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      Guide Assassin’s Creed : focus sur la saga phare d’Ubisoft

      Assassin’s Creed : Odyssey est enfin sorti ! C’est pour nous l’occasion de revenir sur les onze années d’existence de la figure de proue d’Ubisoft. Focus !

      La genèse du projet

      Assassin’s Creed (AC), c’est une franchise vidéo-ludique développée par Ubisoft sur consoles et PC depuis 2007, avec Assassin’s Creed premier du nom, qui est particulièrement populaire auprès du grand public. C’est même devenu la série phare d’Ubisoft, leur locomotive qui réussit toujours à entraîner l’ensemble des wagons.

      Dans l’esprit collectif de certains gamers et autres fans plus ou moins bien renseignés, Assassin’s Creed n’est qu’un plagiat de la franchise Prince of Persia. Une information inexacte puisqu’Assassin’s Creed, dont le développement a commencé en 2004 (juste après la sortie de Prince of Persia – Les Sables du Temps), était prévu pour être un spin-off de cette fameuse série de jeux vidéo initiée en 1989. C’est lorsqu’Ubisoft décide d’apporter un renouveau à la saga que l’idée d’Assassin’s Creed pointe le bout de son nez. Sauf que devant l’ampleur du concept et les idées foisonnantes sur le sujet, c’est une nouvelle licence vidéo-ludique à part entière qui voit le jour, considérée désormais comme une cousine et non un plagiat de Prince of Persia. De nombreux fans le savent mais qui dit dossier complet sur le sujet, dit rappel des bases pour les profanes !

      En termes de chiffres, la franchise Assassin’s Creed représente bientôt onze ans de saga (le premier opus est sorti en novembre 2007 et Assassin’s Creed Odyssey est sorti ce 5 Octobre 2018) avec l’équivalent d’un nouveau volet de la série principale par an en moyenne, sans compter tous les spin-off, Assassin’s Creed Chronicles et autres DLC. Fin 2016, Ubisoft dévoile ses ventes et déclare plus de 100 millions d’exemplaires vendus dans le monde pour sa saga phare, loin devant Just Dance, Far Cry, Watch Dogs ou encore The Division.

      Même si certains volets ont été moyennement reçus, on pense notamment Assassin’s Creed III ou Unity, l’ensemble de la saga est fortement appréciée et reconnue du monde vidéo-ludique, avec toujours des histoires riches et travaillées. C’est là toute la force de cette franchise : se servir de l’Histoire avec un grand H comme terrain de jeu. La technique d’Ubisoft est de se servir de grands personnages historiques, d’utiliser les zones grises de l’Histoire pour les exploiter à leur avantage dans leurs scénarios et donner une toute autre version de ce que l’on croit connaître. Ainsi,  tous les grands noms de toutes les époques étaient forcément d’un côté ou de l’autre, Confrérie des Assassins ou Ordre des Templiers, et tous les grands événements sont liés de près ou de loin à cet affrontement de deux visions du Monde qui dure depuis des siècles, voire des millénaires. Les Assassins tuent des cibles précises pour préserver la paix et le libre arbitre, souvent des gens puissants, pour préserver la paix, là où les Templiers cherchent à tirer les ficelles du Monde.

      Les différentes zones du Monde exploitées dans les jeux (source : Reddit)

      Le concept de l’animus : un jeu dans un jeu

      L’animus est une machine mise au point par Abstergo, une société à la pointe de la technologie derrière laquelle se cache les Templiers modernes. Le but est d’exploiter la mémoire génétique de certains sujets pour qu’ils puissent revivre les mémoires de leurs ancêtres et trouver des informations sur des reliques particulièrement puissantes d’une ancienne civilisation très avancée aujourd’hui éteinte. Ces reliques, appelées fragments d’Eden, se présentent sous différentes formes (un globe, un sceptre, un suaire, une épée, etc…) et veulent être utilisés par les Templiers pour dominer le Monde sans réserve ni partage. Le but premier des Assassins est certes de tuer des cibles scrupuleusement choisies, mais c’est surtout d’empêcher les Templiers d’accéder à ces reliques. D’ailleurs c’est une des principales différences entre les deux camps : les Assassins tenteront de détruire ou dissimuler soigneusement les fragments d’Eden alors que les Templiers veulent les utiliser quoiqu’il en coûte.

