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      Final Fantasy VII: les origines d’un mythe

      Final Fantasy VII. Ce nom résonne jusqu’au plus profond de mes entrailles et me ramène à l’âge de 10 ans avec l’excitation d’un gamin la veille de Noël. Le ton est donné et je vous laisse deviner mon état à l’annonce du remake HD tant attendu et tant redouté. Je vous laisse aussi imaginer l’euphorie dont je fais preuve depuis le trailer de la PlayStation Expérience et la pluie de news depuis. Final Fantasy VII Remake par-ci, FF7 Remake par-là, trailer, annonces, jeu découpé, on ne sait plus où donner de la tête. Toutes ces annonces de l’arrivée d’un remake dans un avenir plus ou moins lointain auraient pu éclipser une news qui a pourtant fait chavirer mon cœur et chambouler mon programme: la sortie de la version PC sur PS4. En fan absolu que je suis (sur un pan de mur de mon appartement est peint Séphiroth faisant face à Cloud), je ne pouvais pas passer à côté du bonheur de repartir à l’aventure, recommencer encore une fois ce chef-d’œuvre, agrémenté cette fois-ci d’un trophée de platine à la clé (pour un chasseur comme moi, impossible et inconcevable de passer à côté). Partageant ma joie avec le reste du monde, je me suis retrouvé confronté à la question d’un ami: « pourquoi ce Final Fantasy VII est autant attendu, pourquoi c’est le meilleur? Pourquoi celui-là et pas un autre? » Essayons de répondre à cette question et plongeons-nous dans la naissance d’un mythe.


      Séphiroth FF7

      Bon alors mettons les choses au clair tout de suite : je vais (essayer de) traiter de la question objectivement. Pour cela, je ne vais pas déterminer si c’est le meilleur jeu au monde, ni même le meilleur des Final Fantasy (on sait tous que oui) mais plutôt le côté « Pourquoi est-il tant attendu? » et la question de pourquoi a-t-il marqué les esprits, pourquoi reste-t-il une référence, un mythe pour de très nombreux joueurs 18 ans après sa sortie. Pourquoi et comment un jeu acquiert-il une telle renommée mondiale? (Élu deuxième meilleur jeu de tous les temps en 2004 par Famitsu, Best Game Ever en 2004 et 2005 par GameFAQs et 6ème du Top 111 des jeux vidéo par Sens Critique).

      Cloud FF7

      Le 1er RPG International

      Pour comprendre la portée et la symbolique de la sortie de Final Fantasy VII hors Japon, et surtout en Europe, il faut se placer dans le contexte de l’époque. Le marché de l’époque est pauvre en RPG, la super Nintendo en possède certes quelques-uns comme « Secret of Mana » ou « Illusion of Time » mais cela reste des jeux de niches, réservés à un petit public ou aux fans de l’import. Le RPG « populaire » de l’époque est surtout un certain Diablo, plus orienté action et moins basé sur le côté narratif. De même, si les USA ont déjà eu le droit aux épisodes I, IV et VI de la saga, Final Fantasy n’a jamais foulé le sol européen.

      La claque technique

      L’arrivée de Final Fantasy VII en Europe va donc faire découvrir au grand public le J-RPG et ouvrir la voie à tous ses confrères. Cela jouera grandement sur l’appréciation du soft. De plus, outre ses qualités intrinsèques, Final Fantasy VII a bénéficié d’un alignement favorable des Astres. En effet, la licence est jusqu’alors exclusive à Nintendo, le dernier en date, FFVI étant sorti sur Super Nintendo. A l’époque, Nintendo va sortir sa N64 et persiste sur le modèle de cartouche de jeux. Cela ne convient pas à l’équipe de développement en charge de Final Fantasy VII, leur jeu étant trop ambitieux pour tenir sur une cartouche. C’est alors que Sony trouve la bonne idée de vouloir se lancer dans le monde des jeux vidéo en proposant une console avec un support CD, et là, c’est le coup de foudre. Il est indéniable que Final Fantasy VII doit une grande partie de son succès à Sony. En effet, en plus de prendre en charge l‘édition et la localisation (avec la traduction française qu’on lui connait chère à tous les fans), Sony en fait la vitrine technologique de sa nouvelle console et applique un matraquage médiatique jamais vu. (Final Fantasy VII fera la couverture de « Rolling Stones » et de « Playboy« ) Un budget de 100 millions de dollars est englouti dans la pub, ce qui en fait, pour l’époque la plus grosse campagne marketing pour un jeu vidéo.

      sephiroth

      Comme je disais, Sony en fait sa vitrine technologique et Squaresoft bouscule les codes du RPG en passant à la 3D. Même si Resident Evil ou Alone in the Dark avaient déjà amorcé le mouvement, c’est bien Final Fantasy VII qui popularise ce passage à la 3D. Ce point n’est pas du tout anecdotique, l’histoire du jeu vidéo ayant prouvé maintes fois que le passage à la 3D est un tournant, même s’il impose une rupture, même s’il déboussole le joueur, l’émerveille et le marque. Prenons pour exemple « The Legend of Zelda: Ocarina of Time« , « Super Mario 64 » ou bien encore « Metal Gear Solid« . Chacun de ces titres est resté dans les mémoires, et le passage à la 3D n’y est pas étranger.

