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      Time Machine-Bref Historique Du Rap américain au Féminin Chapitre 1 : Les pionnières


      Ces dernières semaines ont été difficiles pour Iggy Azalea. En effet, sa tournée annulée, on ne peut accuser que le négatif généré par ses récentes prises de bec ayant fait l’essentiel de son actualité. Se faire moquer par Snoop Dogg, se prendre un cours de sociologie et d’histoire afro américaine par Qtip, essuyer les piques subliminales de Nicki Minaj et les attaques de Azealia Banks, le discrédit de Rah Diggah, le tweet assassin de Britney Spears : on continue ? Tous ces événements prouvent qu’il faut avoir un cuir à toute épreuve ainsi qu’un gros sac de réparti pour faire sa place dans le milieu du rap.

      Beaucoup semblent pointer du doigt le fait qu’elle soit blanche, et accusent le white bashing. C’est une chose très facile. Le hip hop ne demande à avoir que ça : une puissante lyriciste, une version féminine d’Eminem, Everlast ou autres Machine Gun Kelly. On voudrait pouvoir hocher la tête sur un bon son, sans avoir à se demander « est-ce qu’elle écrit ses lyrics ? » Cela souligne sans doute un problème et un besoin sous jacent : on ne peut pas venir de nulle part, se revendiquer d’une culture profondément black, en emprunter les codes, vendre son « swagg » et être aussi insolent tout en étant accusé d’imposture et d’avoir recours au Ghost Writing. Et oui, le rap se modernise, fusionne, s’adapte mais il ne perd pas le Nord….et la culture de la rue ne supporte pas, ou peu, l’escroquerie à grande échelle. Vanilla Ice ou les Milli Vanilli pourront vous en parler.

      Puis qui vous a dit que le Hip Hop féminin se résumait à Nicki Minaj et Iggy ? Bien sûr, on peut vous parler de Tink, de Angel Haze, de rappeuses blanches comme Krayshawn et Lil’Debbie ou encore Azealia Banks dans un style plus expérimental. Il semble aussi que certaines aient cru être arrivées en terrain conquis. Depuis l’avènement de Lil’kim, beaucoup se sont imaginées qu’il suffisait de rapper en string pour gagner le trône. Erreur monumentale. Même si le talent est là, on perd néanmoins deux valeurs : le respect des aînés (comme dirait Alliance Ethnique) et le respect du hardcore.

      Comme de respectueux mélomanes que nous sommes, nous faisons le choix de nous souvenir respectueusement de celles qui ont pavé le chemin de ces dernières. Pour le plus grand bonheur des générations plus ou moins anciennes et des jeunes curieux, nous allons les (re)partager avec vous, en 3 Chapitres hebdomadaires. A vous de juger ensuite : « Qui est la plus Grande ? » De toutes les coasts, de toutes les vibes, il ne manquait ni flow, ni attitude, ni beats, ni clash, de la puissance en veux-tu ? En voilà ! Rendez-vous service : Augmentez le Volume ou mettez vos meilleurs écouteurs pour apprècier le son au maximum, vous allez passer un bon moment. Time Machine : Action !!!

      1/ Roxanne Shante «Go on girl» (1989) C’est peut-être bien la toute première rappeuse à avoir bénéficié d’une médiatisation. Elle avait tout juste 14 ans et rappait le Queens. Très belliqueuse, elle arrive à convaincre l’influent rappeur/producteur de légende Marley Marl de la prendre sous son aile. En 1986, « Roxanne’s revenge » est le premier disque de Clash enregistré par une fille. Elle décroche par la suite des featurings avec des stars du rap des 80’s comme Biz Markie et rappe sur des beats à la Public Enemy. Elle revient très injurieuse en 1993 pour rappeler qu’elle a donnée naissance a la génération postérieure : Mc Lyte ou Queen Latifah. Ces dernières, plus sages, préfèrent mettre en avant l’unité prônée par la Nation Zulu d’Afrika Bambaata. Son retour remporte un succès d’estime mais laisse place à une nouvelle génération déjà trop bien établie. Elle apparaît aujourd’hui dans certains battles de rap comme juge d’honneur et avec son nom écrit sur le marbre de l’histoire du Rap Féminin.

