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      Annecy 2018 – « The Tower » de Mats Grorud (hors compétition) : une histoire de famille

      Mats Grorud présente son premier film cette semaine à Annecy, The Tower, qui raconte comment Wardi, jeune palestinienne de onze ans née dans les camps de réfugiés, va apprendre l’évolution de son pays à travers les histoires narrées par sa famille. La ligne temporelle commence en 1948 et se conclue aujourd’hui. Centré sur le conflit israélo-palestinien, The Tower est un premier film précis et touchant.

       

      Double animation pour double axe temporel

      L’intelligence de Mats Grorud passe avant tout dans son animation. Une double approche qui offre un plaisir pour les yeux. Le présent est réalisé par des marionnettes animées en stop-motion. Un véritable travail de fabrication dans les marionnettes, qui rappelle le travail chirurgical de Wes Anderson.

      Les décors sont somptueux et Mats Grorud parvient à donner une véritable identité à l’atmosphère de Kaboul. Le jeune cinéaste y a vécu un temps et s’est familiarisé avec la région et ses habitants. Wardi déambule dans les ruelles et sur les toits de sa ville, permettant au cinéaste de mettre en avant ses décors superbes. Les animations qui concernent le passé sont réalisées en 2D. Des dessins plus rudimentaires qui reflètent les souvenirs, plus flous que le réel. La jeune fille va monter au fur et à mesure de l’histoire toujours plus haut sur sa tour, pour parler au maximum de personne. Un voyage historique donc, mais aussi initiatique.

       

      Un ressort générationnel très bien amené

      Pour raconter l’histoire de la Palestine, Mats Grorud utilise les souvenirs de ses personnages, dont celui de Sidi, l’arrière-grand-père gaga de son arrière-petite-fille. Wardi va parler aux différentes générations qui la précèdent : sa grande sœur, sa tante, son grand-père et son arrière-grand-père. Chaque personnage apporte un nouveau pan de l’histoire palestinienne. Différentes époques, différents souvenirs, différentes prises de position. Avec cette approche, Mats Grorud confronte l’individualisme à la nation, le petit au tout. Il met en corrélation le sentiment personnel de la réalité qui entoure face aux faits concrets. C’est le ressenti de chacun qui raconte l’histoire, la subtilité, la sensibilité. Wardi, en plus d’apprendre l’histoire de son pays, en apprend également beaucoup plus sur ses proches, sur leurs motivations, leurs regrets, ou au contraire leurs fiertés. Les ressorts émotionnels fonctionnent à la perfection grâce à cette dimension mémorielle. Les générations s’enchaînent, des vies personnelles s’éteignent, mais l’histoire de la Jordanie ne s’arrêtera pas. Wardi a également peur du temps qui passe, et surtout de voir son arrière-grand-père mourir. Cette apprentissage de l’histoire est également manifesté par cette tour, qui représente le chemin de la compréhension pour Wardi. Plus elle monte, plus elle apprend de ses proches, plus elle comprend la vie.

      Un film d’animation touchant, à la technique superbe, qui met en parallèle existence personnelle et évolution d’une nation, à travers les souvenirs des personnages.

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