More
    More
      Array

      Festival des Inrocks : Rationale, Jack Garrat et Odezenne, compte-rendu.

      Le festival des inRocks Phillips était programmé du 10 au 17 novembre dernier. Annulé après les évènements du 13 novembre, on a quand même pu assister au début des festivités, dont ce concert à la Cigale le 12. Au programme, les londoniens Rationale, Jack Garratt et les français Odezenne. Compte rendu.

      Rationale

      Rationale
      Rationale

      Venu d’Angleterre, Rationale représente la nouvelle donne soul anglaise, dans un back band relativement classique (batterie, basse, guitare). Leader au chant, il lui arrive de ponctuer ses prestations en donnant quelques battements sur sa batterie électronique, presque une prothèse de ses mains qui tapent, tout en se dandinant. L’allure générale est de bonne facture : sur scène, Rationale nous délivre des versions fidèles à son EP « Fuel to the Fire« , soit une série de compos accessibles, chantées de sa voix légère, avec une teinte légèrement dubstep et urbaine, qui évoque parfois The Weeknd (notamment sur Re.Up). Une douce entrée en matière pour cette soirée.

      Jack Garratt

      Jack Garratt
      Jack Garratt

      Un des acteurs de la mouvance « Indie Dubstep » , et à bien des égards similaires à James Blake, Jack Garrett (récent vainqueur des Critics’ Choice Award 2016) se produit seul, alternativement chanteur, claviériste, bidouilleur d’électronique et guitariste, parfois les 4 (presque) en même temps. Ce mélange, variant aux flux et reflux d’infrabasses et de riffs saturés, entre frémissements timides et tension détonnante, est assez remarquable. Il s’empare en effet des caractéristiques des musiques électro récentes (la lancinante dubstep, celle de la mélancolie et des ténèbres, de kode9 et de Skream, pas l’hystérie acidulée de Skrillex) tout en se revendiquant songrwiter. Un homme orchestre 3.0 qui nous révèle une nouvelle manière de chanter, digitale, certes, mais où l’homme rappelle toujours aux machines que c’est lui qui y insuffle l’âme, la hargne et la sueur, qui donne à ses chansons un aspect bioniquement charnel. Comme s’il venaient de s’enlever des puces informatiques de sa peau et goûtait à la liberté soudaine et au retour à l’état primaire, puis paisible (le titre « Chemical » est assez illustre de cela, où le piano se mêle finalement aux échos technoïdes et aux multiples voix, comme si dans ce retour à l’humain, la technologie était toujours là, sous-jacente).

      Odezenne

      Odezenne
      Odezenne

      La tête d’affiche, et la raison de venir à la Cigale pour un grand nombre de spectateurs, dont l’âge ne dépassait pas souvent 18 ans. Qu’est-ce donc Odezenne? Un collectif venant de Paris et de Bordeaux, un peu de guitare, un peu d’électro, un peu de rap, un peu de Fauve, des punchlines qui font mouche dans les cours de lycées. Nouveaux porte drapeaux des jeunes et « adulescents » en mal de rap de bonne qualité (heureusement il y a Youssoupha, malheureusement il existe des carnages comme PNL), on doit avouer qu’ils remplissent bien ce rôle fédérateur qui jadis était courant chez les rappeurs français. La Cigale était en effervescence, et les jeunes d’entonner gaiement, après que le chanteur Alix suggère d' »aller pécho », les refrains polissons de « bouche à  lèvres » et de « je veux te baiser ». Ou bien « Rien », hymne à la culture moitié hédoniste, moitié nihiliste, 100 % « bitch mother fucker », d’une jeunesse dorée et insouciante, celle de la Cigale ce-soir là.

      0

      LAISSER UN COMMENTAIRE

      S'il vous plaît entrez votre commentaire!
      S'il vous plaît entrez votre nom ici

      Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.