      Ainsi, dans les différents épisodes de la série, il y a une histoire dans l’animus pendant laquelle on revit une partie de la vie d’un assassin à une époque donnée, et une histoire hors animus. Dans cette dernière, nous suivons Desmond Miles, descendant d’une longue lignée d’Assassins, qui a été capturé par Abstergo pour qu’ils puissent exploiter sa mémoire génétique. L’histoire de Desmond Miles est un fil rouge qui se déroule durant les cinq premiers volets de la saga, du tout premier jusqu’à Assassin’s Creed III. On y retrouve progressivement des Assassins de l’époque moderne qui viennent s’allier à Desmond, l’aider à accepter ce qu’il est et partir sur les traces des anciens Assassins ainsi que des précurseurs, cette ancienne civilisation à l’origine des reliques d’Eden. Signalons au passage qu’il y a une certaine dimension divine dans l’histoire des Assassin’s Creed, les précurseurs portent les noms d’anciens dieux de religions polythéistes, on parle de saut de la foi, de reliques ayant appartenu au Christ, etc…

      Desmond Miles dans l’animus

      Cependant, à partir d’Assassin’s Creed IV : Black Flag, nous nous retrouvons comme simple joueur d’Abstergo Entertainment, dans des bureaux avec un ordinateur et des gadgets qui permettent d’utiliser l’animus directement. On ne suit plus Desmond Miles et on est en vue à la première personne en dehors de l’animus. Bon nombre de fans regrettent cet abandon quasi complet d’une histoire hors animus : d’un manque d’intérêt dans Black Flag (pourtant très apprécié) on finit par délaisser quasi totalement cet aspect des Assassin’s Creed au fil des années et surtout le fil rouge qui unissait les cinq premiers volets. Certains acceptent ce choix car on se consacre à davantage aux anciens Assassins, d’autres, plus amateurs de cet équilibre entre exploration de l’Histoire et Assassins dans le Monde d’aujourd’hui, le regrettent.

      Néanmoins, ce concept de « jeu dans un jeu » permet de justifier certains éléments de base dans l’interface des jeux vidéo comme la carte, les armes ou la santé. D’ailleurs lorsqu’on se fait tuer ou que l’on tombe d’un toit, on ne meurt pas réellement, c’est une simple désynchronisation entre le sujet dans l’animus et son ancêtre et il suffit de recharger la mémoire génétique pour recommencer.

      Le saut de la foi, un symbole d’Assassin’s Creed

      Plongée dans l’animus : résumé et évolution de la série principale

      1) Assassin’s Creed : le didacticiel

      Les fans de la première heure s’en sont facilement rendu compte, même inconsciemment : le premier volet n’était qu’une sorte de didacticiel à quelque chose de plus grand. Le premier Assassin’s Creed était une petite révolution dans le milieu à l’époque avec un concept de base plutôt simple : notre personnage nommé Altaïr, assassin en disgrâce à l’époque des Croisades (une période peu exploitée dans les jeux vidéo) , doit éliminer neuf cibles dans trois villes différentes (Jérusalem, Acres et Damas). Dans chacune d’elle, le but était de récolter des informations sur les cibles et trouver le meilleur moyen de les assassiner.

      Et si toutefois on choisissait une option plus frontale, le plaisir de jouer n’en était pas moins grand puisque il nous était possible de grimper sur tous les bâtiments, sauter de toits en toits grâce au « parkour » (il est d’ailleurs le premier jeu à l’utiliser vraiment) et de se battre de manière très fluide, avec des combo simples à utiliser et des finishing à la fois classes et sanglants, tout ceci dans un grand monde ouvert. Néanmoins, le jeu comportait indéniablement un schéma très « métro/boulot/dodo » assez répétitif qui est le suivant : Altaïr va consulter son mentor Al Mualim au QG des Assassins à Massyaf, ce dernier lui donne un contrat et lui rend une de ses armes, puis il se rend sur place, se renseigne, assassine sa cible et recommence.

