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      Dindon malgré lui : Molière et Feydeau revisités au théâtre Essaïon !

      Molière et Feydeau sont revisités et rencontrent l’histoire d’un couple d’acteurs en ce moment au théâtre Essaïon. Tous les mercredis soirs résonne la langue des deux dramaturges à travers la pièce « Dindon malgré lui », vivifiée par l’interprétation électrique d’Hélène Morguen et Patrick Chayriguès. 

       

      Dindon malgré lui : une abolition des coulisses bienvenue ?

      Dans cette cave médiévale de la rue Pierre-au-Lard, deux larges paravents blancs font office de coulisses et d’outils scéniques : coulisses pour les changements de costumes et lieux à part entière pour plusieurs scènes. Idée qui s’inscrit dans la logique du spectacle, enclencher un contact persistant avec le spectateur, par tous les moyens.

      Hélène MorguenL’utilisation de la salle fait penser à un terrain de jeu ouvert. L’acteur arrive par la porte d’entrée de la salle (effet comique trop commun qui s’essouffle à peine amorcé), un strip-tease donne lieu à un jeu de séduction avec un spectateur (l’effeuillage se fait comique et badin), et les apartés écrits par les acteurs continuent de démolir brique par brique le quatrième mur théâtral.

      Toutes les intentions sont bonnes et solidifient l’expérience d’un public choyé et sans cesse sollicité. L’exécution en revanche manque d’efficacité dans les gags, et l’écriture des acteurs tranche trop violemment avec la qualité des textes de Molière et de Feydeau.

       

      Greffer son histoire aux saynètes de Molière et Feydeau

      Car oui, il y a une déception dans le maillage diégétique de la pièce « Dindon malgré lui ». Bâtir des liens entre les saynètes de Molière et Feydeau était, à l’origine, assurément une idée ambitieuse et louable. Problème, cela se voit. Les écarts de style sont, et c’est compréhensible, visibles, voire aveuglants tant ils rabaissent le niveau de la pièce. L’humour tombe régulièrement à plat du fait d’un tissage trop sommaire.

      Dindon malgré lui Patrick ChayriguèsPrétendre que les spectateurs sont arrivés trop tôt et que l’on n’est « pas prêt » pour la représentation, que le second acteur gare sa voiture, et qu’au terme du spectacle on aura besoin de covoiturer avec un membre du public allège la langue exigeante de Molière. Mais ces va-et-vient sont trop écoliers pour construire une harmonie de ton. C’est cela qui perturbe principalement : les deux dramaturges sont plaqués au sol par les acteurs, qui tentent la cabriole et la blague pour adoucir l’impact des grands textes, mais qui parviennent surtout à leur brûler les ailes, en plein envol.

       

      De l’énergie mais trop d’imperfections

      Les deux acteurs se démènent sur scène et s’offrent tout entiers au service de deux dramaturges majeurs, mais cela ne suffit pas. Le rire peut nous contaminer tant l’énergie est au rendez-vous, mais les situations sont éculées et il est donc nécessaire de les approcher avec une dextérité et une justesse exemplaires. Ramener ces textes à la vie est une entreprise monumentale, et le défi n’est pas relevé. Reste une heure de spectacle parfois divertissante.

      Infos pratiques

      « Dindon malgré lui » de la compagnie Sans lézard au théâtre Essaïon
      6 rue Pierre-au-Lard, 75004 Paris
      01 42 78 46 42

      du 4 novembre 2015 au 23 mars 2016
      tous les mercredis à 21h30

      avec Hélène Morguen et Patrick Chayriguès

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