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      Critique du film  » Les enquêtes du Département V: Miséricorde « 

      Un flic déchu, fidèle à ses amis, à ses convictions, à ses intuitions, se retrouve relégué dans un service d’archivage. Sa tâche est de classer des affaires non résolues. Sa pugnacité intuitive, son instinct, son professionnalisme vont le mettre sur le chemin d’un portrait photographique dont le regard semble l’appeler. Un assistant, à l’aspect rude, qui vit cette affectation comme une promotion, l’accompagne tout en lui préparant des cafés imbuvables. Voici l’intrigue du film  » Les enquêtes du Département V: Miséricorde « . 

      On assiste alors à une enquête qui se déroule malgré les interdictions de la hiérarchie. Enquête qui baigne dans une atmosphère en demi-teintes, comme le quotidien sans saveurs de l’enquêteur principal.

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      Pourquoi une jeune femme se suiciderait-elle, alors qu’elle est accompagnée de son frère handicapé mental dont elle a la charge et avec lequel elle vit ? L’incohérence de ce suicide-disparition va pousser les enquêteurs à fouiller le passé proche, et les relations de la prétendue suicidée. D’intuitions en déductions, les cercles de raisonnement s’élargissent, à l’inverse du tissage d’une toile d’araignée pour mieux cerner un éventuel coupable.

      Le spectateur est emmené dans les labyrinthes de ce qui compose un être humain. Souvenirs, joies, désirs, manques, souffrances, peur… Quand la souffrance est trop grande, quand elle est exacerbée par une vie sans relief, elle autorise la narration à nous emmener vers une transcendance de la souffrance : la haine. Une haine cristallisée sur le fantasme qu’on a d’une personne sera le sujet de cette histoire. La manière d’accéder au handicap du jeune frère nous interpelle aussi sur les méandres du cerveau humain, comme un parallèle à ce qui se passe dans le cerveau malade du tueur.

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      Une mise en scène oppressante, dont les décors gris, brunâtres et verdâtres nous mettent mal à l’aise comme quand on plonge dans nos sentiments inavouables. Une bande son qui sert ce malaise dont on voudrait sortir, et qui nous enroule dans sa spirale malsaine, comme une introspection dans nos propres ténèbres. Aux confins de la souffrance, la haine permet de se donner un objectif de vie, de survie. On comprend que la frontière entre ce qui est interdit et ce qui ne l’est pas tient à peu de choses. Un équilibre précaire entre l’acceptation et l’instinct de conservation.

      Un très beau film en forme de thriller sur ce qui compose chacun de nous devant les événements de la vie. La haine, outil de survie, pansement à la souffrance, objectif envahissant, qui finit par faire oublier pourquoi on souffre, au point de commettre l’irréparable ? Un bon suspense malgré quelques longueurs. Des enquêteurs qui finissent par être attachants, malgré un univers froid qui semble dépourvu d’humanité.

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