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      [Critique] Night Call

      Critique du film « Night Call » réalisé par Dan Gilroy. 

      Premier long métrage de Dan Gilroy, « Night Call » réunit à l’écran Jake Gyllenhaal et Rene Russo. Le spectateur suit le personnage de Gyllenhaal. Personnage étrange, seul, sans ami ni famille, sans travail, vivant au jour le jour. Un personnage très intelligent qui décide de filmer des crimes odieux dans Los Angeles et vendre les images aux presses américaines à la recherche de buzz et scoop. Accompagné d’un jeune sans domicile ni travail il arpente les rues sombres, de nuit, branché sur les ondes radios de la police à la recherche de l’image la plus choquante possible.

       

      « Night Call » est un film étonnant et de grande qualité pour un premier essai. Le réalisateur réussit son film, immisce une véritable ambiance sombre, pesante et malsaine et offre un personnage des plus intéressant. Le long métrage repose sur le personnage interprété par Gyllenhaal. Un acteur toujours au sommet de son art, qui part sa nonchalance offre des prestations étonnantes, puissantes et souvent à la limite de la perfection. « Night Call » ne déroge pas à la règle et offre la part belle à son interprète principal.

      Gyllenhaal joue un personnage dérangé, psychologiquement atteint, vivant seul, sans réel contact humain que ce soit physique ou intellectuel. Il passe ses journées à étudier tout ce qui lui passe entre les mains et ses nuits à revendre des matériaux aux plus offrants. De part son esprit vif il va se lancer dans la prise de vue pour filmer les actes les plus odieux de Los Angeles et les revendre à une journaliste interprétée par René Russo. Gyllenhaal, très stoïque, joue un personnage calculateur, intelligent, bavard, ayant un profond désintérêt pour le genre humain. Sans éthique ni moral le personnage va s’enfoncer de plus en plus profondément dans le malsain pour satisfaire ses désirs d’argent. Même si le personnage créé par Gilroy est véritablement passionnant, parfaitement atypique, donnant une véritable dimension sensorielle et originale au long métrage, ce dernier manque d’inquiétude, de violence, de peur. Le personnage principal n’est pas assez inquiétant. Alors oui, on ne lui accorderait quand même pas notre confiance, mais la peur ne tourne pas autour du personnage comme cela aurait du être, mais plus autour des péripéties qui n’arrivent que trop rarement. Ce personnage est tellement doué, tellement sur de lui, tellement fort, que jamais il ne perd son sang froid, jamais il n’échoue, jamais il ne se trompe, tout se passe comme il le prévoit. L’inquiétude de ce personnage est évidemment suggérée mais elle n’apparaît qu’à de trop rares reprises ou enfin ce personnage laisse exprimer sa rage. Mais c’est aussi en parallèle un véritable coup de maître du réalisateur. Le spectateur trouve le personnage étrange, il sent que quelque chose ne va pas avec cet homme, son instinct lui dit de fuir, de ne pas lui accorder sa confiance, pourtant au cours du film, cette inquiétude se dissipe devant tant de maitrise et de véracité et permet de faire tomber la garde du spectateur.

       « Night call » a cependant quelques défauts. A peine trop long, le long métrage n’offre en réalité pas ou peu de péripéties. Rien n’arrive réellement au personnage principal. Ce n’est pas le personnage qui subit le film comme c’est souvent le cas avec des protagonistes cinématographiques, mais c’est bien lui qui crée et contrôle le film. Les péripéties ne sont pas là pour le ralentir, l’embêter ou l’arrêter. Il crée lui-même ces péripéties ou va au devant d’elles avec une maitrise désinvolte déconcertante. Ainsi rien n’arrive au personnage, c’est le film qui est écrit pour lui. Tout parait un peu trop facile.

      Dans la mise en scène « Night Call » est aussi plein de maîtrise. L’influence des séries télévisées se fait sentir parfois dans la mise en scène et par moment dans la photographie, le scénario est absolument sans faille, les dialogues même si ils ne sont pas transcendants sont de qualité, mais surtout le long métrage offre une scène de course poursuite en voiture exceptionnelle. Une séquence complètement hallucinante. Ultra prenante le spectateur ressort complètement secoué de ce passage survitaminé. Encore meilleur que les passages automobiles trop rares du médiocre « Jack Reacher ». La fin reste satisfaisante et « Night Call » reste passionnant et différent des factures habituelles de Hollywood.

       « Night call » est un film étonnant et détonnant, souvent passionnant, rarement lassant. Une œuvre à voir et à savourer.

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