More
    More
      Array

      Critique du film « A trois on y va »

       

      Deux ans après « Le temps de l’aventure », Jérôme Bonnell revient une fois de plus nous parler d’Amour avec « A trois on y va » au cinéma le 25 mars. Une passion amoureuse joliment filmée à laquelle l’on assiste, charmé mais détaché.

      Mélodie et Charlotte s’aiment mais Charlotte est en couple depuis quatre ans avec Micha, qui, délaissé, ne tarde pas à s’éprendre à son tour de Mélodie. Un triangle amoureux se forme ainsi sous nos yeux et évolue gracieusement sous la direction de Jérôme Bonnell, scénariste et réalisateur.

      Mélodie (Anaïs Demoustier) est une jeune femme de 26 ans entière et passionnée qui s’immisce dans le couple de sa meilleure amie Charlotte. Elle court sans cesse, littéralement en avocate débordée, et métaphoriquement, après un amour qui lui échappe. Un parallèle intéressant s’opère entre sa vie professionnelle et privée dans lesquelles elle côtoie le mensonge au quotidien. Amoureuse blessée, elle cède alors aux avances de Micha (Félix Moati), romantique invétéré, à qui l’on pardonnerait tout, même son infidélité. Et il y a Charlotte (Sophie Verbeeck), jeune femme insaisissable voire instable. Elle est d’ailleurs la seule à ne pas avoir de profession « rangée », elle chante quelques soirs pour gagner sa vie et en parallèle passe ses journées, seules, à retaper la maison qu’elle et Micha viennent d’acheter. En quête de passion, elle semble, paradoxalement, comme éteinte de l’intérieur, inapte à l’amour. Incapable de s’abandonner à l’un de ses deux amants, elle pousse inconsciemment ces deux êtres à se trouver, comme pour se consoler de leur perte commune.

      moati-atroisonyva

      lls sont jeunes, ils sont beaux et ils s’aiment. L’histoire aurait pu être banale, sans intérêt, mais voilà Jérôme Bonnell, nous offre ici une réalisation toute en finesse, méticuleusement orchestrée et portée par un trio d’acteurs justes et rafraichissants.

      Bonnell alterne les scènes cocasses et graves, on passe ainsi à plusieurs reprises du vaudeville à une douce mélancolie. S’il pousse parfois le mélo un peu loin, il réussit toujours, parfois de justesse, à ne pas tomber dans la mièvrerie. Sa grande réussite, parler d’amour dans le sens le plus pur et générique qui soit, indépendamment de toute question de genre ou de toute considération d’ordre morale. Il ne fait pas dans le sentimentalisme et c’est pour cela que l’on y croit.

      Ce film aurait pu être un quasi sans-fautes, mais son défaut majeur vient de ce que l’on ne s’attache pas à ces trois jeunes gens. On assiste ainsi, spectateur de passage, à une tranche de vie que l’on a tôt fait d’oublier. La faute revient à un traitement quasi inexistant de la psychologie des personnages, on entre dans leur vie sans avoir eu le temps de les connaître et on n’en découvre guère plus tout le long du film. L’intimité est ici traitée uniquement à travers un jeu de cadrages très resserrés. Mais, si cela suffit à nous laisser bercer durant 86 minutes, le film ne nous emporte pas… et c’est avec regret.

       

       

      0

      LAISSER UN COMMENTAIRE

      S'il vous plaît entrez votre commentaire!
      S'il vous plaît entrez votre nom ici

      Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.