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      Apotheon : les dieux n’ont qu’à bien se tenir (TEST)

      Décembre 2014, la boutique de Steam annonçait un nouveau jeu Alientrap pour janvier 2015. Un certain Apotheon, tout en anglais, avec un Trailer qui suscitait la curiosité. A l’heure des blockbusters AAA qui ne jurent que par les graphismes, Apotheon faisait le pari d’une esthétique en 2D illustrant son contenu. Simple coup de pub ou réel projet de jeu ?

      Zéro en héros, illico

      Les dieux grecs se sont détournés des hommes, l’humanité est en péril. Un nouvel Hercule doit s’élever et accomplir les 12 travaux. C’est donc tout logiquement que vous incarnez… un sombre inconnu. Pas de Persée, d’Ulysse ou d’Achille, non, Apotheon veille à garder une certaine logique dans l’utilisation des mythes grecs. C’est pourquoi, le fer de lance dans la lutte des hommes, sera Nikandreos. Présent à la destruction de son village, Nikandreos cherche des réponses qu’il obtient auprès d’Héra, puissante femme de Zeus. Il devient son nouveau poulain et doit récupérer le pouvoir de chaque divin. La grande histoire des 13 Olympiens de Nikandreos commence…

      L'heure est grave, l'humanité compte sur vous !
      L’heure est grave, l’humanité compte sur vous !

      Apotheon ne se veut pas novateur dans son histoire, la mythologie ne l’est que rarement d’ailleurs. Mais il se démarque en proposant une esthétique inspirée de l’art grec notamment de ses céramiques. Les décors, personnages et animaux semblent directement surgir des amphores grecques. Le style pourra en rebuter plus d’un. Que l’on aime ou non, il faut admettre que la direction artistique d’Apotheon n’a pas chaumé. Le noir des éléments du premier plan contraste souvent avec des couleurs plus vives ou entières du second plan, comme le bleu pour la mer, le rouge du sang ou encore le vert de la forêt. Certains crieront au « minimalisme » et à un style trop géométrique, mais c’est le parti pris d’Apotheon. Il n’en sert que mieux son propos. Il vaut mieux un jeu avec un design particulier mais de la profondeur, qu’un jeu visuellement bluffant, mais totalement vide…

      C’est géant, Nikan dans le vent !

      Apotheon est avant tout un jeu d’action à résonance RPG, qui fait la part belle aux combats. Le joueur est totalement libre d’aller au corps-à-corps, à distance, d’utiliser des pièges ou des potions pour prendre l’ascendant sur ses adversaires. Les armes ont une durée de vie limitée. Si vous jouez essentiellement à la Sarissa ou à l’épée, vous serez vite dans la nécessité de vous équiper autrement ou de revenir au marchand. Cela rend le joueur plus polyvalent et pousse chacun à sortir de ses habitudes. S’il y a bien un point sur lequel on ne peut pas attaquer le jeu, c’est la variété des armes : il existe 33 armes de mêlée, plusieurs boucliers spécifiques et une bonne quinzaine d’armes à distance. Chacune a sa propre portée, efficacité et faiblesse. Vous pourrez compter aussi sur le feu grec, les pièges à loups, l’ancêtre des tourelles mobiles et plus encore.

      Il n'y a que l'embarras du choix !
      Il n’y a que l’embarras du choix !

      Nikandreos doit faire attention à sa barre d’endurance quand il se bat. Plus vous donnez des coups, et moins vous serez apte à durer. Il faut donc être vigilant, efficace et savoir être mobile. Le bouclier sera un allié de taille pour parer les coups, à condition de savoir bien se placer. Apotheon est exigeant, il ne fait pas dans la dentelle et peut s’avérer frustrant. Tous vos coups n’aboutissent pas, vos adversaires eux sauront mettre dans le mile et pour en rajouter une couche, ils peuvent vous prendre parfaitement à revers en sautant tels des Renaud Lavillenie. Les canidés et les poissons sont les pires dans ce domaine, vous les loupez mais pas eux avec leurs coups de mâchoire dignes d’un requin blanc. Apotheon aurait presque l’art de nous rendre les animaux antipathiques. Ce manque de justesse dans les combats est soit une volonté affirmée par Apotheon de retranscrire une dimension d’époque, que l’on ressent jusque dans les récits d’Homère… Ou une maladresse de Gameplay assez désagréable. Dans les deux cas, certains combats feront jurer, n’en déplaise aux dieux ! Dans l’ensemble, on prend plaisir à pénétrer les chairs, à tirer à l’arc, à invoquer des squelettes ou faire exploser des flacons. Les potions sont d’ailleurs plus traditionnelles, mais toujours respectueuses de l’ambiance mythologique. Le joueur pourra compter sur des élixirs pour lui donner plus de vitesse d’endurance, le rendre invincible ou même invisible et le nectar lui rendra sa vie.