      Pourtant, le jeu rencontrera un réel succès (dépassant même les attentes d’Ubisoft avec de nombreux éloges de la part des critiques) puisqu’il sait rester intéressant et sert véritablement de base pour la suite qui verra le jour l’année suivante. Le personnage d’Altaïr quant à lui, influencera, malgré tout, l’ensemble de la saga. Vous trouverez ci-dessous en vidéo, un aperçu de l’évolution de la saga dont il va être question ensuite avec les trailers puis l’évolution du gameplay :

      https://www.youtube.com/watch?v=Zhfmz3rEehI

      https://www.youtube.com/watch?v=f_iwFCqFIGw&

      2) La trilogie Ezio : le vrai lancement de la saga

      Là où la machine se lance pour de bon, c’est avec l’arrivée d’Ezio Auditore, direction Florence et Venise à l’époque de la Renaissance Italienne. Assassin’s Creed II sert ainsi de rampe de lancement et pose les bases d’une franchise vidéo ludique durable. Au-delà du nouveau personnage sympathique et charmant qu’il présente, ce nouvel opus introduit également le thème musical principal qui deviendra celui de toute la saga, avec des variantes en fonction des époques et des personnages abordés par la suite, mais nous auront l’occasion d’en reparler plus tard.

      Côté gameplay, peu d’évolution si ce n’est la possibilité de pouvoir nager (assez logique pour visiter Venise). Là où AC II opère un réel changement, c’est dans le fait qu’on s’intéresse bien davantage à la vie de son protagoniste, à son entourage (avec là aussi beaucoup de développement de personnages secondaires) et ses motivations, sans compter le charisme indéniable d’Ezio. A noter également l’introduction de l’amélioration du personnage, de customisation et même une base de donnée historique (concernant l’époque et les lieux) intégrée au jeu. On commence d’ailleurs à rencontrer davantage de personnalités de l’Histoire au gré de nos missions et nos voyages.

      Au regard de l’ensemble de la saga aujourd’hui, on peut remarquer que c’est le seul assassin auquel on a consacré plusieurs épisodes de la saga principale (même si ce n’était pas vraiment l’objectif de base d’Ubisoft qui souhaitait simplement faire patienter les joueurs en attendant le troisième volet), avec par la suite Assassin’s Creed Brotherhood qui fait directement suite à AC II, toujours en Italie mais cette fois dans la grande cité de Rome (avec une originalité sympathique : celle de pouvoir recruter d’autres Assassins dans le jeu et se faire aider pendant les combats), puis Assassin’s Creed Revelations qui présente Ezio en tant que mentor, assassin chevronné mais fatigué et en fin de carrière dans la ville de Constantinople, sans oublier les flashback où on en apprend plus sur la vie d’Altaïr. Là où Brotherhood s’inscrivait exactement dans la même veine que son prédécesseur, Revelations change la donne et apporte une certaine finalité à l’histoire du personnage en trame de fond, mais le jeu en lui-même est loin d’être parmi les meilleurs : l’histoire principale est relativement vite expédiée, on ajoute beaucoup d’éléments inutiles et la seule évolution en terme de gameplay est dans le déplacement qui donne la possibilité d’utiliser les tyroliennes grâce à la lame-crochet.

      3) La trilogie maritime : le débarquement en Amérique

      En 2012, Ubisoft a voulu tenter d’aller plus loin dans l’exploration de la vie du personnage principal, qui porte désormais le nom de Connor (on fera l’impasse sur son nom d’origine), en s’attaquant directement au traitement du personnage dès l’enfance. Avec Assassin’s Creed III, nous partons outre-Atlantique du côté de Boston pendant la Révolution Américaine : des grandes cités urbaines et denses, on arrive dans un paysage plus sauvage, davantage de faune (avec l’introduction de la chasse), de flore et des villes plus jeunes. Cependant ce n’est pas le changement que les fans attendaient, le personnage manquant de teneur et la carte se prêtant beaucoup moins au parkour, malgré l’ajout de la possibilité de grimper et de sauter d’arbres en arbres dans le gameplay. Au-delà du manque de teneur du protagoniste, le souci venait également du fait que l’on avait l’impression de se concentrer davantage sur l’histoire de la Révolution Américaine que sur l’histoire du personnage au sein de celle-ci.

      Tout n’était heureusement pas si noir puisque, premièrement, le nouveau mode de combat était très sympathique, avec des combos qui, une nouvelle fois, ne manquait pas de style. Deuxièmement l’introduction particulièrement plaisante du mode maritime et du combats naval (qui servira au final pour les deux épisodes suivants) dans quelques missions secondaires. Et troisièmement, mentionnons tout de même un arc narratif ambitieux durant le prologue qui dure plusieurs heures, la beauté des nouveaux paysages et un univers globalement plus coloré qui faisait plaisir à voir. Ce qui a probablement le plus desservi le jeu c’est qu’il était assez bugué lors de sa sortie. La faute probablement à vouloir impérativement sortir le jeu avant fin 2012 pour que l’actualité du calendrier Maya soit en adéquation avec l’aboutissement du fil rouge scénaristique en dehors de l’animus avec Desmond Miles.

