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      Champs-Elysées 2018 – « Contes de juillet » de Guillaume Brac : deux sympathiques petites histoires

      Plongez au cœur des aventures naïves de l’été avec Contes de juillet. Réalisé par Guillaume Brac et présenté en compétition française du Champs-Elysées Film Festival, ce film en deux parties nous offre deux tranches de vies fort sympathiques et sans prétention. 

      Partie 1 – un moment d’évasion

      Qui dit « film en deux parties » dit « critique en deux parties ». Parlons donc du premier métrage : celui-ci nous présente deux collègues profitant d’un jour de repos pour passer du temps dans une base de loisirs. Celles-ci rencontreront chacune un prince (plus ou moins) charmant et se laisseront porter par cette journée sans trop penser au lendemain. Cette histoire offre une parenthèse drôle et bienvenue dans le quotidien morose de ces deux jeunes femmes. Les dialogues sont réalistes et amusants, tout en nous faisant découvrir rapidement la personnalité de nos protagonistes. Les rencontres avec les deux garçons (un maître nageur et un escrimeur) sont particulièrement cocasses, offrant quelques situations ou blagues bien senties.

      On reprochera tout de même un côté assez prévisible à cette histoire et à son déroulement. On sait d’avance comment la relation des filles va évoluer, on sait comment leurs amours risquent de finir et on est rarement surpris par les événements. La fin de cette première partie est cependant très appréciable. Le dernier plan des deux amies sur le chemin du retour vient boucler la boucle de manière impeccable, donnant vraiment l’impression que cette journée était une parenthèse de bonheur dans leur vie. 

      Partie 2 – Difficile séduction 

      La seconde histoire se déroule principalement dans un campus étudiant et le moins que l’on puisse dire, c’est que le début est surprenant et particulièrement amusant. Après cette introduction haute en couleurs, nous commençons à suivre les aventures d’Hanne, jeune étudiante étrangère qui vit sa dernière journée à Paris. Celle-ci fera l’objet de nombreuses avances masculines, amenant même à une rivalité… 

      Mieux maîtrisée, la seconde partie de ce film nous plonge au cœur du 14 juillet à Paris, tout en nous immergeant dans le monde si particulier des résidences étudiantes. Les interactions entre les personnages sont réalistes et vraiment drôles par moment. Tout comme pour la première partie, il est facile de s’identifier à ces jeunes personnes car leurs amours estivales ressembleront forcément de près ou de loin à quelque chose que nous avons déjà vécu. Cela renforce l’identification aux personnages et par extension, l’attachement qu’on leur porte. On notera une certaine propension aux clichés, les hommes étant souvent montrés comme uniquement motivés par la séduction et les femmes comme un peu naïves. Fort heureusement, la fin vient nuancer cette image, notamment avec le personnage de Sipan et celui de Salomé. La nuance s’opère aussi via l’énervement d’Andrea contre Hanne, remettant l’égo de celle-ci à sa place.

      Contrairement à la première histoire qui offrait une parenthèse dans la vie quotidienne, cette seconde partie nous montre la fin d’un cycle, la fin d’une période de vie au sein d’un groupe d’étudiants. Il est judicieux d’avoir mis cette histoire en deuxième car cela conclut le diptyque en douceur. A-t’on dit « en douceur » ? Ce point est à nuancer, car si l’histoire des personnages se termine de manière sereine, une énorme référence aux attentats de Nice vient conclure le film, apportant une touche de noirceur à l’ensemble de cette oeuvre, pourtant placée sous le signe de l’innocence. 

      Réalisation et jeux sobres : 

      La sobriété est une des caractéristiques principales de cette oeuvre filmique. La réalisation est simple et efficace, au même titre que l’histoire et le jeu des différents acteurs. On regrettera cependant un certain manque de subtilité dans l’écriture des personnages ou dans les interactions. Si quelques échanges viennent casser le manichéisme (notamment à la fin de la deuxième partie), les personnages restent assez stéréotypés et donc prévisibles. Les acteurs incarnent cependant très correctement chacune de ces figures et sont crédibles de bout en bout. Il est d’ailleurs agréable de constater qu’au delà de leur jeu individuel, leurs interactions sont particulièrement fluides. 

      Contes de juillet offre un aperçu réaliste de la vie quotidienne et des moments un peu spéciaux que nous pouvons vivre ça et là. Une parenthèse appréciable dans le quotidien, à découvrir au Champs-Elysées Film Festival ! 

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      Robin Uzan
      Journaliste, photographe et réalisateur indépendant, écrire pour Justfocus est un de mes plus grands plaisirs. Bonne lecture !

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