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      Le festival qui met tout le monde Raccord(s)

      Imaginez. Un festival parisien qui vous emmène un jour dans une librairie et un cinéma, un autre dans les Serres du Jardin des Plantes, le suivant chez un coiffeur… Pour sa 3ème édition, le festival Raccord(s) créé à l’initiative des Éditeurs Associés – une association qui œuvre depuis 2004 pour la survie de petits et brillants éditeurs comme À Propos, Chandeigne, Esperluète et Points de suspension et qui a ouvert en 2012 sa librairie-galerie au 10, rue Tournefort, dans le 5ème – offre un programme qui fascine autant pour sa richesse et pour sa diversité, que pour son originalité… et qui met tout le monde d’accord.

      Pour consulter le programme de ce week-end, consultez cet article.

       

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      À mi-parcours du Festival Raccord(s) – avis

      Retour sur quelques-uns des événements qui nous ont le plus marqués et petit avant-goût de ce qui vous attend ce week-end dans la capitale. Les Éditions de l’Épure et Martine Camillieri, plasticienne baroudeuse et adepte de la consommation responsable, ont ouvert le bal avec succès Mardi, à la Slow Galerie. Au programme, découverte de son dernier ouvrage Wild food, les aliments féroces, présentation des nouveautés de la collection « Dix façons de préparer » et buffet 100% bio-dégradable. Sur la table, ni assiette, ni verre, ni couvert en plastique, ni petit papier, seulement une caisse de feuilles de choux, des olives, des copeaux de jambon, de la tapenade que nous étions invités à picorer à l’aide de gressins. Au final, plus une miette, plus un reste. Une belle leçon sur l’éco-responsabilité et une initiative que nous aimerions voir un peu plus souvent. Dans Wild Food, Martine Camillieri nous met en garde, à l’aide de représentations faites de jouets en plastiques, de petits jeux de mots bien sentis – comment ne pas être sensible à celui du Frauxmage râpé ? – contre les poisons qui peuplent les rayons de nos supermarchés.

      À voir et à revoir jusqu’au samedi 9 avril @ Slow Galerie, 5 rue Jean-Pierre Timbaud, ouverte de 11h à 19h30

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      Mercredi, la Maison de la Poésie, les Éditions Créaphis et du Castor Astral nous ont offert une soirée exceptionnelle. En première partie, la rencontre du traducteur et écrivain Georges-Arthur Goldschmidt avec Marcel Cohen, Guy Pimienta et l’association et club littéraire des Filles du Loir, a fait des étincelles. Au centre de celle-ci : un ouvrage, des dessins, des interrogations… Puisque le ciel est sans échelle rassemble les dessins de Georges Goldschmidt, le père de l’auteur, réalisés lors de sa détention au camp de Theresienstadt, en 1942. Ce sont en tout 120 dessins au crayon graphite et à la pierre noire qui nous renvoient à une période trouble, tout en nous faisant entrevoir des scènes de vie quotidiennes – un homme plongé dans un livre, une femme se faisant coiffer… – et qui semblent nous montrer que malgré tout, l’existence, suivait son humble cours.

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      C’est ensuite à une expérience inédite que les Éditions du Castor Astral nous ont conviés, où notre ouïe aussi bien que notre vue, étaient convoquées. Pendant une heure, nous avons assisté à un spectacle complet au cours duquel Zéno Bianu murmurait de sublimes extraits de son Chet Baker (déploration), tandis que le saxophoniste Steve Potts faisait résonner la salle de notes de Jazz aussi profondes que mélancoliques, et que le peintre Marc Feld inondait de couleurs une gigantesque fresque de papier craft éphémère. Un vibrant et total hommage à celui qui était surnommé « le James Dean du Jazz ».
      Maison de la Poésie, 157 rue Saint Martin, 75002 Paris

      Vous êtes-vous déjà follement amusé chez un coiffeur ? Eh bien nous, oui, à l’occasion du vernissage de l’exposition Postiches et Moustaches imaginée autour des ouvrages de l’excentrique Antonio Bonanno. C’est le 5ème Lieu, coiffeur chic et détente du 5ème arrondissement, que les Éditions du Lampion ont choisi pour présenter des tirages à l’encre de chine de l’illustrateur italien et les deux premiers opus d’une trilogie au poil, Postiches et Moustaches. Accueillis par un verre de vin blanc et une fausse moustache, nous voilà embarqués dans un voyage historique au pays de la Barbe, du Cheveu et de la Moustache, au cours duquel on croisera notamment une jeune harpiste, dont les cheveux tendus servent de cordes à son instrument, une fillette faisant de ses gigantesques tresses des cordes à sauter, ou encore un amiral dont la barbe flotte à l’aide de ballons de baudruche. Des dessins irrésistiblement drôles et une exposition à voir jusqu’au 23 avril, au 5ème Lieu et Chez Claude Ferron Coiffeur. Ouverte aux imberbes et aux chauves, bien entendu.

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      Vendredi soir, les âmes sensibles étaient appelées à s’abstenir à cet événement initié par les Éditions Anacharsis, invitées du festival. Dans un des lieux les plus fascinants de la capitale, le Musée des Moulages Dermatologiques, une projection et une lecture musicale étaient proposées autour d’un thème non moins fascinant : l’exclusion. Le film L’Ordre de Jean-Daniel Pollet et Maurice Born retrace le quotidien malheureux de lépreux grecs mis au ban d’une société de « gens sains », condamnés à vivre entre l’île de Spinalonga, décrétée « léproserie nationale », et dans un institut à Athènes. Des extraits de l’ouvrage Vies et morts de crétois lépreux, inspiré du témoignage bouleversant d’un des rescapés de cette tragédie de l’exclusion et du bannissement, étaient lus par l’auteur lui-même, Maurice Born, et accompagnés par une traduction en langue des signes et par une fabuleuse musique aux accents crétois, proférée par la voix grave des membres de Sex Drugs and Rébétiko. Musée des Moulages Dermatologiques, 1 avenue Claude Vellefaux, 75010 Paris

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      Article rédigé par Hermine

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