      Connor

      La même année, nous avons eu droit à Assassin’s Creed Liberation, sorte de spin-off d’Assassin’s Creed III qui est sorti au départ sur consoles portables, puis remasterisé pour sortir sur Xbox 360, Playstation 3 et PC. Bien qu’ayant une durée de vie fatalement plus limitée, il mérite d’être mentionné puisqu’il introduit la première protagoniste féminine de la saga en la personne d’Aveline de Grandpré, qui fait également le choix du tricorne en guise de couvre-chef plutôt que de la légendaire capuche d’Assassin.

      D’ailleurs, l’une des choses originales de ce jeu, c’est que l’on a la possibilité de changer de tenue entre Assassin, esclave ou dame (et donc de compétences en termes de combat, déplacement et discrétion) en fonction de certaines missions et de notre choix pour les aborder. L’action se situe du côté de La Nouvelle-Orléans et s’aventure également dans le bayou à la même époque qu’Assassin’s Creed III, on aura d’ailleurs l’occasion de voir certaines missions communes avec Connor. Le jeu n’est pas le mieux noté de la saga mais reste tout de même intéressant et sympathique à jouer.

      Alors qu’on pensait la franchise quasi éteinte après l’échec du troisième opus, le renouveau tant attendu de la plupart des joueurs, c’est l’année suivante qu’il est arrivé avec Assassin’s Creed IV – Black Flag. On reste sur le continent américain mais cette fois, direction Nassau et les Caraïbes dans le monde de la piraterie ! Le jeu devait être lui aussi un spin-off, à l’image de Brotherhood et Revelations, mais le bouleversement dans la saga (qui a divisé les fans) était tel qu’Ubisoft a ici décidé de d’assumer complètement la partie la plus intéressante d’Assassin’s Creed III sauf que cette fois, on est aussi souvent sur son bateau qu’à terre avec la visite des très nombreuses îles des caraïbes, la plongée sous-marine, l’ajout de la chasse des animaux marins en plus de ceux à terre et l’amélioration progressive de son bateau au gré des combats navals et des abordages pour récupérer du matériel, des marins, des munitions, etc…

      On y incarne Edward Kenway, grand-père de Connor, pirate devenu Assassin par des moyens détournés et par la force des choses. On se retrouve au cœur des combats coloniaux entre les pirates, l’Angleterre et l’Espagne, délaissant même en partie l’histoire des Assassins, mais cela apportait une véritable bouffée d’air frais. Le gameplay assume aussi pleinement le côté piraterie avec des combats au sabre et aux pistolets, en plus des combats en mer aux canons et aux mortiers. Quant aux visuels, les couleurs sont très belles, entre eaux turquoises et jungle verdoyante. Il considéré encore aujourd’hui comme un l’un des meilleurs jeux de la franchise avec entre autres, Assassin’s Creed II et Brotherhood.

      Edward Kenway au centre

      En 2014, Assassin’s Creed Rogue voit le jour. Nous sommes dans l’exacte lignée de Black Flag en termes de gameplay, un nouveau jeu de type maritime mais cette fois environ deux siècle plus tard et bien plus au nord à savoir New-York, River Valley et l’Atlantique Nord, une atmosphère qui sera donc bien plus glaciale. Concrètement, si on aime Black Flag, on aime Rogue puisque le second est bien calqué sur le premier, mais même si là encore la beauté du jeu n’est pas en reste et sait parfaitement exploiter la zone géographique, tout l’intérêt réside dans l’histoire et la narration.

      Tout l’inédit de Rogue tient sur un élément de départ : nous incarnons Shay Cormac, un assassin qui, peu de temps après le début du jeu, deviendra un templier. A partir de là, les anciens amis deviennent de nouveaux ennemis et l’on tente de voir la vérité sous un autre jour. Même si l’on sait que Assassins contre Templiers, c’est une lutte entre deux visions du Monde et deux méthodes différentes pour arriver à ses fins, Ubisoft exploite ici enfin cet aspect ni blanc ni noir de ses histoires et ses personnages et montre que parfois tout est une question de point de vue dans cet affrontement millénaire. Pourtant Rogue est globalement assez négligé et n’a pas convaincu la communauté, du moins en termes de ventes, alors qu’objectivement c’est un très bon jeu, intéressant et bien optimisé qui devait satisfaire les joueurs restés sur consoles ancienne génération.

