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      Critique de l’Arme Fatale : remake chancelant mais encourangeant

      Cette semaine on s’attaque à un très gros morceau ! Aujourd’hui sort le pilote du remake en série de la cultissime saga cinématographique « L’arme Fatale ».

      Synopsis : Martin Riggs, flic texan et ancien Navy SEAL, déménage à Los Angeles suite au décès accidentel de sa femme et du bébé qu’elle portait. Il se retrouve alors en équipe avec Roger Murtaugh, détective ayant subi une crise cardiaque « bénigne » peu de temps auparavant et devant à tout prix éviter les situations de stress. Entre la folie incontrôlable de Riggs et le besoin de calme de Murtaugh, le duo va rapidement devenir explosif.

      C’est inévitable : lorsqu’une production s’attelle au remake d’un objet aussi iconique, il faut s’attendre à un public à l’affût. Néanmoins, on ne peut pas seulement juger un remake uniquement sur ce qui faisait le charme de son prédécesseur. Prenons donc les qualités et les défauts de ce premier épisode, tout d’abord en tant qu’objet indépendant, et seulement ensuite en tant que remake.

      L’arme Fatale: Une série policière rafraîchissante

      Sans rien offrir de particulièrement original (que ce soit en terme de mise en scène ou bien de scénario), « L’arme Fatale » a le mérite d’être un agréable divertissement, faisant correctement son travail. Il réussit à faire débrancher les cerveaux trois quart d’heure devant des personnages sympathiques et une intrigue très simple à suivre. L’humour est également très présent dans ce premier épisode. Assez gras et prévisible, il reste toutefois assez égayant.

      Tous les personnages sont incarnés par des acteurs charismatiques et semblant s’amuser à s’immerger dans la peau de ces figures emblématiques. On retrouve une ambiance plutôt bon enfant dans beaucoup de scènes, que ce soit au commissariat ou bien dans la famille de Murtaugh ce qui s’avère assez réjouissant. L’alchimie des deux protagonistes fonctionne cependant très moyennement, même si nous aurons probablement toute une saison pour voir se construire leur complicité. Les acteurs incarnant ces deux protagonistes sont d’ailleurs le point le plus important à souligner. Et pour se faire, il nous faut passer par l’indispensable comparaison à l’œuvre originale…

      Mais un remake bancal

      Si « L’arme Fatale » se défend en tant que simple série policière de divertissement, le pilote s’avère plus que bancal en tant que remake. La première chose à noter concerne évidemment les acteurs. S’agissant du nouveau Martin Riggs, Clayne Crawford a fait un bon boulot pour reprendre le flambeau de Mel Gibson. Bien évidemment le charisme n’est pas comparable, mais nous n’avons pas encore assez de recul pour juger la carrière de Crawford si l’on compare celle-ci à la carrière de Gibson. En outre, ce jeune homme fait preuve d’un très bon potentiel qu’il devrait efficacement exploiter au fur et à mesure de la série. Affaire à suivre donc.

      Les choses sont cependant moins encourageantes concernant notre nouveau Roger Murtaugh, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord concernant son âge. Bien que l’interprète Damon Wayans (Ma famille d’abord) ait présentement 56 ans, il ne les fait tout simplement pas et cela pose problème. Nous ne retrouvons pas ce flic rongé par l’usure et le désir de sérénité faisant tout le charme de notre Murtaugh original (campé par le charismatique Danny Glover). Bien sur, son côté cardiaque lui donne une nouvelle faiblesse à exploiter et cela est très intéressant. Mais cela ne l’a pas empêché de faire des cabrioles dès le premier épisode, réduisant d’emblée l’impact que cette maladie pourrait avoir. Espérons donc que cela sera mieux exploité dans la suite.

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      Ce manque de vieillesse de la part de Wayans est également la source du problème principal : le cruel manque d’alchimie entre les deux acteurs. La plus grande force de la saga « L’arme Fatale » tenait dans la dichotomie que l’on retrouvait entre un Murtaugh désirant le calme, et un Riggs incapable de refréner sa violence. Ici, les deux personnages s’avèrent dynamiques et ne peuvent donc pas nous offrir cette nécessaire opposition pour que fonctionne la relation de ces deux protagonistes.

      Et en parlant de dynamisme : cet épisode ne prend pas assez son temps. Bien trop axé sur des scènes d’actions à la mode « gangsta » et « Fast&Furious », l’épisode en oublie de créer une atmosphère propice à l’attachement que l’on devrait avoir pour les protagonistes et leur environnement. Au problème de l’atmosphère s’ajoute celui de l’humour. Bien trop axé sur la folie de Riggs, cet épisode joue ici la carte risquée de la surenchère. Cela ne laisse alors pas assez de place à la noirceur initiale de « l’Arme Fatale », qui est pourtant omniprésente dans le premier opus de la saga. Il est d’ailleurs dommage que tout ait été centré sur l’humour, car force est de constater que les passages émotionnels sont très réussis et que nous retrouvons une nouvelles version intéressante de Riggs (qui contrairement à l’original souhaite réellement mourir). Espérons donc que la psychologie des personnages sera plus amplement développée dans les suites, car il se pourrait bien que l’on tienne (notamment avec Riggs) de nouvelles pistes intéressantes à exploiter. 

      Au final, si cette épisode pilote présage un remake plutôt bancal, il nous promet tout de même une série policière plaisante, offrant un divertissement simple et efficace pour se détendre. A suivre sur le service de VOD de TF1...

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      Robin Uzan
      Journaliste, photographe et réalisateur indépendant, écrire pour Justfocus est un de mes plus grands plaisirs. Bonne lecture !

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