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      Cinematic Orchestra au trianon : on y était ! Compte-rendu

      Ils ne s’étaient pas produits à Paris depuis 2011 et leur dernière réalisation date de « Ma Fleur » en 2008 : c’est dire à quel point le collectif britannique mené par Jason Swinscoe était le bienvenu dans la capitale, tout juste remise des attaques du 13 novembre. Sorti de studio après des séances d’enregistrements intenses, laissant augurer la sortie prochaine d’un album, le groupe nous fait grâce d’une mini tournée européenne en guise de mise en bouche. Et on s’est régalé.

      Cinematic Orchestra
      Cinematic Orchestra

      Après une intro de cordes toute en délicatesse, le collectif londonien (qui n’a jamais quitté sa maison de disque Ninja Tune) va pouvoir donner plus d’une heure de show à un public déjà conquis, occultant comme il peut le traumatisme du Bataclan, faisant même insolemment salle comble ce soir là. C’est avec « Burn Out« , extrait de « Everyday » sorti il y a 13 ans déjà (et oui), que le groupe va pouvoir constater que la fidélité des amateurs de leur musique jazzy, aux boucles samplés et à l’électronique discrète, voire indicible, n’a pas tari d’un iota. La présence de nombreux instruments (cordes, saxophone, percussions) fait espérer une prestation chaude et belle. Place donc à la conquête de leur nouvel album : c’est un peu une release-party avant l’heure à laquelle nous assistons, puisque les titres qui se déroulent sont inconnus pour l’instant. Rejoint par 2 chanteuses, les morceaux révèlent une tournure plus axée sur les cordes, une atmosphère moins tendue, plus homogène, plus subtile. De quoi aiguiser la curiosité des amateurs qui s’empresseront d’écouter tout ça le moment venu.

      Cinematic Orchestra
      Cinematic Orchestra

      Le groupe n’allait pas partir sans rejouer leurs fondamentaux, ces titres hors du temps, notamment 2 titres chantés à l’origine par la feu diva Fontella Bass, décédée en 2012. Ces 2 passages (extraits de « Everyday » et de « Ma Fleur »), donnent à l’écoute du CD la chair de poule, tant la tension qu’arrive à jaillir de cette voix nasillarde et intemporelle brasse toute l’imagerie de la soul et du jazz vocal des vieilles années. On parle de « Breathe« , entonné en live par la diva de ce soir, honorant le titre de manière moins tranchante, et qui va polir davantage le morceau, dans la lignée de ce que sera probablement le caractère paisible de l’album.

      C’est l’heure du rappel : il reste 15 minutes au groupe, avant l’extinction réglementaire des feux à 22h30. « Ma Fleur » toujours, avec « To build a home » : Patrick Watson, l’interprète d’origine, peut remercier la voix (et la guitare) de Larry Brown, également pressenti pour tenir l’atmosphère plus sobre de l’album. Il puise vraiment au fond de ses tripes, pour ces dernières minutes particulières. Le leader Jason Swinscoe a tenu à nous faire part de sa solidarité (voir son petit mot sur le site de Ninja Tune), alors que la fréquentation des salles de spectacles est en chute ces derniers jours. Et le groupe nous la rend bien en nous proposant un « All That You Give » (également habité par la voix de Fontella Bass dans « Everyday ») des plus applaudis, pour que le public sorte avec le jazz et la soul plein les oreilles, et que le concert déploie l’intemporalité de la musique, à travers les âges et les tragédies.

      Cinematic Orchestra
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