      2/Cookie Crew «Born this way» (1989) Très étrangement, c’est un duo de sud-londoniennes qui a eu une très grande influence sur les générations de rappeuses postérieures. Queen Latifah ou Lil’kim les nomme volontiers, et avec nostalgie, dans leurs influences. La carrière de ce duo dans l’industrie du rap fut courte, mais deux titres ont suffi à marquer au fer rouge le rap féminin et à l’impulser dans la direction qu’il a suivie. 3/ Salt-n-Pepa « Let’s talk about sex» (1990) C’est le 1er duo de rappeuses a avoir conquis le monde avec ce titre, et a contribué, avec TLC, à démocratiser le sexe de manière positive et fun auprès du grand public. L’autre gros succès fut « Whatta Man », en featuring avec En Vogue, plus ciblé pour le public black dans une industrie rap qui défend sa culture à part entière et qui voit encore d’un mauvais œil le mainstream à outrance. Ce groupe au concept cool et fun est une référence pour la gente féminine du rap, pour qui l’expansion internationale a été prise pour modèle. 4/ Monie love « It’s A Shame » (1990) C’est un nom qui reviendra souvent dans la bouche des anciens. Membres des Native Tongues avec de la Soul, A Tribe Called Quest et Queen Latifah, cette rappeuse anglaise réussit à décrocher un hit mondial avec ce titre, tout en gardant un pied dans l’underground. A l’époque, les sonorités groove soul, à l’instar d’Urban Species et d’Arrested Development ont le vent en poupe. Maligne et réactive, elle surfe sur la vague et accède au panthéon des classiques du Rap. 5/ Heather B «I get wreck» (1992) C’est l’une des rappeuses new-yorkaises les plus respectées mais est assez humble pour ne pas exiger le respect qui lui est pourtant dû. Des collaborations avec M.O.P, Dj Premier, Pete Rock, un vrai franc-parler et un flow qui équivaut à une bonne bouteille de vieux Whisky rare gardé jalousement dans une cave de collectionneur. Sa carrière fut courte mais très honorable, elle anime désormais des émissions radio sur le rap au côté de Sway dans « Sway in the morning » et interview les rappeurs et les stars de RnB en vogue. 6/ Boss « Progress of elimination » (1993) Sensation Gansta Rap féminine de 1993 dans une époque dominée par les NWA et les Dogg Pound, son album « Born Gangstaz » lui aura suffi pour traumatiser toute une génération avec des prods de Dj Quick et le support de Russel Simon du label DEF JAM. Seul hic : il a été révélé qu’elle avait fait toute sa scolarité dans une école privée catholique aisée et chez les puristes Gangsta, ça ne passe pas… Toute street credibility perdue, elle ne réussira pas à revenir mais marque néanmoins une époque en nous laissant un classique. « Recipe of a hoe », « deeper » sont des perles. 7/Yoyo feat Patra « Romantic Call » (1993) Avant Biggie et Lil’kim, il y avait Ice Cube et Yoyo. Pas aussi productif que le duo légendaire de Junior Mafia, cette collaboration a été un tremplin pour sa carrière, et si ce dernier n’a pas réussi à porter la rappeuse à l’international, sa carrière fut un socle pour les artistes féminines à venir. Ce duo génial avec la star du dancehall Patra « Romantic Call » est encore une pure merveille de l’éphemère mouvement Hip-hop Ragga. Son nom reste une référence du Gangsta Rap féminin, qui se revendique « Bitch with attitude ». 8/ Queen Latifah « U.N.I.T.Y »(1993 ) Présentatrice, chanteuse de Jazz ou Actrice, on énumère pourtant que très vaguement son passé d’éminente rappeuse. De son vrai nom Dana Owens, son concept de reine africaine en fait une Afrika Bambaata au féminin avec des messages politiques engagés qu’elle met en avant. Son rôle de lesbienne ultra agressive dans le mémorable Set If Off aux côtés de Jade Pinkett et Vivica Fox nous met la puce à l’oreille quant à son homosexualité qu’elle assume aujourd’hui. Son succès est un bon indicateur de l’évolution des mentalités puristes et homophobes (en même temps, c’est vrai qu’il est difficile de perdre en crédit quand on se fait arrêter pour port d’arme et de marijuana, homo ou pas). La prod de Kay Gee (Naughty by Nature) sur ce titre féministe lui permet de remporter un Grammy Award et rend encore nostalgique de ces sonorités jazzy hardcore. 9/ Lady Of Rage « Afropuffs » (1994) C’est après avoir écouté un premier album sous le nom de Rockin’Robin que Dr Dre va rebaptiser la jeune Robyn Michelle sous le nom The Lady of Rage. Il la laissera ensuite poser sur l’album qui deviendra le pilier de sa carrière, et du Rap en général : « The Chronic ». Elle pose également aux côtés de Snoop Dogg et The Doung Pound, normal… Elle est la valeur ajoutée féminine qui intronisera l’ère du sulfureux label Death Row sur lequel elle fera toute sa carrière sans jamais souffrir de son image controversée. Son classique « Afro Puffs » reste un hymne et on ne soustrait jamais « Rage » du Top 5 des meilleures rappeuses de tous les temps. 10/ Brandy feat Yoyo, Mc Lyte, Latifah « I Wanna Be Down » (1995) Ce joyau figurait comme face B sur le Maxi du hit planétaire « Baby », lorsque le Rap et le R’n’B prenaient le pas sur la Dance Music. Les remixes étaient la valeur ajoutée pour booster les ventes de CD Singles/Maxi, encore expérimentaux à l’époque. Mission réussie pour ce remix qui éclipse du coup le single original et qui s’est inscrit dans l’histoire en lettres d’or. Ce titre réunissait les 3 rappeuses les plus importantes du début des 90’s. Ce titre est ; avec du recul, un passage de relais d’une génération de grandes sœurs à leurs petites sœurs : l ‘ère de Lil’kim et de Foxy Brown allait débuter, les Ainées sortaient avec ce titre par la porte impériale avec un respect acquis pour l’éternité. Ce titre a été interprété à nouveau pour les BET 2014 avec les 4 stars au complet, laissant l’audience aux anges. En Espérant que vous avez kiffé, rendez-vous la semaine prochaine. Don Freddie 1ero.

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