      De même, la différence technique entre la Super Nintendo et la Playstation saute aux yeux, amplifiant l’effet « Waouh ». Ajoutons à cela des cinématiques en images de synthèse, des combats rythmés malgré le tour par tour grâce à des angles de caméra dynamiques, les animations des magies/limites break et invocations (allant de 12 secondes à plus d’une minute pour les chevaliers de la table ronde) et vous obtenez une claque visuelle, qui, si elle ne vous convainc pas directement, vous accroche forcément. Encore une fois, remercions l’alignement des Astres car tout cela est dû à Kitase, grand cinéphile qui a voulu mêler ses deux passions. De même, la présence de Nomura qui remplace Amano au chara design (trop occupé avec Kingdom Hearts) tombe parfaitement, son style plus simpliste et épuré convenant mieux au passage à la 3D que les personnages d’Amano, trop détaillés.

      sephi jenova

      La structure du jeu

      Nous étions donc là dans la claque visuelle et technique du jeu, qui peut expliquer des ventes records, du grand bruit avant la sortie, mais de nombreux jeux peuvent témoigner que la claque visuelle ne suffit pas à faire un bon jeu (Oui, je parle de vous Messieurs Ryse, The Order 1886 et Star Wars: Battlefront pour ne m’arrêter qu’à des jeux récents. Et en plus, un chez Microsoft, un chez Sony et un multiplateformes, comme ça pas de jaloux). Alors si la légende Final Fantasy VII a su traverser les âges, c’est qu’il y avait plus qu’une belle enveloppe.

      Au risque de laisser parler mon côté Fan boy et légèrement exagéré (mais je vais argumenter et développer mon propos, rassurez-vous), Final Fantasy VII possède une narration et une structure parfaite. En effet, rappelons que ce jeu va toucher beaucoup de nouveaux gamers dans le genre, il s’agirait de ne pas les perdre en route. J’ai lu, dans ma bible Final Fantasy VII dont je reparlerais en fin d’article, que « Final Fantasy VII est un RPG profond, complexe mais pas élitiste », et je suis entièrement d’accord. Ainsi, Final Fantasy VII est organisé autour de trois parties bien distinctes et identifiables, à liberté grandissante.

      La première partie faisant office de tutoriel et d’introduction, qui met en place l’histoire: c’est Midgar. Une partie parfaitement linéaire, prenant le joueur par la main et l’amenant d’un point A au point B afin de ne pas le perdre mais aussi de maintenir un rythme élevé et une action constante. Le jeu présente son gameplay, instruit le joueur grâce à quelques tutoriels, nous dévoile ses personnages et leur histoire, impliquant le joueur dans une quête pour sauver la planète.

      fuite midgar

      La deuxième partie quant à elle commence à la sortie de la ville. Le joueur est alors lâché dans un monde ouvert, avec une carte gigantesque même s’il n’y a pas encore accès en totalité. Ce changement redistribue les cartes, renouvelle l’intérêt du joueur et relance le rythme s’il commençait à s’essouffler au bout d’une petite dizaine d’heures de jeux. Le flashback sur le passé de Cloud relance l’intrigue et le joueur, bien accroché à l’histoire ne s’éparpille pas pour autant, suivant le scénario qui se déroule tranquillement jusqu’à l’obtention du Hautvent de niveau 2.

      La dernière partie se situe, elle, après la Grotte Nord. Le joueur est alors totalement libre, ayant accès à l’intégralité de la carte et pouvant s’adonner à toute activité qu’il souhaite. Il pourra par exemple se lancer ou terminer les quêtes secondaires, nombreuses, variées et de qualité. Pour ne citer que les plus populaires, l’élevage de chocobos, l’affrontement avec les armes ou encore la recherche des matérias maitresses pourront prendre aux joueurs bien plus de temps que l’histoire principale elle-même. Cette partie a été voulue plus calme, plus contemplative par Kitase, il avouera lui-même être fan de ces moments « où le temps se fige pour laisser le joueur s’émerveiller devant l’environnement« . Des moments de rien qui font la beauté du jeu et qui ont fait le succès de jeux comme « Shenmue » ou « Shadow of The Colossus« .

      Le contenu

      En plus de l’écriture, Final Fantasy VII possède un contenu proprement remarquable. Ne sachant pas trop bien dans quel ordre présenter toute cette partie tellement les exemples se bousculent dans ma tête, je me suis dit que les lister serait surement le plus convenable.

      • Les personnages.

