idée neuve et on peut en faire 50 des comédies comme ça qui seront sympa et drôles. Le truc qui m’avait séduit à la lecture du scénario c’est vraiment vers quoi ça tend, la vrai vie. La vie avec ses bons côtés et ses mauvais, elle est accidentelle la vie. Il ne faut pas toujours du happy end.

      Comment s’est passé votre relation avec les jeunes acteurs du film, ils vous ont accueillis en tant qu’humoriste ou en tant que simple acteur ?

      Éric Judor : Ilan et Louise me connaissaient déjà mais en fait on a surtout tout de suite brisé la glace. IIlan, ça àtout de suite été un pote, un peu comme mon enfant mais lui ne m’a pas vu comme un père mais comme un autre enfant en fait. 

      Julien Guetta :Ils étaient très complices, c’est vrai.

      Éric Judor: Ils me sautaient dessus, on se bagarrait toute la journée. Il n’y a pas eu de rapport à la télé, tout ça, ça s’est tout de suite effacé.

      Est-ce qu’on peut parler de ce film comme votre Truman Show? On voit la bascule entre l’acteur comique et l’acteur dramatique.

      Éric Judor : Ce sont des références que je prends avec grand plaisir. Jim Carrey, pour moi, est un dieu de la comédie archi-incompris. J’étais persuadé en démarrant ma carrière que jamais de ma vie j’irais vers ça. Et en plus, j’y suis allé avec la fleur au fusil, content d’aller dans ce registre-là, parce que je tâtonne, j’essaie de faire le tour de la comédie, en allant dans tous les espaces comiques: l’hyperespace avec Quentin Dupieux et puis un espace plus simple et plus abordable comme H ou La Tour Montparnasse. Je considère malgré tout qu’on a fait de la comédie, on y rit, mais dans un espace un peu plus troublant.

      Quand Jim Carrey avait tourné avec Gondry, il l’a laissé faire son truc sur le tournage, il proposait beaucoup de choses, mais au montage le réalisateur a pris systématiquement les première prises, les plus sobres. Est-ce que vous avez eu tendance sur le tournage à rajouter des petites choses?

      Éric Judor : Ça nous fait un point commun encore!

      Julien Guetta : Éric a une matière en tant que metteur en scène qui est inépuisable. Il propose des choses, donc c’est génial. Mais il y avait un personnage dans lequel il devait rester, il ne fallait pas sortir de ce personnage. Donc, moi le premier, je suis un super spectateur de ce qu’il peut produire, et ça me faisait rire beaucoup, mais on diminuait au fur et à mesure dans les prises pour rester à l’essentiel de la scène.

      Éric Judor : Pour finalement faire la prise prévue. C’est l’inverse, je démarrais à fond et puis…

      Julien Guetta : Au début, il propose plein de choses. On se dit que c’est cool. Puis on dégraisse un peu tout ça pour en arriver à quelque chose de plus simple.

      Éric Judor : Dans les rushes, on a un film comique hyper marrant!

      Julien Guetta : C’est ce qui était difficile aussi dans le montage. La scène en soi avec Eric, je mettais plein de choses qui pouvaient faire rire. Mais quand on mettait tout bout à bout, on perdait le personnage vachement. Le montage a été dur là-dessus, parce qu’il fallait retrancher, retrancher, retrancher pour arriver à quelque chose de simple.

      Allez-vous faire Zorro?

      Éric Judor : C’est signé, mais il faut que je l’écrive, maintenant.

      Retrouvez Éric Judor et pleins d’autres acteurs dans Roulez jeunesse, le nouveau film de Julien Guetta qui sera au cinéma dès le 25 juillet prochain ! Une comédie dramatique intéressante qui vous refera découvrir le cinéma français.

       

      Bande annonce de Roulez jeunesse :

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