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      [Critique] La famille Bélier

       

      Réalisé par Eric Lartigau, « La famille Bélier » avec Karin Viard et François Damiens raconte comment une jeune lycéenne, seule entendante dans une famille de malentendants, veut devenir chanteuse au détriment de sa famille qui ne comprend pas ce choix.

      « La famille Bélier » est ce genre de feel good movie, ce genre de film humain, gentil, touchant qui évite relativement bien la lourdeur mélodramatique insupportable habituellement commune de ce genre de facture. On suit cette jeune fille, actrice amateur, pas toujours convaincante, parfois agaçante, mais souvent touchante qui raconte son quotidien dans une famille de sourds.

      Le long-métrage n’évite jamais les facilités, les lieux communs voir même certains clichés dans son scénario et son enchainement. Le spectateur n’est pas épargné par l’opposition de la jeune fille contre sa famille, le spectateur n’évite pas non le politicien inutile et incompétent qui ne comprend pas les personnes malentendantes ou même l’histoire d’amour enfantine et fatigante.

       

      De plus « La famille Bélier » n’est certainement pas un bon long-métrage sur un plan technique et artistique. Presque filmé comme un téléfilm, le long-métrage n’offre jamais de sensations particulières au niveau technique ou de la mise en scène sauf le temps d’un passage tout simplement merveilleux, peut être un tout petit peu attendu mais néanmoins excellent. Le réalisateur baisse complètement le son pour mettre le spectateur dans la peau d’une personne malentendante. Une immersion totale, intelligente, percutante, bien amenée et terriblement utile. Le spectateur a  le temps d’une scène relativement courte et se retrouve coincé sans ouïe à la fois inquiet et soucieux du quotidien des gens atteints de surdité. De plus, le long-métrage permet l’apprentissage et la reconnaissance du langage des signes, véritable symbole de courage, de diversité et de respect.

      « La famille Bélier » n’est jamais un grand film, mais ce film fait clairement du bien, permet de respirer. Il permet le temps de quelques minutes d’oublier un monde sombre et violent pour découvrir le réchauffant amour d’une famille et de l’adolescence. Le film co-écrit par la fille de Guy Bedos évite les lourdeurs, évite le trop plein dégoulinant melodramatique, passe certaines idées presque en subtilité, mais surtout émeu jusqu’aux larmes le temps d’une chanson finale revue et interprétée merveilleusement. Une dernière séquence tout simplement parfaite, surtout grâce au tandem Viard-Damiens, d’une puissance rare et exceptionnelle qui offre toute la complexité de l’adolescence et l’impuissance des parents dépourvus devant l’inévitable enchainement de la vie.

      « La famille Bélier » au lieu d’être un film idiot et inutile apparaît comme un film touchant et humain, qui a des choses à dire et qui implique son spectateur avec une relative efficacité.

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