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      Blues and Bullets : La fin de la paix (épisode 1)

      Dans la grande famille des jeux d’aventure interactive / graphique, comme Life is Strange ou The Walking Dead, les petits gars de A Crowd of Monsters pourraient bien trouver leur place avec le singulier Blues and Bullets. A Crowd of Monsters est un studio indépendant qui n’a à ce jour que peu de jeux à son actif (Funk of Titans et Sugar Kid), c’est donc avec l’ambitieux Blues and Bullets que la « monster team » fait son entrée dans la cour des grands. Conçu comme une « histoire en noir et blanc » se déroulant sur fond de mafia et de roman noir, en format épisodique, Blues and Bullets a débarqué le 23 juillet sur Steam au prix de 4,99 l’épisode (19,99 pour les 5) et rejoindra très prochainement le line-up des exclus Xbox One.

      Santa Esperanza, ville du vice

      Blues and Bullets met au-devant de la scène Eliot Ness, célèbre chef des Incorruptibles, qui livra une bataille sans répit, dans les années 30, à Al Capone. 20 ans après l’arrestation du gangster, Eliot coule une retraite paisible dans son restaurant. Mais la décadence et la corruption vont bon train à Santa Esperenza, les enfants commencent à disparaitre mystérieusement et la mafia elle-même pourrait bientôt sortir de l’ombre. Avec Eliot, vous devrez enquêter sur des faits accablants et prendre des décisions qui auront des conséquences sur l’histoire. C’est dans la ville fictive de Santa Esperanza que votre aventure démarre, une ville sensiblement rongée par la déchéance. C’est au restaurant d’Eliot Ness, le Blues and Bullets (sans doute l’ancêtre du Memphis Coffee) que le joueur prend tout doucement corps dans l’histoire.

      Blues and Bullets Eliot Sauce
      Vous reprendrez bien un peu de sauce ?

      Configuré pour jouer avec la manette, le jeu nécessite pour les autres de s’adapter à un clavier en QWERTY, ce qui est toujours un peu déroutant. On regrettera d’ailleurs, qu’il ne soit pas possible de toucher aux commandes mais ce petit bémol est largement rattrapé par des explications visuelles, discrètes et intuitives qui permettent une bonne adaptation. Oubliez les tutoriels lourds et pesants, tout est pensé dans Blues and Bullets pour s’intégrer dans l’histoire. Ainsi pour vous familiariser aux touches, vous devrez préparer des commandes à certains de vos clients. L’occasion de découvrir que certains détails de l’environnement peuvent être observés. Ils sont matérialisés par un œil qui apparait à mesure que vous approchez et devient de plus en plus rouge. Au fil de vos conversations avec les forces de police qui grouillent dans le restaurant et de l’arrivée d’un petit gars pas très clair, vous serez vite mis devant des décisions à prendre. Que cela soit dans le ton employé, les questions posées et les choix clefs, le joueur aura le loisir de constater qu’il a un impact dans l’histoire et sur l’Histoire.

      En rouge et noir, j’afficherai mon cœur !

      Les premières impressions et sensations sont toujours primordiales dans un jeu, et avec Blues and Bullets, l’ambiance générale est directement très accrocheuse. La totalité des graphismes sont en noir et blanc, soutenus par des détails en rouge pour attirer l’œil. Tantôt présents pour sublimer une femme, faire ressortir l’horreur de la situation ou braquer l’attention sur des objets symboliques (la cravate de Ness). Les explosions elles, seront exactement ce que l’on attend d’elles, à savoir une palette de rouge, orange et jaune, elles marquent souvent une accélération du rythme de l’histoire ou des pensées du personnage. Un choix artistique qui n’est pas s’en rappeler le film Sin City. Il faut dire que s’il traduit bien l’univers des années 50, il s’appuie sur la culture américaine mélangeant les bases classiques des comics et celles du roman noir. Pas si étonnant quand on sait que le script a été écrit par Josué Monchán, qui s’est occupé par le passé de deux autres aventures graphiques, Runaway et Yesterday. Bien entendu, dans Blues and Bullets, le style se veut réaliste, il doit coller à l’histoire à mi-chemin entre fiction et réalité.

      Une belle vue en perspective !
      Une belle vue en perspective !

