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      [critique] L’homme irrationnel, réalisé par Woody Allen

      Après « Magic in the moonlight » Woody Allen est de retour avec Emma Stone accompagnée cette fois d’un autre acteur prestigieux : Joaquim Phoenix avec son nouveau film : « L’homme irrationnel ». Woody Allen présente le personnage de Phoenix, professeur de philosophie, déprimé, blasé, qui perd toute volonté de vivre. Il entretient deux relations. L’une avec une de ses collègues de travail interprétée par Parker Posey, l’autre avec le personnage de Stone, sa meilleure étudiante, une jeune fille qui l’obnubile.  

      Un personnage torturé

      Woody Allen s’est lui-même emprisonné dans ses questions existentielles. Il est connu pour ses petites maximes radicales, pleines d’humour, qui analysent la vie et les comportements humains. Entre ses « J’ai des questions à toutes vos réponses » ou « Je ne connais pas la question mais le sexe est définitivement la réponse », il arrive à Woody Allen de faire des films. « L’homme irrationnel » présentant un personnage torturé. Un individu qui n’a plus le goût à la vie, qui se complet dans sa larmoyante existence. Le personnage interprété par Joaquim Phoenix est la représentation de l’égarement humain. Un personnage perdu, qui ne trouve pas sa raison d’être, ce pourquoi il existe. Il se demande sans cesse à quoi servent ses agissements ou cherche une raison valable de vivre. Ce professeur et écrivain se veut être le porte parole de la philosophie du long-métrage. Woody Allen présente énormément de thèmes forts, difficiles à définir précisément. Il parle du destin, du hasard, des conséquences d’une action ou au contraire d’une passivité grâce à son personnage principal masculin. Le protagoniste un discours très pessimiste de la vie. Il voit les êtres humains comme des pantins sans finalité. Des corps mouvants sans but ni motivation personnelle. Il voit l’humanité comme un immense navire à la dérive. Son existence, elle, semble couler.

      Des thèmes existentiels

      Le casting du film

      Woody Allen parle donc de l’essence même de l’existence. Comment s’articule-t-elle ? Il offre quelques parties de la réponse. Il semblerait selon Allen que l’existence serait un subtil mélange entre un destin prédéfini, ou du moins un terrible jeu du hasard, et des prises de décisions personnelles, entre analyse et agissement. Le personnage de Phoenix perd goût à la vie car il ne trouve plus de raison d’être, il ne trouve rien qui vaut le coup d’être vécu. Mais un aléa, un élément du film, un bouleversement de l’histoire, va lui permettre d’ouvrir les yeux et de trouver un sens à son existence. Un petit détail hasardeux va complètement transcender sa pensée, complètement dérégler sa vision de l’avenir et de la finalité humaine. Le destin, ou le hasard, va entrainer une réflexion forte chez le protagoniste qui va l’amener à prendre une décision irrévocable. Woody Allen rassemble destin et volonté propre. Il parait avancer que la vie se résumerait à un couple de volonté et de hasard. Un détail anodin prêt à changer une vie en agissant sur le psychisme d’un Homme.

      Une phrase exprimée par le personnage de Phoenix raisonne encore dans les salles obscures, tel un sombre écho impérissable. Le protagoniste affirme que la liberté dont jouissent les êtres humains est également une barrière. Cette liberté inquiète, effraie l’Homme qui ne sait quoi en faire. Et c’est cet effroi qui limite la liberté. L’homme se crée ses propres barrières par l’inquiétude, il ne fait jamais d’actes déraisonnés car la crainte entrave son ambition. Une belle notion qui résume plutôt bien la condition humaine. Cette crainte entraine la passivité. Cette passivité entraine la tristesse. Cette tristesse entraine la mort. Ainsi, pour combattre un petit coup de déprime, il suffirait de ne pas écouter sa conscience et de faire ce qu’il plait. Une belle notion utopique. Ainsi pour combattre la mort il faut vivre, mais au vu de la conclusion la vie entraine la mort. Et oui Woody Allen s’est amusé à jouer les philosophes et entrer dans son esprit est difficile. Le mieux est d’aller voir le film.

      Le rendu final

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      L’homme irrationnel est une relative réussite. Un longmétrage qui tient la route grâce à ses personnages et ses interprètes. Le duo d’acteurs est séduisant. Emma Stone s’affirme à chaque film et devient grâce à Allen plus sûr d’elle et plus performante. Phoenix quant à lui reste toujours aussi fidèle à sa qualité d’acteur qui n’est plus à prouver. Woody Allen se perd malheureusement quelque peu dans ses méandres philosophiques. Le réalisateur semble avoir moins de choses à raconter que prévu. Il se perd dans quelques redondances, quelques redites, quelques longueurs qui finissent parfois par ennuyer le spectateur. Les personnages paraissent très légèrement caricaturaux. Les voix off finissent parfois par desservir des discours faussement complexes. Et le scénario parait plus absurde qu’à l’accoutumé. Ainsi, cela crée un certain décalage entre des sujets graves présentés à l’écran et l’étrange désinvolture avec lequel le réalisateur les traite. Il ne s’agit pas de comédie comme dans « Scoop » mais d’une sorte de non dit qui tourmente le spectateur. Les sujets, les pensées ne semble pas avoir de conséquences jusqu’au final. Mais tout ceci semble vain comme si rien n’était important, comme si tout ceci n’était que la tourmente de notre propre esprit. L’homme irrationnel de Woody Allen prête à la réflexion mais ne mettra pas tout le monde d’accord pour savoir si le fond est réellement présent ou s’il s’agit juste d’une masturbation intellectuelle de plus.

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