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      [Critique] Charlotte : quand nos doigts effleurent les étoiles sans les toucher.

      Anime de l’été, Charlotte シャーロット a fait sonner son clap de fin. L’occasion pour moi de revenir sur cet anime surprenant à bien des égards, qui saurait peut-être vous attirer, vous surprendre au fil des minutes, mais peut-être aussi vous décevoir ou vous frustrer. Un voyage où je vous invite à prendre place pour vous aussi, vous approcher des ESPers et peut-être qui sait, de sauver les ESPers de la menace scientifique mais aussi sauver le monde de cette menace qu’ils constituent !


      Charlotte – シャーロット


      Charlotte présentation

      Titre original : Shārottoシャーロット

      Titre français : Charlotte

      Genre : Fantastique, Drame, Comédie

      Année de production : 2015

      Diffusion : Wakanim (04 juillet au 26 septembre 2015)

      Nombre d’épisodes : 13

      Studio : P.A. Works (Angel Beats!, Another)

      Réalisateur : Yoshiyuki Asai (Angel Beats!, Fairy Tail)

      CharaDesigner : Sekiguchi Kanami (Hikaru no Go, Ghost in the Shell Movie)

      Musique : ANANT-GARD EYES (Angel Beats!), Hikarisyuyo, Maeda Jun (Angel Beats!, Clannad)


      Synopsis

      Charlotte est un projet original avec la collaboration d’Aniplex, P.A. Works et Key Visual Arts à l’occasion du 15ème anniversaire de Key. Il est écrit par Jun Maeda, le scénariste de Angel Beats!.

      Otosaka Yuu est un étudiant plutôt banal en apparence. Mais en apparence seulement car il n’est pas tout à fait comme les autres… Il fait parti de ce faible pourcentage de la population capable d’utiliser des pouvoirs spéciaux. Son pouvoir ? Prendre possession durant 5 secondes d’un organisme vivant. Vous avez bien lu, 5 secondes seulement. Et comme Otosaka est un élève fier et peu travailleur, il a eu la bonne idée de se faire passer pour ce qu’il n’est pas : un élève aux notes parfaites, grâce à sa capacité qui lui permet de tricher aux examens. Mais il se fera très rapidement démasquer par Tomori Nao, une jeune fille capable de se rendre invisible aux yeux d’une seule et unique personne. Otosaka se fera recruter au BDE dirigé par l’énergique Tomori, qui l’emmènera à la recherche de d’autres ESPers (personnes aux pouvoirs spéciaux) dans de folles et drôles d’aventures !


      Toute critique ne serait être crédible sans donner quelques détails et informations de l’anime, même si j’éviterai de dévoiler les évènements les plus importants de l’histoire. Les personnes désireuses de voir Charlotte sans être spoilées, abandonnez ici votre lecture. Pour tous les autres, c’est avec un plaisir que je continuerai à écrire cette critique.



      Charlotte logo

      Charlotte, un scénario prometteur avec des pouvoirs très spéciaux…


      Lorsque vous commencez Charlotte, tout est banal. Cela pourrait ressembler à un anime school-life fantastique. Un lycéen avec comme pouvoir, celui de prendre possession d’une autre personne. Un pouvoir ô combien avantageux dans bon nombre de situations ! D’ailleurs, le titre du premier épisode « Je pense donc je suis autrui » est bien là pour nous rappeler ce pouvoir bien spécial ! Mais là où la ressemblance avec d’autres anime du genre s’arrête, c’est que ce pouvoir a une limite tordue… Notre « héros » ne peut posséder cette personne que 5 secondes ! Et comme si ça ne suffisait, il s’évanouit en quittant son corps, se retrouvant donc dans des positions farfelues à son réveil. Et bien heureusement, il n’est pas seul dans son cas ! Tous ces fameux possesseurs de pouvoir que sont les ESPers, ont un pouvoir aussi tordu ! Entre celle qui se rend invisible aux yeux d’une seule personne, celui qui peut traverser des murs mais qui ressort exténué ou celui qui peut trouver d’autres ESPers uniquement quand il est mouillé… C’est à se demander si finalement, ces pouvoirs ne sont pas plus une malédiction qu’autre chose ! Mais ce sont justement ces pouvoirs et la mission confiée au BDE (Bureau des Elèves) qui créeront ces scènes qui nous feront rire ou sourire. Car les BDE dirigé par Tomori a comme but de ramener les ESPers à leur école pour les protéger des scientifiques aux sombres dessins (qui se servent des ESPers comme de cobayes) ou à défaut, de leur faire comprendre que leur pouvoir ne doit être utilisé pour faire le mal.

