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      Critique « It comes at night » de Trey Edwards Shults : petit film d’horreur grande impression

      Premier film de Trey Edward Shults, It comes at Night est porté par Joel Edgerton (Strictly Criminal, Midnight Special). Petit film d’horreur discret et formateur, cette oeuvre réserve quelques surprises et prend à contre-courant les films d’infection. Via un classicisme salvateur, le cinéaste raconte une histoire de famille dans une ambiance post-apocalyptique.

       

      Contre-courant et simplicité 

       

       

      Dès son titre, Trey Edward Shults surprend son spectateur. Avec les quelques bandes annonces et un titre si révélateur, le spectateur était en droit d’attendre un film de zombies. Pourtant, le cinéaste va à contre-courant et détourne l’axe classique du genre. Ici pas de morts vivants assoiffés de sang mais simplement un virus mortel qui décime la population. Ce titre, It comes at night, est révélateur, la métaphore de plusieurs possibilités, de plusieurs visions. Peut-être s’agit-il des cauchemars récurrents d’un des protagonistes, peut-être s’agit-il du danger qui viendra frapper à la porte la nuit ? Quoi qu’il en soit Trey Edward Shults surprend en se contentant de raconter les déboires d’une famille survivante dans un décors froid et isolé, dans un monde qui semblerait post apocalyptique.

      It comes at night - joel edgerton

      It comes at Night se situe quelque part entre le très bon Maggie et la série de comics The Walking Dead. Comme dans ce film porté par Schwarzenegger, les protagonistes se serrent les coudes et doivent affronter un virus mortel et incurable en apparence. Aucun moyen de fuir, aucune issue, simplement une fatalité monstrueuse qu’il faut affronter avec force et détermination et l’horreur de voir ses proches mourir d’une infection incurable. Un parallèle est à faire avec The Walking Dead puisque comme dans le comics de Robert Kirkman, le danger ne vient pas que du virus mais aussi et surtout des survivants. Dans le calme de la campagne, le personnage de Joel Edgerton s’apparente à Rick Grimes, le protagoniste de The Walking Dead, leader et protecteur de sa communauté envers et contre tout.

       

      Un film calme et lancinant quelque part entre cauchemar et réalité 

       

      Lorsque Trey Edward Shults se laisse aller et permet à sa caméra de s’échapper, il éblouit l’assistance par quelques plans séquences sublimes sur des aspects quotidiens de la vie. Une conversation, un voyage en voiture et le réalisateur parvient à rythmer une scène anodine par quelques grandes idées de mise en scène. On pense à la virée de Joel Edgerton et Christopher AbbottTrey Edward Shults filme les deux personnages et la route sans un seul cut, mettant tous les éléments sur un même plan, les opposant, pour manifester le danger, la méfiance avant un inévitable accident.

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      Trey Edward Shults joue sur les couleurs. Comme tout bon film d’horreur qui se respecte It comes at Night offre quelques grands moments visuels. Un couloir, une porte rouge vif, un travelling lancinant et l’ambiance calme et oppressante est posée pour ne plus quitter le film. Trey Edward Shults décide également de situer son film quelque part entre cauchemar et réalité via le personnage interprété par Kelvin Harrison Jr. Ce dernier cauchemarde toutes les nuits. Ses mauvais rêves sont d’un réalisme saisissant et permettent de casser les sens et la logique du spectateur qui ne sait plus de quoi il doit se méfier.

      Finalement la grande force de Trey Edward Shults, c’est de faire apparaître le danger là où on ne l’attend pas jusqu’à un dénouement terriblement pessimiste. Étrangement le plus cruel, le plus malaisant, le plus difficile à supporter dans ce film n’est pas l’aspect fantastique mais bien les réactions réalistes et humaines des protagonistes. Le danger de la fièvre est bien présent mais finalement le plus grand ennemi réside dans les proches, dans l’entourage, dans les erreurs, les fautes d’inattention. Trey Edward Shults confronte son spectateur à ses propres sentiments, à ses propres réactions devant les rebondissements qui s’offrent à lui.

      Par le calme et la simplicité, Trey Edward Shults raconte une histoire post-apocalyptique pseudo « zombique » avec des éléments très réalistes. Une histoire intimiste dans un univers dangereux, l’histoire d’une famille comme les autres qui doit affronter la mort et la précarité. On est donc de retour dans les puissants parallèles que faisait en son temps le grand Romero. Avec It comes at Night, l’horreur retrouve sa splendeur et son but pédagogique : faire le rapprochement entre fantastique et réalisme pour parler de sujets sociaux par le prisme de l’épouvante.

      Bande-annonce : It Comes at Night

       

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