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      La saison des prix littéraires 2016

      Ça y est, ils sont tous tombés, et la saison des prix littéraires s’achève finalement ! Au programme, un grand cru pour 2016, avec de nombreux auteurs reconnus pour leurs œuvres.

      Si vous êtes un peu élitistes, que vous ne souhaitez vous cultiver qu’avec la crème de la crème de la littérature, ou tout simplement briller en société, alors cet article est pour vous !

       

      Si vous êtes plutôt roman social

      Serge Joncour arepose toi sur moi été récompensé par le prix Interallié pour son roman « Repose-toi sur moi », paru fin août chez Flammarion. Le prix Interallié a, théoriquement, vocation à distinguer un écrivain-journaliste. La solitude du provincial monté à Paris occupe une place importante dans ce roman. En effet, Ludovic est un veuf, agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes. C’est aussi un être seul perdu dans une ville trop grande, où il ne connaît personne. Jusqu’au jour où, par hasard, il croise l’une de ses voisines, Aurore Dessage, styliste mère de deux enfants. Rencontre improbable entre deux êtres que tout oppose en apparence. On n’attendait pas Joncour dans un style aussi personnel. Un très beau roman social.

      « Quitter c’est se redonner vie à soi, mais c’est aussi redonner vie à l’autre, quitter c’est redonner vie à plein de gens, c’est pour ça que les hommes en sont incapables, donner la vie est une chose qu’ils ne savent pas faire. »

       

      Un roman secret    Comment Baptiste est mort

      Le prix Décembre a été remis à Alain Blottière pour son roman on-ne-peut-plus-actuel sur le djihadisme intitulé « Comment Baptiste est mort », publié par Gallimard, en début d’année. Enlevé dans le désert par un groupe de djihadistes avec ses parents et ses frères, Baptiste, après plusieurs semaines de captivité, est le seul à être libéré. Ponctué d’hésitations, de silences, son débriefing laisse apparaître des zones d’ombre, des secrets qu’il tient à garder. Cette récompense est amplement méritée, puisqu’avec des bribes de mots, Alain Blottière parvient à nous faire rentrer dans la tête d’un ado qui vit un enlèvement et une manipulation spirituelle qu’il confie au lecteur dans un récit qui prend très vite l’allure d’un secret.

      « Ils ne m’ont pas libéré, ils m’ont enchainé par quelque chose d’invisible »

      Et Alain Blottière a ce talent de réaliser l’indicible.

       

      Une femme pour le Goncourt 

      En ce qui concerne le prestigieux prix Goncourt, c’est la Franco-Marocaine Chanson douce
      Leïla Slimani qui s’est vu remerciée pour son deuxième roman « Chanson douce », paru lui aussi chez Gallimard. Une jeune auteure au talent prometteur, donc. Elle devient ainsi la 12e femme à décrocher le Graal depuis la création du prix (il y a tout de même 113 ans !). Son roman, qu’on peut également qualifier de roman social, retrace un fait divers mettant en scène Paul et Myriam d’un côté, un couple accaparé par leur carrière professionnelle, et de l’autre Louise, la nounou de leurs enfants Mila et Adam. Si au départ, elle semble parfaite pour accomplir son rôle, très vite, les choses vont se corser.
      Et la nouvelle est tombée ce jeudi 17 novembre 2016; pour le Goncourt des lycéens, c’est Gaël Faye qui rafle le prix avec son joli roman Petit Pays. On vous en parlait lors de la rentrée littéraire de septembre.

       

      Enfin un prix pour Yasmina Reza ! Babylone

      Le prix Renaudot 2016 a été décerné à la célèbre dramaturge Yasmina Reza pour son polar décalé « Babylone », publié aux éditions Flammarion à la fin du mois d’août. Elisabeth, parisienne, décide d’organiser chez elle une « fête de printemps » à laquelle elle convie ses voisins, Jean-Lino et sa femme, Lydie. La soirée est une réussite, mais quelques temps après le départ des invités, la sonnette retentit ; c’est à nouveau Jean-Lino, qui vient de tuer sa femme. Et c’est en ça que réside tout le talent de Yasmina Reza, qui traite avec une certaine désinvolture le crime et le polar, dans une ambiance Vaudeville. Le Renaudot essai a lui été attribué à Aude Lancelin pour Le monde libre (éditions Les Liens qui libèrent).

       

      2016 : la saison des femmes 

      le dernier des nôtres

      Souvent boudées lors des remises de prix, cette année les femmes écrivains sont à l’honneur. 
      En effet, le Grand prix du roman de l’Académie française a été décerné cette saison à Adélaïde de Clermont-Tonnerre pour son roman « Le Dernier des nôtres » paru chez Grasset. Le récit nous fait suivre en parallèle, la rencontre à New York dans les années 70, de Werner et Rebecca, et l’histoire de la naissance à Dresde en Allemagne nazi de Werner. Il s’agit donc à la fois d’un roman qu’on pourrait qualifier d’historique, mais l’histoire d’amour reste l’intrigue principale. Bien que rédigé par une normalienne, il s’agit probablement du roman le plus « léger » de notre sélection.

       

      Une histoire vraie saluée par le Médicis 

      Le prix Médicis a pour réputation de récompenser des auteurs qui s’affranchissent Laëtitia
      des définitions admises du genre romanesque. « Laëtitia ou la fin des hommes », une enquête menée par Ivan Jablonka, a été publiée par les éditions du Seuil dans la collection sciences humaines. C’est lui qui rafle ce superbe prix pour la saison 2016. Salué par de nombreux critiquesIvan Jablonka a déjà reçu le Prix littéraire du Monde 2016 et le Prix Transfuge du meilleur essai 2016. Professeur d’histoire, Ivan Jablonka revient méthodiquement sur la vie et les conditions de l’enlèvement et du meurtre de Laëtitia Perrais, âgée de 18 ans au moment des faits. Il propose d’étudier le fait divers comme un objet d’histoire, et la vie de Laëtitia comme un fait social. Car, dès sa plus jeune enfance, Laëtitia a été maltraitée, accoutumée à vivre dans la peur, et ce parcours de violences éclaire à la fois sa fin tragique et notre société tout entière : un monde où les femmes se font harceler, frapper, violer, tuer.
      Pour le Médicis étranger, cette saison c’est Steve Sem-Sandberg qui l’emporte avec Les Élus, publié aux éditions Robert Laffont. Quant au Médicis Essai, il a été attribué à Jacques Henric pour Boxe.

       

      Retour à la vie sauvage 

      Enfin, pour terminer en beauté la saison des prix littéraires, Les garçonnous vous proposons de découvrir « Le Garçon » publié aux éditions Zulma. Marcus Malte (un pseudonyme) y réécrit le mythe de l’enfant sauvage qui parvient à la civilisation et décroche le prix Femina. Ce garçon, sans nom, qui ne parle pas, découvre la vie en communauté, les autres, et même l’amour. Voici une formidable aventure humaine, dépeinte grâce à une écriture intense et poétique, qui offre au récit toute son ampleur et sa force, en y insufflant une dimension universelle.
      Pour le Femina étranger, saluons Rabih Alameddine et ses Vies de papiers, paru aux éditions Les Escales.
      En ce qui concerne le prix Femina essai, c’est Ghislaine Dunant qui l’emporte pour Charlotte Delbo, la vie retrouvée, publié chez Grasset.

       

       

      Nous espérons que cette longue liste de romans salués par la critique inspirera votre prochaine expédition chez votre libraire !

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