      Les premiers épisodes sont plutôt lents, mais nous avons le mérite d’y rencontrer tous les personnages principaux et de bons gags sur une musique à mon sens, juste magnifique. La suite de l’histoire de Charlotte se concentrera autour de ces mystérieux pouvoirs qui ne se développent que durant l’adolescence, mais aussi des liens se resserrant entre nos héros du BDE. Les épisodes adopte un scénario similaire, mais cela ne durera pas assez longtemps pour nous lasser. De nombreux personnages secondaires viennent se greffer au monde de Charlotte au fil des épisodes, certains plus mis en avant que d’autres, mais nous y reviendrons plus tard. L’histoire s’attache ensuite à une intrigue nous tenant en haleine pour plusieurs épisodes. Intrigue plus ou moins bien menée.

      En bref, Charlotte dispose d’un bon scénario bien que banal sur certains aspects, avec un rythme correct. Les graphismes, certains personnages et les pouvoirs tordus des ESPers sont à mon sens, ce qui rend l’histoire de Charlotte plus qu’agréable à suivre.


      Mais clairement bâclé.


      Le scénario et l’histoire suivent leur chemin, les personnages se croisent, les liens se tissent et se défont. Mais déjà voilà qu’apparaît l’un des gros points noirs de Charlotte : un sentiment désagréable de travail bâclé, et parfois, incohérent. Les épisodes se suivent, les missions de secours de nouveaux ESPers s’enchaînent, mais quand le scénario prend un nouveau tournant avec le dévoilement de nouvelles informations, Charlotte ne suit plus. Et Charlotte va trop vite. Du coup, là où on attend des réponses, rien ne vient et le problème est vite occulté. Mais les interrogations restent pourtant nombreuses… Depuis le début de l’anime, il nous est dit que Tomori est du genre solitaire à cause de son pouvoir et qu’elle s’est souvent fait chahutée, d’où son tempérament explosif et parfois violent. On s’attendait tôt ou tard à en apprendre un peu plus sur le passé de Tomori. Mais que nenni ! Rien ne viendra jamais, hormis quelques informations sur son frère et sa mère, n’expliquant en rien sa solitude. Et si ce n’était là que la seule question qui restait sur nos lèvres… Comment la chanteuse de ZHIEND est-elle devenue aveugle ? Après un épisode entier avec ce personnage, on est en droit de se poser la question et de vouloir en savoir plus ! Comment disparaissent les scientifiques ? Quelle est réellement cette particule qui donne aux adolescents ces pouvoirs ? Et ce n’est qu’un échantillon de ce qui pourra vous traverser l’esprit pendant que vous regardez Charlotte.