      Outre le Chara Design dont l’appréciation sera laissée à la libre sensibilité de chacun, je voudrais attirer votre attention sur l’intelligence apportée à deux personnages en particulier: Sephiroth et Aerith.

      Concernant Sephiroth, Kitase a avoué s’être inspiré du requin « des dents de la mer » (ou Shere Kahn du « Livre de la Jungle » qui connait le même développement). En effet, c’est un personnage dont on entend parler par les autres dès le début, on ressent sa présence, son aura tout autour. On observe des traces de son passage, mais la rencontre n’intervient que tard dans l’aventure, renforçant sa renommée.

      aerith

      Pour Aerith, spoiler alerte, si vous avez vécu dans une grange loin de la civilisation, sautez ce paragraphe. Concernant Aerith donc, sa mort est une fois de plus magnifiquement organisée. Elle ne meurt pas à la fin d’un combat héroïque, sacrifiant sa vie pour la cause. Non, sa mort est brusque, violente, choquante, réelle. Comme la vie, quoi. Kitase pensait que cela aurait plus d’impact sur le joueur. Que comme Cloud, il se sentirait anéanti, choqué, confus, à deux doigts de tout abandonner avant de finalement décider de finir sa quête.

      • L’aspect technique

      Final Fantasy VII reprend les fondamentaux qui ont fait le succès de la série mais en les menant à leur apogée. En effet, que ce soit la jauge ATB, présente depuis FFIV ou même les limites breaks, qu’on classe souvent dans les nouveautés de Final Fantasy VII alors qu’elles étaient présentes dans FFVI, tout est sublimé. En effet, Nomura souhaitait que les limites soient présentes mais trouvaient que les conditions de déclenchement, à l’article de la mort, dans Final Fantasy VI étaient trop contraignantes et que du coup trop peu de joueurs en avaient profité. Il a donc décidé de ce nouveau système de limites et leur a donné un aspect RPG en pouvant les « upgrader ».

      Mais pour moi, le point de génie de Final Fantasy VII, ce sont les matérias. Après s’être aventuré dans les systèmes contraignants de Jobs de FFVI, le système de matérias offre une totale liberté d’organisation, de tactique et de personnalisation infinie. Vous voulez faire de Barret un mage blanc? Faites-vous plaisir! Il y a plusieurs types de matérias, magie, invocations, soutient etc…  et des associations/combinaisons à l’infini. Ces matérias changent totalement le jeu, elles peuvent conférer des capacités spéciales à vos équipements, donner un effet élémentaire à une attaque physique, ou au contraire une protection élémentaire à une armure selon l’équipement où vous l’intégrez. De même les emplacements liés de vos équipements offrent des aspects stratégiques inégalés. Certaines combinaisons vous offre tout simplement une victoire instantanée lors des combats.

      • Le Gold Saucer

      Enfin, comment parler de Final Fantasy VII et de son contenu sans évoquer le Gold Saucer? Ce lieu paradisiaque regroupant tous les mini-jeux présents dans l’aventure. Il a été créé à la base pour pallier la frustration des joueurs de ne pouvoir rejouer aux scènes uniques comme le snowboard, le sous-marin où la moto. Rajoutez à cela les courses de chocobos et autres mini-jeux et vous avez là une activité aussi chronophage que les quêtes annexes. (Petit easter egg, quand vous logez à l’hôtel fantôme, deux esprits jouent aux échecs, si vous regardez les pièces de plus près, ce sont les invocations du jeu)

      gold saucer

      Tout ce contenu à assurément participer à l’engouement du jeu, ainsi qu’à sa sérénité.

      N’en déplaise à ses détracteurs, le mythe de Final Fantasy VII ne repose pas sur du vent. S’il a bénéficié de nombreux éléments favorables dans son développement, sa distribution et sa sortie, sa longévité est quant à elle due à une narration et une écriture maîtrisée, un contenu conséquent et de qualité et non pas seulement à de la nostalgie de gamers trentenaires, même si, on ne peut le nier, c’est bien cette dernière qui, aujourd’hui, fait le succès du jeu. Une personne découvrant Final Fantasy VII aujourd’hui ne pourra pas ressentir cette euphorie et cette excitation qui était la nôtre il y a 18 ans déjà. Mais c’est aussi en cela que Final Fantasy VII mérite son titre de mythe du jeu vidéo: un fond de vérité, embelli avec le temps.

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      PS: une fois n’est pas coutume, j’aimerais faire un peu de pub pour deux monuments liés à Final Fantasy VII. Premièrement, il s’agit de ma bible, mon livre de chevet: « La légende de Final Fantasy VII » aux éditions Pix’n Love, qui est vraiment une source intarissable d’informations sur le jeu et vraiment très intéressante pour tous ceux qui aimeraient en savoir plus sur le jeu. La deuxième est le site www.ff7.fr , un site amateur tenu par des passionnés qui ont totalement retourné le jeu sous toutes ses coutures et qui représente un boulot titanesque de référencement et de passion, bravo à eux.

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