      4) Le retour en Europe avec le duo Paris/Londres

      A la même date que Rogue sort Assassin’s Creed Unity, qui lui est sorti sur consoles nouvelle génération, avec l’assassin Arno Dorian, basé à Paris en pleine Révolution Française. On est de retour au sein d’une grande cité dans laquelle on va de nouveau pouvoir sauter de toits en toits, escalader d’immenses bâtiments et se balader dans des rues rendues toujours plus vivantes, colorées et réalistes. Seulement voilà, on est probablement sur le jeu le plus bugué de la saga ! Tout internet s’est moqué sans vergogne des nombreux bugs, tous plus bizarres les uns que les autres, que ce soit graphiquement ou au niveau du gameplay, au point qu’Ubisoft s’était même excusé publiquement et avait fourni par la suite des contenus gratuits aux joueurs.

      Bien-sûr, comme pour le troisième volet, celui-ci a été patché depuis et on peut y jouer sans soucis ou presque (il n’est pas rare d’en recroiser ici et là). Néanmoins, pour ne rien arranger, le nouveau mode de combat très basé sur le contre et l’esquive est difficile à maîtriser de prime abord, l’histoire principale est assez courte et le jeu se perd en quêtes secondaires répétitives et collectibles beaucoup (beaucoup) trop nombreux et inutiles. En tant que bon français il est bien évidemment plutôt sympathique de se balader dans le Paris de la Révolution, mais ce retour en Europe est globalement plutôt raté, alors que la franchise bénéficiait encore de la réputation positive apportée par Black Flag. Il faut savoir que pour pouvoir sortir un jeu par an ou presque, Ubisoft développe ses jeux via plusieurs équipes, il est donc parfois difficile de surfer sur la vague du succès des derniers volets sortis quand on développe Unity depuis 2010.

      Mais il en faut plus pour arrêter la machine de guerre Ubisoft qui ne se laisse pas abattre par quelques échecs survenus entre plusieurs succès. Assassin’s Creed Syndicate pointe ainsi le bout de son nez, un siècle plus tard, outre-Manche, dans la capitale anglaise en pleine révolution industrielle. Le jeu est construit sur le moteur graphique de Unity mais en bien plus fluide, plus lissé et surtout moins bugué ! Il signifie pour certains un nouveau retour en force après un opus négligé par la communauté et le suivant mal développé. L’originalité de Syndicate réside principalement dans l’incarnation non pas d’un mais de deux protagonistes : les jumeaux Jacob et Evie Frye avec des missions qui leurs sont dédiés mais que l’on peut incarner à tout instant en exploration libre. Jacob prend en général les choses à la légère et est davantage axé sur le combat, alors qu’Evie suit scrupuleusement les préceptes du Credo des Assassins et s’axe plus sur la furtivité.

      Les autres petites originalités appréciables reposent sur un QG mobile qui prend place dans un train qui fait le tour de Londres en temps réel, et pour se déplacer plus rapidement, Jacob et Evie possèdent un gant avec fonction grappin en plus de la lame secrète propre à tous les Assassins. Il est ainsi possible de grimper rapidement en haut d’un bâtiment ou de tendre une tyrolienne pour passer de l’un à l’autre sans avoir besoin de redescendre, un petit côté Batman en quelques sortes ! On a le retour des zones de la ville à libérer comme dans Brotherhood et côté narration, on a une histoire principale qui paraît bien plus complète que celle de Unity, bien trop rapide, sans compter toutes les missions secondaires en plusieurs étapes, souvent liées à des personnages historiques (politiciens, écrivains, scientifiques). Et lorsque l’on rajoute à tout cela la possibilité de conduire les carrioles de l’époque impliquant entre autres rapidité de déplacement, courses poursuites et transports de personnes, cela donne un jeu vaste et varié, très plaisant à jouer, avec des personnages dignes d’intérêt, que ce soit les protagonistes ou les personnages secondaires.