      Au delà de ce loupé, il y en a malheureusement un autre, qui lui est de taille et se divise en de nombreux sous-problèmes. La fin de Charlotte, comme la série à certains moments, est bâclée. Ça traîne là où ça pourrait aller plus vite et quand il faudrait poser les choses et apporter plus d’explications (qui demanderaient quelques épisodes supplémentaires) on fonce à toute vitesse ! Du coup, alors que tout s’enchaîne, tout devient brouillon et Charlotte se termine avec un arrière-goût de « va-vite » âpre. Le héros est vraiment un héros (j’aurais préféré qu’il reste dans son cadre du premier épisode, mais nous en parlerons dans le prochain paragraphe) et il a sauvé le monde. Fin. Mais de nombreuses incohérences demeurent…

      1. Comment ne pas se rendre compte avec le 2/3 des épisodes que son pouvoir (que l’on pensait être juste de la possession de corps) permet en fait de voler définitivement le pouvoir d’autrui ? Comment passer à côté d’un pouvoir aussi GrosBill ? Finalement, Otosaka passe du statut du garçon presque inutile, à celui de l’ESPer le plus recherché de la planète car considéré comme le plus puissant… Bref.
      2. Comment peut-on projeter d’envoyer quelqu’un dans la gueule du loup sans préparation ni plan ? Et le plus gros dans tout ça… C’est que le concerné accepte de s’y rendre ! On se demande si l’auteur a beaucoup réfléchi à ce moment avant de le donner en vue aux spectateurs…
      3. Pourquoi les morts reviennent-ils à la vie ?! (Frustration personnelle malgré la joie de retrouver le dit personnage)
      4. Et le meilleur pour la fin… Nous apprenons tout à coup que les ESPers sont en fait atteints d’une maladie due à l’impact d’une comète aux particules sensibles pour les adolescents. De là… Comment décider que pour sauver tous les ESPers de la planète, il faut envoyer Otosaka, le voleur, afin qu’il dérobe tous les pouvoirs de la planète avant la fin de son adolescence, pour mettre tout le monde hors de danger ? Une mission bien périlleuse que notre super-héros acceptera et réussira en un seul épisode ! Et sans difficulté notoire qui plus est…

      Bref. Voilà pour les gros points noirs de Charlotte, qui malheureusement se situe quasi exclusivement au niveau du scénario, qui s’il avait été quelque peu allongé, aurait pu être rendu plus crédible, moins bâclé et du coup, encore plus agréable à voir. Car malgré ses défauts, il reste pour moi, un anime que j’ai pris du plaisir à suivre car il dispose d’un rythme correct, de personnages attachants et de graphismes travaillés.


      Personnages :

      double personnalité mal assurée VS douce violence ?


      Dans Charlotte, les personnages sont peu nombreux et constituent comme une grande famille, tous plus au moins liés. Libre à chacun d’apprécier les personnages et vous trouverez forcément quelqu’un qui vous plaira pour vous y attacher. Certains personnages comme Yusa Nishimori et sa sœur, malgré leurs pouvoirs, paraissent plutôt banales voire stéréotypées. Mais la banalité est toujours mieux qu’un mélange de personnalité loupé. J’ai également apprécié des personnages plus discrets (quoique tonitruants à leur manière lors de leurs apparitions) comme Jōjirō Takajyō ou « Pooh » qui prendra une certaine ampleur dans l’histoire, très appréciable. C’est sans oublier la jeune sœur de Otosaka, Ayumi, qui lui prépare continuellement son « omelette rice » et à qui on reconnaît un rôle parfait de petite sœur, très attachante.

      Mention spéciale côté personnage pour Tomori Nao. Une lycéenne plutôt mignonne et solitaire. Un personnage qui décrit comme tel, reste banal. Mais qui a le mérite de ne pas tomber dans le fan service et qui cache en vérité, une sacré audace doublée d’une bonne dose de réflexion et d’imagination comme je les aime. Sans oublier son enfance tumultueuse et son côté solitaire. Mais le meilleur, ce sont ses accès de violence que l’on pardonne tellement ils rendent la scène comique ! Par contre, son côté persuasif qui sauve Otosaka vers le milieu de la série est légèrement abusé, c’est la seule chose que je puisse reprocher à ce personnage que j’affectionne.

