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      Grandaddy est de retour après 9 ans d’absence !

      C’était inespéré. Ce nom ne vous est peut-être pas familier, quand d’autres le scanderont comme un des groupes les plus précieux du rock indé. Fondé par le chanteur / guitariste Jason Lytle, le groupe né en Californie va à rebrousse poil des tendances aux alentours : ils ressemblent plutôt à Eels qu’aux Red Hot Chili Peppers, c’est peu dire. 9 ans après leur dernier album « Just Like the Fambly Cat », un tweet de Jason Lytle a clairement indiqué la préparation d’un nouvel album. Awesome !

      Grandaddy
      Jason Lytle (Grandaddy)

      Sans jeunisme ni surjeu, les pépères de Grandaddy (Jason Lytle, au style très bucheron, accompagné de Jim Fairchild à la guitare, de Kevin Garcia à la basse, Tim Dryden au clavier) sortent un chef d’oeuvre, et c’est pas trop dire non plus : The Sophtware Slump, sorti en 2000Un recueil de chansons cristallines et oniriques, virant vers le concept album. Les premières notes de l’introductif « He’s Simple, He’s Dumb, He’s The Pilot« , ce petit orgue vieilli et maladroit, laisse Jason entonner des mots cryptiques… Pour ensuite s’envoler vers une 2 ème parte merveilleuse, où l’on comprend qu’il s’agit d’un pilote revenant d’un long périple, et qu’on lui souhaite la bienvenue toute en fanfare. Avant une 3 ème partie belle à pleurer, où la seule parole chantée en boucle est « Are you giving in 2000, man? » (« Est-ce que tu abandonnes l’an 2000, mec? »), avec une boucle piano / keyboards mélancolique, des piques électroniques, avant que ces 10 minutes vertigineuses ne s’achèvent à petit feu. C’est magjifique.

      Le déroulement ensuite est bluffant : si l’excellent « Hewlett’s daughter » sautille plus que le titre précédent, « Jed the humanoid » annonce subitement la mort d’un certain Jed sous la forme d’une véritable complainte funèbre. On aurait dit une chanson traditionnelle, une comptine pour enfant presque, tant l’innocence et la candeur du morceau désarment. Des paroles intrigantes qui parlent d’un robot qu’on aurait fabriqué, doué de sentiments et ayant inventé de belles choses, le deuil difficile mais puissamment mis en musique, et les résistances tombent ainsi pour craquer et adorer Grandaddy. Difficile d’expliquer l’attachement pour « The Sophtware Slump« , à part en écoutant les tubes assez illustres d’une des grosses figures rock indé US (avec leurs regrettés amis Elliott Smith et Sparklehorse) comme « The Crystal Lake« . C’est un esprit, une ambiance fascinante, qui semble bricolé, assez insaisissable. Quelques touches mélancoliques, suggérées par un piano hésitant, un refrain qu’on oublie de finir et qui part en fondu sonore…

      Le reste de la carrière du groupe est en deçà de ce niveau (mais pouvaient-il ne serait-ce que l’égaler?), on aura cependant quelques lumineuses trouvailles comme « Now It’s On » (sur le trop-attendu-pour-satisfaire  « Sumday« , sorti 3 ans après « The Sophtware ») ou bien le tube en papier mâché très catchy « Elevate myself » du respectable « Just Like The Fambly Cat » sorti en 2006, le dernier signe studio du groupe.

      Depuis, Jason Lytle a oeuvré dans une carrière solo, et mène sa vie humblement. Curieux et simple, il va même jusqu’à participer au concert d’une chorale de Cognac en 2012, où des lycéens reprennent le répertoire entre autre de Grandaddy, et dont les interprétations plaisent énormément au chanteur. Cette même année, il réunissait son groupe pour rechanter leurs classiques à Rock En Seine. Le chemin des studios est repris tout récemment pour sortir le successeur de « Just Like The Fambly Cat ». Hâte…

       

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