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      Le blé en herbe, Colette

      Alors que l’adolescence est la période la plus constructive de la vie, Colette dans Le blé en herbe nous donne à voir l’été de deux amis qui vont faire l’expérience des sentiments. Un roman court qui fit scandale à sa sortie car considéré comme obscène, Le blé en herbe n’est en fait que le récit de la vie et de deux jeunes qui découvrent la sexualité.

      Adolescence et amours : deux inconstants

      Qui n’a pas vécu cet été lors de sa jeunesse où, à la découverte des sensations, était déjà venu le temps de la séduction à la plage. Vinca et Philippe sont deux enfants qui vont clore cette période de leur existence, déjà un peu ternie par l’âge lors de leurs vacances annuelles où ils se retrouvent chaque été. De camarades de jeux depuis toujours, leur relation d’abord asexuée va devenir un enjeu dont les leviers seront animés par leurs pouvoirs de séduction respectifs. Les corps changent et après cette observation, leurs mentalités également. Ils découvrent la jalousie, les sensations du désir et l’abandon final. Leur union se fait à travers une trahison : celle de Philippe qui découvre en premier la vie charnelle dans les bras d’une femme mariée. Ils comprennent alors tous deux que les relations sont plus complexes qu’ils se le figuraient. Nous avons deux tableaux différents. D’abord la vie du mariage se retrouve abimée par l’histoire de Philippe et de cette femme déjà prise : que peuvent-ils espérer des relations quand même celles solides sont en fait bancales ? Ensuite, ils voient l’amour à travers les couples de leurs parents : chamailles, confrontations et réconciliations. Désillusionnés et incompris l’un de l’autre, ils n’arrivent pas à se fixer une idée de l’amour qui aurait pu leur être insufflée par les autres. Finalement, l’amour est aussi inconstant que leurs esprits chamboulés par ce que l’adolescence fait d’eux.

      La fugacité du changement

      L’adolescence, dans toute sa complexité est transcrite en un seul été : émoi, changement, attirance, déception. Ils partagent le moment où leurs vies basculent. Vinca et Philippe finissent par vivre ensemble et à la fois séparément ce qui les conduira au passage à la vie adulte. Ce qui compte finalement ce n’est pas ce que l’on fera, mais avec qui.

      On pourrait facilement se laisser aller à relire ce passage de Si je t’oublie, Jérusalem dans « les Palmiers Sauvages » de W. Faulkner qui fait écho à l’oeuvre de Colette, où il tient les propos suivants :

      « J’étais comme en état d’éclipse. […] J’étais en dehors du temps. […] – C’est cela l’immortalité – […] Le courant du temps qui passe à travers la mémoire, qui n’existe qu’en fonction du peu de réalité […] que nous saisissons, sans quoi le temps n’existe pas. Tu sais bien : je n’étais pas. Puis je suis et le temps commence rétroactif : est, était et sera. Puis je fus et donc je ne suis pas et ce temps n’a jamais existé. C’est comme l’instant de la virginité, c’est exactement l’instant de la virginité, cet état, ce fait qui n’existe vraiment qu’à la minute où on sait qu’on le perd. »

      C’est exactement ces instants, qu’arrive à saisir et à retranscrire Colette. Poétique jeunesse où vos a priori et certitudes s’effondrent pour laisser place à l’expérimentation.

      Bref, Le blé en herbe, c’est une histoire courte que vous pourrez savourer à la plage, repensant à vos premiers amours. Qui sait ? Ce sera peut-être inspirant !

      photo : divinatix.com

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