      Jacob Frye utilisant la tyrolienne sur les toits de Londres

      5) Retour aux sources de la Confrérie des Assassins

      Alors que Syndicate dépeignait la période la plus récente jamais exploitée dans l’animus de la série principale, on repart maintenant près de 2000 ans en arrière. Direction l’Egypte Ancienne de Cléopâtre ! On incarne désormais Bayek de Siwa, un ancien medjaï protecteur de l’Egypte, accompagné régulièrement de sa femme, Aya (qu’on incarne d’ailleurs plusieurs fois au cours du jeu mais pas de possibilité de changer comme dans Syndicate selon notre bon vouloir), tous deux pleurent la perte de leur fils et sont en quête de vengeance et de justice, en d’autres termes : les deux principales motivations de l’ensemble des Assassins de la série.

      Assassin’s Creed Origins est tout bonnement magnifique, bien optimisé, très complet puisqu’on est clairement sur la plus grosse durée de vie de tous les AC à ce jour (même s’il sera probablement détrôné par Odyssey). Il y a tant de choses à faire qu’il est difficile de tout lister : l’histoire principale très riche et toutes les cibles à tuer désignées par des pseudonymes qu’il faut identifier (un nombre de cible clairement annoncé qui n’est pas sans rappeler Assassin’s Creed premier du nom), les nombreuses quêtes secondaires plus ou moins longues disséminées un peu partout, les tombeaux à explorer, l’équipement à améliorer, la chasse de nombreux animaux pour y parvenir, les éléments liés aux précurseurs, les combats de gladiateurs, courses de chars etc…

      Et lorsqu’on prend en compte la carte immense et que l’on rajoute les deux DLC (surtout le secondon dépasse très facilement les cent heures de jeu. Côté gameplay, la principale nouveauté est l’ajout de l’aigle qui sert de drone de reconnaissance et l’abandon de la mini map, même si les points de synchronisation restent et jalonnent toujours toute la carte. Pendant les combats on est également beaucoup plus portés sur l’esquive et la recherche d’ouverture pour frapper que n’importe quel autre Assassin’s Creed. De nombreuses armes sont à notre disposition et l’ajout du bouclier change également la donne. Dernier détail à noter, c’est l’ajout de XP et niveaux, à la manière d’un RPG, qui feront que certaines missions et zones vous sont inaccessibles tant que vous n’avez pas le niveau requis, à moins de vouloir mourir très rapidement !

      Des petits villages à la grande Alexandrie en passant par les montagnes et les dunes qui s’étendent presque à l’infini, le jeu absorbe le joueur et se place directement parmi les meilleurs de la franchise et est une vraie pommade pour la rétine à chaque instant.

      Chronologie de toute la saga Assassin’s Creed (source : Wikipédia)

      C’est enfin le tour d’Assassin’s Creed Odyssey qui, contre tout attente, remonte encore plus loin dans le passé et fait le choix de la Grèce Antique et finalement les combats navals à l’ancienne et les personnages grecs présents dans Origins devait certainement être des indices pour le volet suivant. En tout cas, le choix, c’est un mot qui sera au centre de ce nouvel opus, vous devrez déjà, à priori, en faire un majeur dès le début du jeu : vous n’incarnerez pas deux personnages comme dans Syndicate, ni à la manière d’Origins, vous devrez choisir entre Alexios et Kassandra, tous deux descendants du roi Leonidas en personne. Ce type de situation surviendra régulièrement dans le jeu (allant même jusqu’au choix des dialogues) et vos choix influenceront la suite de l’histoire.

      Ainsi, si vous êtes un fan invétéré et que vous voulez explorer toutes les possibilités du jeu, vous pourrez toujours recommencer le jeu autant de fois que nécessaire. Concrètement, si le jeu est aussi vaste et varié que son prédécesseur, la durée de vie devrait être particulièrement importante. Vous devrez donc forger votre légende dans un monde ravagé par la guerre, à la merci des dieux et des hommes. Vous embarquerez pour un voyage initiatique qui vous fera passer de paria à légende vivante lors d’une odyssée durant laquelle vous découvrirez votre passé et changerez le destin de la Grèce.

