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      Critique « Suicide Squad » de David Ayer

      Tenu dans le secret le plus total, le monde entier a découvert depuis mercredi le très attendu Suicide Squad. Que vaut réellement cette nouvelle pierre de l’univers DC ? Mise au point.

      Cela faisait des mois que le public découvrait par bribes ce Suicide Squad qui s’annonçait affreusement déjanté. Les skins de Harley Quinn et du Joker ont fait couler de l’encre sur le web, tant en bien que en mal. L’idée était évidemment alléchante : un grand rassemblement de super-méchants bien barrés autorisés à foutre des baffes pour le compte de l’armée, c’était aussi attendu que deux groupes de super-héros prêts à en découdre (Civil War, bien sûr).

      Avant de détailler notre point de vue analytique sur les différents choix narratifs précis du long métrage, il convint de faire un avis résumé sans pour autant spoiler les lecteurs curieux que vous êtes. Malgré de très gros raccourcis scénaristiques ainsi que quelques grossièretés narratives, on peut dire que Suicide Squad saura parfaitement satisfaire le public friand de blockbuster d’actions, tout en proposant une forme plutôt atypique dans sa direction artistique, ce qui est fort bien venu. Ainsi, l’implication jusqu’au-boutiste des acteurs, la relative cohérence artistique (quitte à faire des choix douteux voire grotesques, dans un film vaguement nanardeux) et l’humour psychotique plutôt bien dosé permettent à Suicide Squad de s’imposer comme le blockbuster le plus sympathique de l’été, sans pour autant briller aux yeux des critiques. Il nous semble donc nécessaire de traiter point par point dans cet article, ce qui ne va pas dans les divers choix narratifs, tandis que notre rédacteur Louis Verdoux s’efforcera de défendre le film en vidéo.

      On attaque dans le vif du sujet en disant que le film n’est pas vraiment mauvais. De là à dire qu’il est bon, c’est une autre paire de manches. Dans cette partie plus prompt aux spoilers, nous allons faire ensemble une petite mise au point. D’abord, il faut dire les choses : la VF n’est vraiment pas terrible, tout comme la 3D qui est inexistante. Si vous avez la chance de pouvoir le voir en VO, ce n’en sera que mieux. Les deux pires voix reviennent au Joker et à Harley Quinn. Il semblerait que la doubleuse de Margot Robbie soit devenue plus ou moins officielle, après Le Loup de Wall Street, Tarzan ou The Big Short. Dorothée Pousséo a vraiment une voix particulière, que vous connaissez sûrement puisque c’était celle des jumelles suicide-squad-image-margot-robbie-600x450Olsen, mais aussi de Dee Dee dans Le Laboratoire de Dexter... bref vous voyez le genre. En bref, ça ne colle pas avec la demoiselle qui ne passe pas pour autre chose qu’une écervelée. On y reviendra. Le Joker, lui, est tout simplement mal doublé. Soit c’est ça, soit il est mal joué, au choix. En tout cas, l’interprétation de Jared Leto, tant attendue, était sûrement meilleure avec sa voix originale.

      Cela étant dit, passons à l’histoire. L’agent Amanda Waller décide de se réunir une équipe de super-méchants, pour apprendre à les contrôler, au cas où. Heureusement pour nous, le cas va très vite se présenter suite à une boulette (forcément, ne contrôle pas un super-méchant qui veut). Après avoir présenté les membres du casting les plus importants sous formes de petites scénettes, Suicide Squad rentre rapidement dans le vif de l’action, qui aura l’avantage de ne se dérouler que durant une seule nuit pour une seule mission. Midway City est attaquée, et c’est notre super-team qui est envoyée au casse-pipe. Déjà, la multitude de personnages composant le crew ne sont pas vraiment tous mis en avant, certains cantonnés au rang de comic relief tel que Captain Boomerang. Évidemment, l’accent est mis sur Deadshot joué par Will Smith et de Harley Quinn interprétée par Margot Robbie. Les autres personnages ne sont pas vraiment mémorables, même celui de Rick Flag, le soldat qui mène la troupe. On retiendra par contre le personnage de Viola Davis, dont on ne connaît pas réellement la prise de position, un peu à l’image du film…

      On passe un bon moment devant le dernier film de David Ayer, mais c’est trop peu. Ce dernier est avant tout connu comme étant le réalisateur du convaincant Fury, avec Brad Pitt et et Logan Lerman. Ce film de guerre poisseux et prenant aux tripes surpasse ainsi en tout point Suicide Squad. Ayer est seul crédité au scénario du film, mais on imagine les pressions qu’il à nécessairement dû avoir. Il est vrai que le long-métrage peut se découper en deux parties à peu près égales. De notre avis, la seconde est nettement plus intéressante. La première partie fait le job d’introduction nécessaire (et ô combien répétitif) des personnages, mais c’est une fois ceci fait que David Ayer peut aborder les thèmes qui lui sont chers. Hors il semble que le travail ne soit fait qu’à moitié. Le mélange des deux genres (Ayer et DC) ne fait pas vraiment bon ménage, et ne lui laisse pas assez de liberté créatrice dans ce qui semble être, une énième production fidèle aux carcans du genre.

      suicide-squad

      Tenez, un exemple. Harley Quinn est décrite comme une écervelée foldingue prête à tuer tout ce qui bouge. Ce qui est très bien comme ça. Et c’est ce qu’il se passe toute la première moitié du film, au point d’être un petit peu agaçant. Mais ensuite, c’est la même Harley Quinn qui tient des propos cohérents, dénués de folie ou de fantaisie, mais dramatique à souhait. Sur le papier, aucun problème, mais ça ne colle pas. Cela ne prend pas, et ça ne prendra jamais. Il y aurait pu y avoir à un moment quelque chose de vraiment intéressant pour David Ayer sur la question de la frontière entre le bien et le mal avec le personnage d’Amanda Waller. Mais la question reste sans réponse. Autre interrogation : la BO. Vraiment trop présente, Suicide Squad convoque des musiques trop connues, comme si on avait réuni toutes les musiques cools du monde pour les mettre dans le film. C’est un peu gros à ce niveau-là, tellement qu’il réutilise celle des Gardiens de la Galaxie de son ennemi juré Marvel.

      A quand un vrai film ? Suicide Squad n’est pas un mauvais divertissement, il fait le job, même si les attentes suscitées ne sont pas récompensées. Somme toute assez moyen et bancal, il y aurait beaucoup à dire sur les personnages, sur le scénario, tant l’univers de DC et ses lectures sont immenses. Mais Suicide Squad, c’est avant tout un film, même s’il reste accroché au désormais nouveau genre de super-héros. Et parmi tous les films de cinéma du monde, Suicide Squad reste dans le bas du panier, relégué au rang de film passable, même si on lui prête l’excuse de n’être qu’un divertissement.

      Ayer a comparé le genre a celui des westerns, très populaires aux Etats-Unis pendant 70 ans, en disant que le genre du film de super héros n’en était qu’à ses débuts. C’est confirmé, ce ne sont que des bébés-films, faits pour des bébés-spectateurs, dans l’attente peut-être d’être plus grand.

      Alexandre Léaud

       

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      2 Commentaires

      1. Pour Harley Quinn, c’était compliqué de reprendre la comédienne qui double le personnage dans les jeux vidéos Batman Arkham ?

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        • Ou du dessin animé ? ^_^ Mais ils ont visiblement préféré garder une cohérence vis-à-vis de l’actrice que du personnage…

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