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      Critique « La Nouvelle vie de Paul Sneijder » de Thomas Vincent

      La Nouvelle vie de Paul Sneijder a tout d’une petite révélation dans la scène étriquée du cinéma français. Donnant à voir un Thierry Lhermitte transfiguré en homme prêt à tout pour changer de vie, le film use d’une approche peu commune de l’ennui et du deuil et envoie le comédien de la troupe du Splendid bourlinguer sur les steppes gelées du Canada où il s’est reconverti en promeneur de chien. 

       

      C’est à table, lors d’un dîner en famille que Paul Sneijder comprend qu’il n’a plus aucun intérêt à être là. Sa femme le trompe et ne le comprend pas, de même pour ses fils qui l’ignorent. N’ayant plus goût à reprendre son poste de cadre à Montréal, il ne cesse de repenser à cette sombre descente en ascenseur. Ne supportant plus d’être confiné dans cette vie superficielle, Paul décide de tout changer en commençant par son travail. C’est comme ça qu’il se retrouve à échanger son costard contre des laisses, pour devenir promeneur de chiens.

      Paul Sneijder

      C’est au cours de ses promenades quotidiennes que Paul, incarné par Thierry Lhermitte (connu pour ses rôles dans Les Bronzés ou encore Le père Noël est une ordure) évoluera et se redécouvrira lui-même. Entouré de ses nouveaux amis canins et du paysage hivernal canadien, le personnage sort enfin de ce confinement social et psychologique.

       

      La Nouvelle vie de Paul Sneijder : un drame franco-canadien réussi

      Le réalisateur, Thomas Vincent adapte ici le livre « Le Cas Sneijder » de l’auteur français Jean-Paul Dubois, sorti en 2011. Ce film franco-canadien mêle la détresse d’un père qui cherche à s’accrocher à la vie, après la mort tragique de sa fille. A cela se superpose un humour noir qui va redonner des couleurs à la vie de Sneijder. Le scénario repose sur l’absurdité et le grotesque du quotidien de Paul dont le mariage a perdu de son sens depuis des années. Géraldine Pailhas (actuellement dans la série Marseille sur Netflix) qui joue le rôle d’Anna Sneijder, sa femme odieuse et autoritaire, l’éloigne de plus en plus de son ancienne vie superficielle au profit d’une nouvelle.

       

      Un Thierry Lhermitte qui surprend

      Paul Sneijder apparaît immédiatement à l’écran comme étant complètement étranger à son environnement. Il dénote des premiers plans graphiques, très cadrés et n’a plus que faire des conventions et des ambitions sociales de sa famille. Thomas Vincent choisit de traiter le sujet en se plongeant dans la psyché de Paul mais manque de finesse.

       

      Une mise en scène peu subtile

      L’intention du réalisateur est louable, mais l’enchaînement de ces trop nombreux plans esthétiques et très linéaires notamment, dès le début du film, manque de subtilité pour contrebalancer avec l’état de Paul. De même, l’excès de gros plans pour mettre en lumière la crise de panique de Paul devant un avocat, transpirant de confiance et d’avidité, contribue à alourdir le propos du film.

      Les psychologies de sa femme et de ses fils ne semblent pas traitées en profondeur, ce qui les rend parfaitement insupportables et stéréotypés. Ces derniers ont effectivement bon espoir de faire fructifier les importants dommages et intérêts, que pourrait toucher Paul suite au drame, afin de suivre leurs études supérieures dans les meilleures universités américaines. On ne perçoit aucune empathie de leur part et on en vient à se demander ce qui les rend aussi insensibles à sa souffrance.Malheureusement, aucune réponse ne sera apportée mais le spectateur se prend ainsi d’affection pour Paul, en se demandant ce qui a bien pu le lier par le passé, à cette famille vénale et égoïste.

       

      Mais des seconds rôles attachants

      Finalement, le point positif dans « La Nouvelle vie de Paul Sneijder » réside dans ses seconds rôles, hauts en couleur, qui y apportent un peu de légèreté et de naturel. Mention spéciale au nouvel employeur de Paul (Guillaume Cyr), attachant et obsédé par les nombres premiers, et à l’un de leurs clients particuliers (Hugo Dubé), féru de chiens, qui souhaite se lancer avec détermination dans les concours canins. S’en suivront alors des situations cocasses entre Paul et ces protagonistes, qui donnent un nouveau souffle au personnage et au film.

       

      Article co-écrit avec Clément N. et moi-même.

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