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      Critique « Les Figures de L’Ombre » de Théodore Melfi : un feel-good movie intéressant mais formaté

      Nominé dans la catégorie Meilleur film à la dernière cérémonie des Oscar, Les Figures de L’Ombre est pourtant passé relativement inaperçu. Porté par le trio d’actrices afro-américaine Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monae, le film raconte l’histoire méconnue de trois femmes stigmatisées qui se sont battues pour percer dans un monde professionnel dominé par les hommes blancs : l’agence spatiale américaine (la NASA).

      Un feel-good movie non-dénué d’intérêt

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      Les Figures de L’Ombre raconte le quotidien mouvementé de trois femmes afro-américaines dans les Etats-Unis des années 1960. Enchaînement classique, l’intrigue ne surprend pas et reprend les traditionnelles images du genre pour souligner la ségrégation qu’elles doivent affronter. Ainsi, sous l’hégémonie masculine et blanche, elles se trouvent rabaissées, critiquées, sous payées, placées dans des emplois sous-qualifiés. Les moqueries fusent, les railleries tombent et les clichés du genre s’amoncèlent pour dénoncer un système éthiquement inconcevable. Enchaînant refus répétitifs à cause de leur double condition de femmes noires, leur détermination va combattre la différence. Théodore Melfi préfère utiliser un angle léger pour traiter ce sujet socialement lourd. Exit le pathos et le larmoyant, le cinéaste signe un feel-good movie entraînant, où les vannes remplacent la douleur. Beaucoup d’humour, de cynisme et d’ironie transparaissent pour ponctuer des rencontres injustes et tendues. Reste le bon samaritain, interprété par Kevin Costner, qui va faciliter les choses et les conditions de travail de sa protégée interprétée par Taraji P. Henson. Une actrice accueillante et généreuse, mais parfois maladroite sans ses expressions et sa manière de jouer. Une maladresse qui ajoute néanmoins en spontanéité.

      Une histoire méconnue 

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      L’intérêt premier de Les Figures de L’Ombre reste son sujet : comment des femmes noires ont réussi à s’affranchir de l’oppression masculine, à s’affranchir de ces codes injustes et surtout, ont permis de faire évoluer les mœurs arriérées et la place féminine dans la société américaine ? Travailleuses émérites de l’ombre, elles auraient apporté des éléments primordiaux au lancement du premier homme sur la lune, événement retracé dans l’excellent L’Etoffe des Héros. A la manière de Imitation Game, le réalisateur se centre sur un élément en particulier d’un grand fait historique, ici la conquête de l’espace. Avec une conviction inébranlable, les trois jeunes femmes sont arrivées à leurs fins et sont devenues des légendes de l’avancée sociale de la condition féminine et noire au sein de la hiérarchie sociale et professionnelle.  Malheureusement, la réalisation de Théodore Melfi apparaît trop sage. Trop académique et formatée, elle n’offre pas l’apport technique nécessaire pour magnifier cette histoire et lui donner tout l’impact qui lui est dû. Les Figures de L’Ombre est un long métrage insipide dans sa réalisation, sans aucune âme ou style définissable, un film lisse qui ne prend jamais de risque. Théodore Melfi ne prend jamais parti, ne se mouille pas et se contente de remplir le cahier des charges pour raconter une histoire qui méritait mieux.

      Très manichéen, Les Figures de L’Ombre apparaît comme un feel-good movie sympathique et intéressant mais en manque cruel d’épaisseur. Porté par un casting frais et relativement convaincant, le long métrage ne fait pas de vague, ne va pas au fond du problème, se contentant de présenter une histoire humaniste et scientifique méconnue et de grande volée. Formaté mais pas dénué d’intérêt.

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