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      Critique « Braquage à l’ancienne » de Zach Braff : Une loufoquerie sociale en demi-teinte

      On aura seulement attendu trois ans cette fois-ci avant de découvrir le troisième film d’un Zach Braff, toujours auréolé du succès public du surprenant Garden State mais plus relatif concernant Wish I Was Here. Pour son troisième film, le réalisateur explore une nouvelle fois ses thèmes de prédilection et poursuit une réflexion mi-lucide mi-fantaisiste sur les générations et sur la relativité de nos rapports en fonction des stades de la vie. Entouré d’un trio luxueux composé des monstres du cinéma que sont Morgan Freeman, Michael Caine et Alan Arkin, tous les ingrédients étaient réuni pour clore en beauté une sorte de trilogie de la génération. Hélas, même si les personnages principaux arrivent à capter une forme de bienveillance chez le spectateur qui suit avec plaisir leur projet fantasque, le manque de profondeur de ce divertissement du troisième âge est bien trop palpable pour marquer les esprits.

      Comédie du troisième âge

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      Fauchés, trois retraités décident de récupérer leur dû en braquant une banque. Remake du film Going in Style (qui conserve d’ailleurs le même titre en VO) et qui fut réalisé à l’époque Martin Brest (Le Flic de Beverly Hills) en 1979, cette version plus récente manque pourtant indéniablement de « style ». Exit les petites fulgurances des films précédents dans lesquelles se télescopaient l’insolite fantaisiste et la rationalité du réel. Cet espoir ne durera que le temps d’une introduction efficace de son braquage ultra décalé et décomplexé. Zach Braff peine ainsi à dépasser les limites du simple divertissement. C’est bien dommage car il avait de quoi reproduire avec une meilleure maîtrise ses jeux d’adresse entre les genres. Reste des dialogues mordants, quelques scènes jouissives et un trio dans la force de l’âge qu’on suit avec un plaisir non dissimulé, même si on attendait davantage qu’une simple poilade entre copains retraités.

      Braquage social

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      Toutefois, on ne niera pas que Braff nous propose un film traversée par une certaine charge sociale. Ces trois comparses sont ainsi victimes d’un système capitaliste cynique et à l’idéologie ultra utilitaire qui veut les annihiler. Les considérant déjà comme morts alors qu’ils désirent seulement jouir de la fin de leur « droit de vie », ils sont comme injustement éjectés d’un siège qu’ils avaient pourtant docilement occupé pendant des décennies. Devant le refus de plier face à ces normes un peu trop sagement intégrées, le réalisateur parvient tout de même à afficher un décalage des générations en insufflant à ces « vieux » une forme d’énergie transgressive. Tenace, le trio finit par se révéler extrêmement touchant et propose une belle imagerie de l’amitié du troisième âge. 

      Porté par un casting impeccable, Braquage à l’ancienne peine toutefois à sortir du cadre de l’anecdote, malgré un ton léger qui combine une critique sociale et un discours touchant sur une amitié indéfectible. Il manque toutefois cruellement cette bizarrerie maladroite qui faisait le sel des films précédents.

      Sortie en salles le 3 mai

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