      On sait que cette période en Grèce Antique était particulièrement riche historiquement parlant (guerre contre les Perses, dualité entre Spartes et Athènes, jeux olympiques) tout comme l’était l’Egypte Ancienne à l’époque de Cléopâtre et cela nous donnera l’occasion aussi de profiter d’une mythologie tout aussi passionnante, si ce n’est davantage (dieux, créatures mythologiques, légendes, lieux mythiques, les possibilités sont multiples). On ignore encore quelle sera exactement la place des Assassins aussi loin dans le passé, ils seront sûrement mis en retrait mais il est possible qu’Odyssey soit plus centré sur la civilisation des précurseurs avec bien-sûr, son lot de fragments d’Eden et de bugs d’animus (en espérant que ce soit le signe d’un nouveau pan de la « métahistoire »). Nous aurons le retour des niveaux pour le personnage qui devra monter en grade au fil du jeu, l‘arbre de compétences et l’amélioration des armes.

      Ce nouvel opus promet en tout cas beaucoup de choses et beaucoup d’heures de jeux passionnantes. La trame narrative et toutes les possibilités mettent l’eau à la bouche : toute l’exploration mêlant grandes zones terrestres et maritimes, l’Histoire, la mythologie, l’ancienne civilisation, les fragments d’Eden… Reste à espérer que le jeu tiendra la route techniquement parlant et tout devrait bien se passer !

      La bande-son : le petit détail qui fait la différence

      Assassin’s Creed fait en outre partie de ces séries vidéo ludiques avec une bande-son notable. En effet, bon nombre de jeux ne marquent pas les joueurs uniquement par de beaux graphismes, un gameplay agréable ou une histoire intéressante. Comme pour un film, c’est souvent le petit détail en plus qui fait qu’on passe de quelque chose de très bon à quelque chose d’excellent. Vous ne serez pas surpris de constater que les meilleures musiques sont celles des épisodes les mieux notés, celles d’Assassin’s Creed II dans un premier temps, qui comme dit précédemment, introduit le thème Ezio’s Family qui deviendra le thème principal de la franchise. On le retrouve dans le menu principal de Rogue ou dans celui d’Origins (réarrangé pour l’occasion dans un style plus égyptien). Ecoutez plutôt ! La version originale tout d’abord :

      Puis la version d’Origins :

      Brotherhood continue dans cette ambiance musicale mais avec un peu plus de rythme par endroits, notamment ce thème qui se déclenche lorsque vous fuyez une situation de conflits et partez sauter de toits en toits pour échapper à vos assaillants : 

      Comment ne pas être dans le feu de l’action avec un aussi bon jeu et une musique aussi prenante ?! En tout cas, puisque nous évoquons l’OST de quelques uns des jeux, il est nécessaire de faire une mention spéciale à Black Flag qui, au-delà de la bande-son principale, fait très couleurs locales avec, entre autres, essentiellement du violon, mais aussi du rythme qui sait s’imposer dans les moments d’action. Il y a également les nombreux chants de marins entonnés par vos matelots pendant que vous naviguez et vous pouvez en récupérer des nouveaux en partant à la poursuite de partitions qui s’envolent lorsque vous êtes à terre. C’est en tous cas une petite originalité qui fait plaisir ! Vous pouvez donc jeter un œil (ou plutôt une oreille) à cette playlist de l’OST du jeu :

      Et voici un aperçu des chants de marins pendant une balade en mer et ainsi vous donner une idée de l’ambiance lors des virées à bord du Jackdaw :

      Et au-delà du thème principal, l’ensemble des musiques d’Origins sont, elles aussi, très bonnes et donnent envie de les réécouter même une fois que vous avez quitté le jeu comme vous pouvez le constater ci-dessous :

      Les bandes-sons des autres opus ne sont pas détestables pour autant, néanmoins elles restent moins marquantes au regard de l’ensemble de la franchise.

      Tentative de percée au cinéma

      2016 a été une année particulière pour Ubisoft : pour la première fois depuis le lancement de la franchise en 2007, il n’y aura pas de sortie de jeu Assassin’s Creed. Cependant, l’entreprise ne perd pas non plus complètement le nord puisqu’elle tente une percée dans le monde du septième art. Dans l’idée de lancer une saga sur grand écran (et il faut dire qu’Assassin’s Creed pouvait s’y prêter plutôt bien), un premier film sort en décembre 2016 avec, derrière la caméra, Justin Kurzel (Macbeth). Au casting : Michael Fassbender et Marion Cotillard. On y retrouve également Charlotte Rampling, Jeremy Irons et Brendan Gleeson. 