      Les graphismes sont soignés, même si les mouvements des personnages sont raides et certaines textures un peu datées accusent le coup. Il n’empêche que le visage d’Eliott est plutôt bien modélisé et les jeux de lumière parfaitement au point. La bande-son fait partie des points forts du jeu et vient renforcer l’immersion, elle participe activement à l’ambiance générale. Coup de chapeau à Sonotrigger, le studio de musique ainsi que la chanteuse espagnole Izä en charge du thème principal ! Le doublage n’est pas resté en marge, puisque A Crowd of Monsters a fait appel à des experts en la matière comme Doug Cockle (Geralt, The Witcher) pour Eliot Ness. La minutie apportée au doublage devrait se poursuivre car Jules de Jongh (Faith, Mirror’s Edge) devrait enrichir le casting dans les épisodes à venir !

      L’inspecteur Ness débusquera le monstre

      Au-delà du visuel, de la bande-son et du scénario, la narration reste et demeure l’élément le plus fort et le plus marquant. Blues and Bullets a d’ailleurs remporté un Game Connection Awards 2015 dans la catégorie « Excellence in Story & StoryTelling », une récompense qui ne se dément pas. Narration que l’on doit tout d’abord aux personnages, qui disons-le clairement sont haut en couleur. Blues and Bullets fait le choix de s’inspirer de faits réels pour y distiller une part de fiction, et c’est une très bonne méthode. On sent le souci du détail dans les répliques des personnages, le ton, les décisions qui seront prises. Plus encore, le point de vue est interne, on suit les déductions d’Eliot, ses pensées. Ce qui donnera lieu d’ailleurs à un passage excellent, qui aurait pu être un générique de James Bond !

      Des maux et des lettres !
      Des maux et des lettres !

      D’ailleurs qu’on se le dise, Blues and Bullets est d’abord un point & click, mais il a l’intelligence d’alterner avec des séquences plus actives comme certains gunfights qui sont certes très dirigistes mais vous demandent un minimum de précision en peu de temps. Il y a aussi quelques QTE savamment placés, pour vous faire vivre les affrontements de l’intérieur. Outre ses changements de gameplay qui trouvent souvent une justification dans la trame narrative et scénaristique, il y a les phases d’enquêtes. Il y a un petit air de L.A Noire dans l’air, à la différence qu’ici vous n’allez pas conclure l’enquête. Non, il faudra accompagner Eliot sur une scène de crime particulièrement sordide et relever des indices avec les fameux « yeux rouges », points d’observation. Mais pas que ! Vous récoltez des indices pour remplir un panorama sur les motivations du tueur en glissant la bonne photo au bon endroit. Rien de bien compliqué dans le fond, mais suffisamment bien pensé pour qu’on se sente inspecteur de premier ordre. Les points d’intérêts matérialisés par des yeux rouges, nécessitent d’être suffisamment prêt pour apparaitre et grossir. Ils paraitront très simples à trouver, et pourtant, il se pourrait bien que vous en loupiez un ou deux lors de votre première partie. C’est exactement mon cas, ma barre est remplie à 84 sur 85 pour avoir le succès Steam. La durée de vie pour ce premier épisode va osciller entre 2 et 3h en fonction de votre progression, et la rejouabilité est bien réelle puisque vous pouvez prendre des choix bien différents de votre première partie. Chaque choix clef pris est d’ailleurs marqué par une bande rouge discrète avec « vous avez fait votre choix », autant dire qu’au moment où vous prenez votre décision, vous ne savez pas encore quelle conséquence elle aura, et si cela s’avère crucial ou non. C’est le principe dans la vraie vie. Il faudra attendre les 4 autres épisodes pour se faire une idée générale. D’ailleurs il est appréciable de trouver à la fin du niveau un récapitulatif sur votre comportement et vos choix !

      Blues and Bullets comportement

      Blues and Bullets est totalement passé inaperçu à sa sortie, restant dans l’ombre d’autres jeux épisodiques comme Life is Strange et pourtant… avec les bases que pose A Crowd of Monsters et les ambitions qui sont les siennes, Blues and Bullets pourrait s’avérer un jeu prometteur. Certes un peu en dessous de certaines productions actuelles, techniquement parlant, le jeu se rattrape pourtant avec une flopée d’arguments. Et ils sont nombreux : la narration, le scénario, l’ambiance générale très bien servie par une esthétique en noir blanc rouge et une bande-son de qualité. Il faut souhaiter et espérer que les autres épisodes soient à la hauteur ! Cela va être très long d’attendre la suite, surtout après un cliffhanger haletant. 

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