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      Critique « Star Trek : Sans Limites » de Justin Lin

      Après plusieurs déceptions estivales, une lueur d’espoir : Star Trek Sans Limites est peut-être le divertissement de l’été.

      Vous avez bien lu. Et ce n’était pas gagné d’avance. Heureusement, les avis plus que mitigés sur Tarzan, Independance Day et Suicide Squad permettent à ce troisième film Star Trek (le treizième si l’on inclut les originaux) de se positionner en haut du classement des blockbusters estivaux. Il est vrai que passer derrière les deux opus de J.J. Abrams n’était pas chose aisée. Après un Star Trek : Into the Darkness convaincant (malgré les lens flares), celui que l’on appelle « le jeune prodige » (là où d’autres ne voient en lui qu’un bon faiseur) s’en est allé vers d’autres galaxies lointaines, très lointaines. Même s’il reste producteur, il fallait bien assurer sa suite. De nombreux noms ont été évoqués (dont celui d’Edgar Wright, réalisateur de la fameuse trilogie du cornetto) avant que ne soit retenu le sino-américain Justin Lin. Si celui-ci ne vous dit rien, il faut se (re)tourner vers une autre franchise connue, à savoir Fast&Furious pour voir son nom apparaître à la réalisation des numéros 3, 4, 5 et 6. Rien que ça. startrekbeyond2

      Le Captain Kirk est de retour avec tout son équipage dans une nouvelle mission. Cette fois-ci, il s’agit d’aller sauver un vaisseau disparu dans une nébuleuse inconnue. L’intrépide Jim ainsi que Spock, McCoy, Scotty, Uhara et Sulu vont devoir affronter une menace bien plus grande qu’ils ne le pensaient, menée par un certain Krall.

      S’il nous fallait juger en terme de divertissement, Star Trek : Sans Limites vaut clairement le coup au cinéma. Simplement parce que Justin Lin sait manier agréablement le rythme. Il n’y a pas grand chose à dire sur l’histoire en elle-même, qui n’est qu’une version longue d’un épisode de la série. Cependant, à aucun moment l’ennui ne gagne le spectateur, preuve d’un rythme soutenu et efficace, dû au scénario de Simon Pegg et Doug Jun. Il ne faut cependant pas chercher de l’audace ou de la mise en scène quelque part, au risque d’être déçu. Lin est certainement plus un faiseur qu’un réalisateur, et on ne peut pas dire qu’il propose des choses, mais l’essentiel est que cela fonctionne. Il en va de même pour les dialogues et la morale du film. Les rares fois où les personnages ouvrent la bouche en dehors des scènes d’actions (« Tous à vos postes ! Mettez la distorsion à fond ! ») ne vont vraiment pas très loin.. Qu’à cela ne tienne ! Il suffit simplement d’ignorer tout bonnement les histoires d’amitié ou d’amour, et plus encore les passages obligés de « L’union fait la force » et j’en passe. D’ailleurs, la bande-annonce nous montrait une réflexion de Kirk sur son père et sur qui il est : cela n’a aucun intérêt dans le film, qui expédie ces questionnements en moins de temps qu’il n’en faut pour dire Starfleet. Mais ces quelques points négatifs ne suffisent pourtant pas à entamer la cohérence interne du long-métrage.

      Il n’y a rien à dire sur les personnages, sauf si vous êtes fan de l’univers et que vous voyiez des références ici et là. Mis à part ça, les personnages remplissent leurs fonctions, moins au sein du scénario que dans l’USS Enterprise. Seuls bémols : la nouvelle venue Jalyah mise en avant par la campagne marketing se retrouve au même plan que les autres. La deuxième déception est celle de (ne pas) voir Idris Elba en retrait derrière un masque de CGI. D’une manière générale, le méchant Krall n’arrive pas à la cheville de Khan, incarné dans « Star Trek: into darkness » par le tout aussi londonien Benedict Cumberbatch, même si la menace n’en est pas moins impressionnante.

      Star Trek Sans Limites n’est qu’une immense machine, mais elle marche mieux que les autres. Avec un ton léger et décalé, le film alterne séquences d’actions fluides et scènes de découvertes de l’univers de Star Trek, qui est somme toute plaisant. Et puisque le débat sur la pertinence du choix des musique a été évoqué avec Suicide Squad, on peut parler de cette scène mémorable où la musique des Beastie Boys retentit à fond, servant tout à fait le scénario et l’action. Le but : le fun, et ça marche. De même lorsqu’il est question d’évoquer Léonard Nimoy, l’acteur original de Spock décédé : l’événement est intégré à l’intrigue sous forme d’un clin d’oeil, mais sans rentrer dans le fanservice tape-à-l’oeil : simplement un hommage respectueux à la série originale, qui fête cette année ses cinquantes ans. Dommage que la production n’aie pas eu le temps de faire de même pour le regretté Anton Yelchin, qui n’aura qu’une simple dédicace.

      De l’action, de l’humour, pas trop de dialogues, ni de morale. Star Trek Sans Limites réussit à nous emmener vers les étoiles et c’est tout ce qu’on lui demande.

      Alexandre Léaud

       

       

      2 Commentaires

      1. Edgar Wright n’est pas le réalisateur d’Ant Man, il devait l’être pendant un moment mais ça ne c’est pas fait. C’est Peyton Reed le réalisateur 😉

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