      Le long métrage possède, bien entendu, son lot de « fan service » mais il sait se démarquer en termes de réalisation et de photographie dans les passages en Andalousie du XVème siècle qui sont vraiment superbes par endroits, mais dans le présent on a affaire à une réalisation plutôt classique et sans « patte » particulière. Et puisqu’il en était question dans les jeux ci-dessus, la bande originale est elle aussi très bonne et très prenante, encore une fois surtout lors des séquences dans le passé (playlist ci-dessous).

      https://www.youtube.com/watch?v=VC2h71WxRfs&list=PL-x35PXH746_2hC5YvM6F1D9b3LzoJLyh&index=2&

      Cependant, ce film Assassin’s Creed n’a pas reçu un très bon accueil et même si Michael Fassbender (qui était également à la production) avait manifesté son souhait en ce sens, aucune suite ne verra malheureusement le jour. Côté adaptation, le film peut être considéré comme à peu près fidèle aux principes des jeux, même si les passages hors animus sont bien plus (trop) nombreux que ceux en-dedans, ce qui est clairement l’inverse des jeux comme a on pu le voir précédemment. L’animus en lui-même a été un peu amélioré dira-t-on pour donner quelque chose avec davantage de style à l’écran probablement : plutôt qu’une sorte de machine façon IRM on a le droit à un énorme bras mécanique et une simulation dans une grande salle avec des projecteurs de tous côtés.

      Scénaristiquement, le film ne raconte pas grand chose par endroits et ne s’attarde pas sur les motivations et la personnalité de ses personnages. On reste sur une base de quête de fragment d’Eden sans prendre le temps de beaucoup creuser, sans compter le fait qu’on ait tout de même certaines facilités et raccourcis, notamment au niveau du personnage de Michael Fassbender dans le présent qui n’en a rien à faire des Assassins et qui d’un coup se retrouve investit d’une mission pour la Confrérie à laquelle il adhère maintenant totalement. On ne saisit pas toujours les enjeux et on subit parfois l’action (même si les chorégraphies sont excellentes et percutantes) sans en comprendre les motifs de base, surtout qu’il y a très peu de liens entre les séquences du passé et du présent. La plupart des acteurs sont bons mais sans pour autant briller (il faut dire que ce n’est pas non plus un film qui se prête à du grand jeu d’acteur), en particulier Marion Cotillard qui elle, est particulièrement fade (les blockbusters ne sont donc décidément pas son truc !).

      En résumé on est vraiment sur un film en demi-teinte qui n’a clairement pas convaincu la majorité comme il aurait dû, à croire que les adaptations de jeux vidéos au cinéma sont souvent maudites car effectivement peu d’entre elles arrivent réellement à tirer leur épingle du jeu, sans mauvais jeu de mot. Peut-être qu’Ubisoft retentera l’aventure et aura appris de ses erreurs d’ici quelques années. Après tout, nous sommes bien placés pour savoir que ce n’est pas un remake ou un reboot de plus qui fera trembler Hollywood ! Ce qui est certain c’est qu’une série d’animation a été commandée par Netflix et devrait voir le jour l’année prochaine, l’occasion de s’exercer sur un autre support et dans un autre format.Vous pouvez également trouver des romans graphiques, novélisations, bandes-dessinées, comics, et même des courts-métrages liés à la franchise.

      En attendant vous pouvez toujours jeter un œil à la bande-annonce du film et pourquoi pas regarder le film pour vous faire votre propre avis :

      Conclusion :

      La franchise Assassin’s Creed est certainement l’une des plus grosses sagas vidéo ludiques des dix dernières années et même de l’histoire des jeux-vidéos. Une telle régularité dans la sortie des épisodes et une telle cohérence dans le récit entre chacun d’eux avec des crossovers, des références et des liens en tous genres, cela relève de l’inédit et cela forme un univers à part entière particulièrement riche. Avec des jeux bien travaillés (pour la plupart), innovants dans les déplacements et les combats, originaux, avec un concept novateur qui donne de très nombreuses possibilités, des histoires passionnantes, des graphismes qui en mettent plein la vue et des bandes-sons agréables à écouter, Assassin’s Creed a toutes les cartes en main pour durer encore longtemps et satisfaire les joueurs du monde entier. Et bien que sa tentative de percée au cinéma n’ait pas abouti pour le moment, on n’a pas fini d’en entendre parler, que ce soit sur consoles et PC, ou sur bien d’autres supports…

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