More
    More
      Array

      Björk sort son dernier album « Vulnicura »

      La star islandaise revient dans un sublime album dont la couleur ressemble aux ingrédients qui faisaient mouche à la fin des années 90.

      Björk et son image d’égérie pop islandaise, pays qui a tout d’une grande musique : une île (on joue et chante beaucoup dans les îles : britanniques ou jamaïcains ont fait avancer leur histoire à travers la musique), des territoires tout aussi dénudés que sonores (geyser, volcans, vents et neige), l’enseignement de l’art musical inscrit dans la Constitution (tout le monde sait jouer en Islande), et j’en passe.

      Bjork sera à la prochaine édition de la Route du Rock
      Bjork sera à la prochaine édition de la Route du Rock

      L’Islande a un ratio disques vendus par habitant impressionnant (ex-aequo avec la Jamaïque), on lui doit Björk et ses Sugarcubes, Gus Gus, Sigur Rós, Múm, Emiliana Torrini dans un registre plus pop. Bjork est quand même celle qui a remué toute cette scène très confidentielle à la fin des années 1980, celle d’une Islande restée hors du temps sur bien des aspects, et dont on apprécie l’intégrité et la constance de leur communion avec la nature. Elle compose donc avec des épaules larges de 3 décennies de carrière au chemin artistique sinueux, de la révélation « club / house » de « Debut » (1993) jusqu’aux recherches poussées du son de la nature dans la musique concrète de Biophilia (2011, les amateurs de logique mélodieuse apprécieront moins, mais qui a dit que Bjork était logique?).

      Et ce « Vulnicura » alors? Impossible d’en parler sans évoquer la vénérable ascension de Björk au statut de grande poétesse du chant et du son, dans le très post-moderne « Homogenic » de 1997. Car d’ascension, en 2015, Bjork en avait besoin (encore), après une dernière décennie (voire plus) où elle n’a pas marqué les esprits ni n’a connu le succès (et ce parfois à tort). Et sur « Stonemilk« , elle grimpe avec la même superbe que dans le titre « Jöga » de l’époque, même voix, mêmes arrangements de cordes, même boites à rythmes, celles-là que Björk parvient à marier avec sa grâce vocale qui la caractérise toujours autant, sans l’agresser.

      On doit écouter « Vulnicura » étourdi, pour se rendre compte de la grandeur de l’album. Elle se révèle sans faire exprès, dans des titres aux caractères indicibles et pluriels. Ces titres qui sonnent joyeux à un moment, plus inquiétants à un autre, la familiarité de sa voix aidant à accepter paisiblement ses tergiversations. Björk, qui n’arrive pas à se décider si un morceau est calme, triste ou euphorique (« Lionsong« , le lancinant et splendide « Black Lake« ), se livre à nouveau à une mise à nue, comme un retour aux splendeurs enfantines, à la candeur de ses débuts. Et toujours cet accent islandais qui rappelle les signes ancestraux que son peuple porte naturellement en lui sans vouloir même le revendiquer. Ces disques qui font aller l’esprit vers là où il ne s’y attend pas et où il s’y plait sont de grands disques.

      0

      LAISSER UN COMMENTAIRE

      S'il vous plaît entrez votre commentaire!
      S'il vous plaît entrez votre nom ici

      Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.