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      Imitation Game, réalisé par Morten Tyldum.

       

      The Imitation Game raconte l’histoire vraie d’Alan Turing, génie des mathématiques qui réussit à inventer une machine permettant de décoder Enigma, dont les Allemands se servaient pour envoyer des messages considérés comme indécodables pendant la Seconde Guerre Mondiale.

      L’histoire est incroyable, celle d’un génie profondément différent et malheureux, et homosexuel à une époque où cela était encore puni par la loi. Le film avait un énorme potentiel, de par son pitch de base, mais aussi pour avoir choisi Benedict Cumberbatch pour interpréter le personnage principal. Mais c’était sans compter sur les innombrables clichés qui s’accumulent tout au long du film. Les scènes s’enchaînent sans aucune surprise, tout est prévisible et niais. On comprend au bout de quelques secondes que Turing sera au début rejeté par ses collègues de travail, car c’est un marginal. On comprend également que ce rejet sera bien vite remplacé par un lien très fort qui unira les génies dans leur combat contre cette machine. Chaque scène semble être calquée sur une scène d’un autre film américain sans âme, où les phrases maintenant trop entendues résonnent et ponctuent ces séquences, telle que « si vous le virez, il faudra me virer aussi ». La psychologie des personnages n’est pas du tout assez développée, et la problématique de son homosexualité est si mal amenée qu’on ne sait pas très bien si on doit être ou non touché par l’apprentissage de sa castration chimique. Les plans de guerre sont décevants, et nous font retourner des années en arrière en ce qui concerne les effets spéciaux et le travail d’incrustation d’images en noir et blanc. 

      L’un des problèmes majeur du film est celui des dialogues, qui sont d’une bêtise effarante. L’histoire de base est en effet complexe, mais la manière dont le réalisateur a choisi de la simplifier pour ne pas perdre le spectateur est tout sauf crédible. Afin de nous aider à mieux comprendre ce dont parlent les personnages, il a été décidé de donner une dimension explicative aux dialogues. Lorsqu’on considère ici que ce sont les plus grands génies de Grande-Bretagne et probablement du Monde qui se parlent, ces explications simplifiées décrédibilisent totalement le film.

      Les seules scènes intéressantes sont celles des interrogatoires de Turing, car Benedict Cumberbatch reste malgré tout spectaculaire. Il interprète ici de manière très touchante un homme brisé dont toute la complexité repose sur son incapacité totale à comprendre les rapports humains. Mais cela ne suffit malheureusement pas à sauver le film qui s’enlise de plus en plus dans des scènes pleines de bons sentiments, et qui est de plus tombé dans l’énorme piège de choisir la facilité au moment de résoudre enfin le code d’Enigma.

       

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