      Nikandreos aux pieds ailés est agile, il est capable de bondir en combat, d’escalader monts et montages… Et pourtant ! Quelle prouesse parfois doit-il accomplir pour monter et descendre un simple étage. La rigidité de ses déplacements peut être agaçante au clavier / souris, ce qui s’avère fort pénalisant lorsque notre héros doit sortir victorieux des épreuves de vitesse (Mention spéciale pour Hadès et Dionysos…). Notons ensuite l’impossibilité de vendre les objets collectés. C’est bien dommage, cette petite option permettrait de faire du tri dans l’équipement, à force de fouiller les coffres et d’acheter aux marchands, on se retrouve avec des pièces d’armures désuètes et inutilisables. Plus encore, vendre serait l’occasion de se faire un peu d’argent. Il faut surement voir là une volonté revendiquée de pousser le joueur à l’exploration. Pour gagner des pièces, sans revente, il faut donc se tourner sur les maisons à visiter, les ennemis à décimer et les éléments du décor à détruire. Heureusement, l’inventaire a une capacité, pratiquement infinie. Nikandreos doit posséder le pouvoir de réduire les objets pour en transporter autant dans une tenue guerrière peu propice à l’accumulation. Un pouvoir emprunté à Circé, nous n’en doutons pas !

      Pour s’offrir la Grèce et ses merveilles

      Apotheon excelle dans la variété de ce qu’il propose. Chaque Olympien dispose de son propre monde. Et ce qu’il vous sera demandé de faire sera sensiblement différent. Il faudra convaincre par la force certains dieux, répondre aux requêtes des autres pour qu’il vous aide ou entrer en pure confrontation avec les récalcitrants. On passe ainsi de phases de plateforme, à des combats de boss, en passant par de la navigation sous forme de plateau, à la chevauchée, aux énigmes et jeu d’adresse (mention au monde d’Athéna, purement dans la lignée de la grande déesse aux yeux pers), à des courses de vitesse… Il y a même une part d’infiltration si vous désirez ouvrir des portes sans rameuter toute la sécurité ! Outre la trame principale, Apotheon propose de nombreux objectifs annexes. A la différence de nombreux jeux, il fait le choix de ne pas tenir un journal de quêtes. Ainsi, si les objectifs principaux sont signalés sur la carte principale, les objectifs annexes n’en deviennent que si vous faites l’effort d’explorer. Qu’on se le dise, bien souvent, ce sont des notes que vous trouverez qui vous pousseront ou non à explorer. S’ajoute à cela un craft simple et efficace, disponible à n’importe quel moment. Pour enrichir vos recettes et terminer vos potions, il sera de bon ton de partir à l’exploration. Apotheon possède une large étendue où il est plaisant de fouiller chaque recoin pour essayer de dénicher des coffres, des armes uniques, des notes, des portes fermées… Pour terminer le jeu en explorant,  prenant le temps de tout découvrir par moi-même, et en faisant les trophées Steam, il m’a fallu 17H de jeu. Une durée de vie relativement longue pour un jeu aussi modeste. Il ne coutait qu’une quinzaine d’euros pour les PCistes et était offert pour les détenteurs d’une PS4, ce qui est plus qu’honorable. Une fois le jeu terminé, vous débloquez la difficulté Olympienne et disposez d’un Versus local pour étoffer l’expérience.

      Sous l'océan... Nikandreos mène le tempo !
      Sous l’océan… Nikandreos mène le tempo !

      Pour parfaire la balade dans cette Grèce d’un autre temps, les joueurs peuvent compter sur une bande-son impeccable. Les musiques traduisent la portée épique de l’aventure de Nikandreos (King of the Gods, Apollo’s Palace, March from Hades) le mystère de certains lieux (In the Forests of Olympus, Hades Underworld) et plus généralement une musique d’ambiance qui respire les cordes, le soleil et les Olives (Trojan Shores). On ne peut qu’inciter les gens à aller écouter la totalité de l’OST d’Apotheon, c’est une véritable réussite, qui participe à la beauté du jeu.

      Apotheon, grand seigneur, pas du tout crâneur !

      Quand la forme se met au service du propos… Une devise qu’Apotheon a bien comprise. Fier de son esthétique courageuse, le jeu fait revivre l’âge du Bronze et incarne avec force la mythologie grecque, ainsi que l’ascension épique d’un héros. Apotheon n’est pas exempt de défauts, la rigidité de certains mouvements et leur manque de justesse sont autant d’épreuves que le jeu nous impose aux moments les plus critiques. Fort heureusement, ce défaut n’est pas récurent et ne nuit aucunement à l’immersion. Car Apotheon a des richesses à revendre : une bande son brillante, un monde vaste à découvrir et une pléthore d’armes à manipuler pour pimenter les combats.

      Apotheon est à l’image d’un mythe : attendu, avec des épreuves mais gratifiant.

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