      Dans Charlotte, on peut aimer, mais aussi détester les personnages. Mais un seul obtient une mention toute spéciale, loin d’être aussi positive que celle de Tomori… Maintenant, laissez-moi vous présenter ce quelqu’un à détester pour de multiples raisons… Personnellement, je détestais Otosaka Yuu dès le premier épisode, qui me rappelait sans conteste Lelouch dans Code Geass ou même Yagami Light de Death Note lors de ses accès de folie, le même air suffisant et hautain dessinant ses traits. Le genre de personne à utiliser les autres pour sa réussite personnelle et à mépriser tout ceux qui ne l’intéresse pas. Car sortir avec la plus belle fille de l’école, ça, ça l’intéresse au plus haut point. Manipulateur, tricheur et menteur. J’aurais adoré continuer à le détester et à suivre ses péripéties en l’état. Malheureusement, un seul épisode a suffit car Otosaka n’était plus. Dès le second épisode, il devient honteux, gentillet et même docile. Un revers de personnalité improbable et illogique comparé au premier épisode. On se demande si Jun Maeda avait vraiment choisi la personnalité qu’allait avoir Otosaka Yuu avant de diffuser les épisodes… Et Otosaka deviendra même mauviette et pleurnichard. Néanmoins, mention spéciale, même si ça ne dure pas, pour son passage à vide en milieu de série, le conduisant quasiment au point de non-retour dans la violence et le sang… Un personnage qu’on aurait adoré détester et qui aurait rendu la série encore plus attirante !


      Une ambiance qui gomme certains défauts


      Côté ambiance, pas grand chose à redire. Le décor des premiers épisodes nous plante dans l’enceinte du lycée réservé aux ESPers afin de les protéger de scientifiques malintentionnés, et plus particulièrement aux côtés du BDE. L’animation est soignée et détaillée, on apprécie les plans larges nous offrant de beaux paysages pour presque s’évader, tout autant que les plans serrés. Mention tout spéciale à la bande son et au groupe ZHIEND qui berce nos oreilles avec de magnifiques chansons de post-rock. Tantôt simili balades, tantôt évasion vers de grands espaces, tantôt fougue et acharnement. C’est avec plaisir que j’écoute ces OST et qu’ils rejoindront très bientôt ma playlist de tous les jours !

      Charlotte c’est tout de même un anime au rythme plutôt soutenu, démarrant sur un schéma classique avec répétition sur quelques épisodes, avant de changer de rythme avec l’intrigue. Certains y verront là un mauvais anime à bien des égards qui ne mérite pas qu’on lui accorde de l’attention. Mais Charlotte nous fait passer un agréable moment malgré ses défauts et c’est ce qui lui donne son charme. Je suis de ceux qui apprécient Charlotte, malgré ses défauts et surtout pour ces qualités que sont le scénario initial, l’animation, la composition musicale ou certains personnages. Sans oublier l’opening et l’ending qui sont eux aussi entraînants. Libre à vous de vous en faire votre propre opinion et/ou de nous laisser votre note un peu plus bas !

      Et bien évidemment, Charlotte ne saurait passer à côté d’une histoire d’amour ! Mais cette romance, plutôt discrète, éclot au fil des épisodes, sans jamais qu’on y assiste de manière trop lourde et occasionnera quelques passages comiques. C’est d’ailleurs ce qui fait de Charlotte un bon anime : un sujet qui se veut banal mais rendu comique grâce à des pouvoirs aux limites étonnantes, de nombreux gags, des flashbacks bien réalisés ou encore quelques scènes d’action bien menées. Mais pas de quoi verser sa petite larme quand même. On oubliera juste quand le héro fonce tête baissée chez les ennemis, la double personnalité illogique ou encore le trop d’informations à avaler pour un format aussi court !


      Vous pourrez retrouver Charlotte sur Wakanim pour découvrir les aventures de Otosaka Yuu et de ce fameux BDE ! Entre romance, drame et fantastique Charlotte dévoile de beaux atours malgré ses faiblesses. Si vous l’avez suivi, n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !





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