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      Critique du film « Loin des hommes »

      Après Nos retrouvailles, présenté en avant-première mondiale à Cannes en 2007, le réalisateur David Oelhoffen revient avec Loin des hommes, un nouveau long métrage primé au Festival international de cinéma de Venise et sélectionné, entre autres, au Festival international de Toronto. Dans l’environnement majestueux et inhospitalier de la chaîne de l’Atlas, le réalisateur filme la fuite de deux hommes que tout semble opposer, dans le contexte des premiers soulèvements algériens de 1954.

      Dans la veine des grands films qui vont à l’encontre du mythe classique des « conquérants civilisateurs », tel Little Big Man aux Etats-Unis, Loin des hommes reprend les codes du western – des hommes solitaires, des armes, des chevaux, la nature grandiose – pour critiquer finement et dans un style cinématographique très épuré l’impasse dans laquelle se trouve le système colonial en Algérie au début des années 50.

      Dans ce film, librement inspiré de la nouvelle « L’hôte » d’Albert Camus, il y a trois personnages principaux : Daru, Mohamed, et l’Atlas. Viggo Mortensen, révélé aux yeux du grand public pour son rôle d’Aragorn dans la trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, et Reda Kateb (Un prophète de Jacques Audiard, Zero Dark Thirty de Katryn Bigelow, Gare du Nord de Claire Simon, Hippocrate de Thomas Lilti…), campent magistralement les rôles de Daru, un instituteur français d’origine étrangère, pas complètement intégré dans la communauté Pied-Noir, et de Mohamed, un paysan algérien fait prisonnier, que Daru doit livrer aux autorités françaises. loin-des-hommes-sortie-française

      Daru et Mohamed sont deux être purs. L’un a choisi délibérément d’enseigner dans la petite école d’un village perdu dans la montagne et ne se mêle pas de politique. L’autre a tué son cousin car il volait ses maigres récoltes, sans lesquelles sa famille ne pourrait pas survivre. La montagne n’est pas un refuge mais au contraire le cadre des affrontements entre Français et Algériens, qu’ils doivent traverser pour fuir, l’un la menace d’être tué par les indépendantistes, l’autre la vengeance des frères de son cousin, qui réclament le prix du sang pour le crime de Mohamed. Leur rencontre et leur cheminement périlleux dans les montagnes de l’Atlas en plein hiver, que nul d’entre eux ne souhaitait, est une description intime de deux hommes taiseux qui se retrouvent confrontés aux événements dramatiques des débuts de la guérilla livrée par les indépendantistes algériens contre l’armée française

      Ce film magnifique, dont la musique originale est signée Nick cave et Warren Ellis, est simplement humain, universel. Il interroge les notions du Bien et du Mal, au-delà des convictions religieuses des uns et des autres, ainsi que l’interprétation des lois, écrites ou non. Les décors naturels, sublimés par les lumières extraordinaires de la montagne, rappellent les meilleurs films de Jean-Jacques Annaud. Les acteurs Viggo Mortensen et Reda Kateb crèvent l’écran. C’est donc sans aucune réserve que je vous conseille de courir voir ce long métrage d’une heure et cinquante minutes, en salles le 14 janvier.

      Note: On vous fait gagner vos places pour aller voir le film. N’hésitez pas à aller voir la page du concours Loin des hommes.

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