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      Tricky à l’Élysée Montmartre : un concert en demi-teinte

      Adrian Thaws, connu sous le nom de scène de Tricky, est en tournée suite à la sortie en septembre de son 13ème album sur le label False Idols / !K7, Ununiform. Vendredi, il était sur la scène de l’Élysée Montmartre à Paris.

      Il semble droit sorti d’une salle de sport lorsqu’il monte sur scène, Tricky. Pantalon « Krav maga », débardeur et corps anguleux. L’introduction du concert se fera sans un mot, dos à l’audience.  Les photographes sont dans l’attente et le public aussi. L’ambiance visuelle est sombre, à l’image de son dernier album, même si Tricky s’en défend. Car depuis son mémorable, audacieux et sombre Maxinquaye (du nom de sa mère Maxine Quaye, retrouvée suicidée alors qu’il n’avait que 4 ans) sorti il y a 22 ans, après qu’il a quitté Massive Attack, la bristolien n’a jamais fait dans la musique enjouée, mais plutôt morbide et embrumée. Il exhale une fumée épaisse avant de prendre la parole.

       

      D’un album en demi-teinte…

      Ununiform avait quelque peu désarçonné la critique. Depuis sa sortie, les commentaires y ont vu tantôt un retour aux origines envoûtant avec une large place consacrée à des beats lents façon Massive Attack (avec la notable participation de son ex-compagne et membre du groupe, Martina Topley-Bird, absente depuis 14 ans de ses compositions), tantôt une collection de morceaux inégaux et laissant sur sa faim. Par dessus tout, c’est le recours massif du bristolien à des featurings (avec Francesca Belmonte, Asia Argento, Scriptonite, Tati, Mina Rose, Terra Lopes, Avalon Lurks, Smoky Mo), notamment russes, dans 10 morceaux sur les 13 que contient l’album, qui ont été la principale surprise. Avec une telle diversité d’accompagnement, et bien qu’on ait retrouvé l’ambiance sombre du compositeur annoncée dès l’introduction (Obia intro), l’ensemble oscille entre expérimentations faites de rythmiques hip hop et de ballades personnelles avec The Only Way, servie par de belles envolées accompagnées au clavier et à la guitare.

       

       

      … à une prestation scénique du même ordre

      Ça aura été probablement la difficulté qui aura pesé sur le concert : restituer une diversité avec des accompagnements limités en live. La surprise de l’album l’aura alors été moins sur la scène de l’Élysée Montmartre, dans la mesure où seuls un guitariste et une vocaliste accompagnaient le chanteur. La présence (et l’absence en concert) par exemple sur le disque de Scriptonite, rappeur kazakh mouvementé apparaissant sur It’s Your Day et Blood Of My Blood (deux morceaux parmi les plus incisifs du disque) n’aura pas véritablement été compensées. À côté des nouveautés présentes sur le dernier disque, on aura entendu des reprises d’anciens, comme My Palestine girl, issu de son album éponyme de 2014, Adrian Thaws. Comme pour souligner son « retour aux origines », il aura repris par allusion dans ses paroles des références à Karma coma de Massive Attack. Mais l’absence de nouveautés et de partenaires aura encore été moins contrebalancée par une gestion du son dans laquelle la voix de Tricky aura parfois été totalement dominée par les instruments (mais alors aurait-il fallu distribuer à l’entrée des bouchons d’oreilles). Il se sera souvent exténué, presque, sans parvenir à reprendre le dessus.

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