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      Hommage à Jim Morrison (1943 – 1971)

      Jim Morrison, leader des Doors, est mort à Paris il y a 44 ans ce 3 juillet. L’occasion de revenir sur cette figure importante du rock’n roll, qui influence encore aujourd’hui nombre de musiciens, et reste pour beaucoup le symbole des écorchés vifs, s’adonnant à leur art sans limite.

      The Doors
      The Doors

       

      Disparu il y a tout juste 40 ans, il laisse derrière lui le legs le plus manifeste et le plus outré de la contre culture américaine des années 60, dont il refusa constamment la récupération par l’industrie du disque. Étudiant surdoué. Tour à tour lecteur acharné de textes de Nietzsche, Freud, William Blake et Rimbaud. Adepte actif de la déjà vielle Beat Generation. Exégète invétéré des théories de la psychologie des foules, des névroses sociales et de l’inconscient collectif. Illuminé chamaniste. Poète incandescent et imprévisible. Sa tête est un chaudron de pleine conscience de la liberté hédoniste qu’il travestira, à travers sa personnalité ambigüe et autodestructrice, en stupre total et en vie de bohème version bad road trip de tous les excès.

      C’est en récitant ses poèmes très prolifiques, carburés à l’acide, sur une plage californienne de Venice Beach, qu’est venu à Jim l’idée de mettre en musique ses créations. L’orgnaniste Ray Manzarek (décédé en 2013) y est sensible et ils décident ensemble de fonder The Doors (dont le titre est inspiré de l’ouvrage psychédélique de Huxley, Les Portes de la Perception). Les albums viennent rapidement, le succès avec « Light My Fire » , immédiat et planétaire. C’est ce que Jim redoute et c’est ce qui l’a tué : doué d’une force de persuasion et de frénésie orale impressionnante, doublé d’un discours anarchiste et nihiliste d’une rare violence, il a conscience de sa surpuissance et il n’en se remet pas. Plusieurs fois le public est ameuté, provoqué, atteint dans son intégrité mentale. La musique des Doors, un mélange détonnant de blues endiablé et de proto hard-rock, n’a de cesse d’augmenter la portée quasi-prophétique de ces concerts.

       

      Alors on retiendra ce dernier jet du groupe, « LA Woman » : Jim se détourne du rock, il conspue la vague hippie, trop naïve à son goût et devenue trop commerciale, déjà enterrée par la sanglante tuerie de Charles Manson en 1969. Il ne tient plus physiquement ses concerts. Il ne veut plus qu’écrire. Le reste du groupe le sollicite une dernière fois et décide de revenir aux sources : le blues, le profond, le vrai et l’hargneux. La voix de Jim sur le titre éponyme de près de 8 minutes semble rongé par l’alcool, mais c’est un brûlot non encore consumé qui réserve encore un dernier cri de révolte. C’est en effet par anagramme et en crescendo épique que Jim rappelle cet animal érotomane qu’il compte bien rester : « MoJo Rising » . On reconnaît que le groupe hérite de ce blues tellement sale et dépressif qui lui sied si bien : « Been Down so Long » , « Crawling King Snake » . On exulte à la simplicité à la twist and shout, proprette et dynamique, du tube « Love Her Madly » . Mais Jim est déjà loin : c’est en juin 1971 que sort le single « Riders on the Storm » , ce conte de piano bar lynchéen, ce récit fantomatique mille fois fabulé, cet ultra classique que Jim a laissé en testament juste avant sa mort. Il ne saura pas qu’il a scellé avec son groupe un patrimoine musical fondamental, que nous connaissons encore aujourd’hui.

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