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      Critique : La Nuit juste avant les forêts de Koltès par Akim Ben Hafsia

      Découvrez La Nuit juste avant les forêts de Koltès à l’Akteon Théâtre. Un texte rude et passionnant mis en lumière par la sincérité du jeu d’Akim Ben Hafsia.

      Histoire

      La Nuit juste avant les forêts est un texte d’une seule et unique phrase, sans point final ni didascalie. Koltès y raconte l’histoire d’un homme qui ne peut retenir le flot de paroles qu’il a en lui. Il va alors interpeller un inconnu, scéniquement invisible, pour vider son sac. « Je t’aime Camarade! » seront ses derniers mots, témoignant ainsi sa soif d’exister aux autres alors que lui même se sent terriblement différent et rejeté. Ce monologue acerbe et poignant témoignera de cette solitude étouffée en un cri du cœur.

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      « Salauds de Français », qui le regardent et rient de lui, sans comprendre ses gestes, par ignorance. « Salauds » ces autres qui régissent leur vie dans le but unique de « tirer leur petit coup », de jouir. « Salauds » aussi les chefs d’usine et autres patrons. « Salopes » les femmes qui l’ont blessées, pour qui il a eu des espoirs de bonheur. « Cinglée » la « pute » qui s’est certainement rebellée contre un mauvais client, lui jetant ses affaires par la fenêtre, le laissant nu sous son manteau pour rentrer chez lui. « Pédé » l’insulte qu’il recevra face à des loubards auprès desquels il cherchait une simple compagnie et qui finiront par le frapper et lui voler son argent.

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      Il voudra ainsi créer un « syndicat international » pour protéger et défendre les « loulous pas bien forts, fils directs de leur mère ». On comprend que chaque point évoqué par l’auteur est une critique sociale, âpre, au travers de ce personnage désœuvré.

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      Critique

      Akim Ben Hafsia interprète ce monologue de manière personnelle en donnant à ce personnage une âme profonde qui nous le rend sympathique. On ne peut prendre chaque mot brutal au premier degré car on sent dans ce personnage une énorme faille, un lourd passé, une grande sensibilité. On entend avant tout son espoir plutôt que son désespoir. Le texte est bien mis en valeur, de manière sincère et naturelle dans une mise en scène minimaliste.

      Il vous reste un week end pour venir applaudir Akim Ben Hafsia à l’Akteon Théâtre dans La Nuit juste avant les forêts. Les prochaines dates sont les samedi 9 et dimanche 10 Mai à 18h00.

      Par la suite vous pourrez retrouver Akim Ben Hafsia en tant que metteur en scène dans L’Exilé, une création de Romain Fouchet, qui se jouera au Théâtre de Ménilmontant le 29 Mai 2015.

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