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      Thylacine au Trianon : on y était !

      Dans le peloton de tête l’électro française actuelle, nous avons Fakear, Superpoze, DreamKoala… et Thylacine. Tous très jeunes, ils proposent une redéfinition décomplexée et réactualisée du genre, faite de breaks et de beats plus incisif, inspirée par une inventivité sans frontière. Dans le cas de Thylacine (William Rezé, 23 ans), c’est du côté de la toundra transsibérienne qu’il est venu chercher des bouts de voix, de chants traditionnels, de glaces. Ca donne « Transsiberian » (dont l’aventure a été largement relayée chez JustFocus), et ce concert au Trianon dans le cadre de sa tournée autour de cet opus. Compte-rendu et photos.

      Thylacine au Trianon

      Qu’est ce qui fait le succès de cette nouvelle génération, pourquoi avoir attendu autant pour qu’une nouvelle déferlante électro française nous parvienne ? Ils vous répondront : « On s’en branle un peu, en fait ». Ils ont commencé leur bonhomme de chemin… dans leur chambre, en composant les morceaux sur leur machines reliées à l’ordinateur, avec des logiciels crackés, à l’aide de tutos YouTube, pour diffuser sur Sound Cloud. Ils collectent les milliers d’écoutes, ont proposé leur albums sans label (sur Band Camp pour Thylacine par exemple) qui se vendent très bien, pour remplir aujourd’hui les clubs de Londres. Ne leur parlez pas de French Touch : sans étiquettes (Trip-Hop, Techno-Pop, Minimal… pardon, sans étiquettes), c’est leur indépendance et leur liberté qui leur a permis de se propulser dans ce podium. Et pour Thylacine, c’est le conservatoire et son apprentissage de la musique classique et du jazz qui fait partie de sa part différenciatrice. Le saxo qu’il joue trouve alors tout sa place dans le DJ set auquel nous avons pu assister en ce 1 er juin, au Trianon.

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      « Transsiberian » est le résultat du voyage qu’il a effectué sur cette célèbre ligne de chemin de fer, reliant Moscou à Vladivostok. Amoureux du son, friand de chaleur musicale et d’influences ancestrales : ce n’est pas lui qui le dit mais nous qui déduisons cela lorsqu’on écoute cet album, en partie mis en image. Un documentaire de la collection « Les Nouvelles Ecritures du Réel »« , fait de moments d’interludes, entre 2 gares, où on observe le musicien trouver de l’inspiration dans son compartiment, ordinateur + clavier en main, est disponible sur la toile. On voit ainsi l’artiste à la rencontre des habitants des villes qu’il parcourt, comme cette étape à Kazan, ville peuplée entre autres de Tatars à l’influence islamique. Chaque étape marquante fait l’objet d’un épisode. On y voit notamment les moments où, dans un village voisin, il se sent émerveillé par des chanteuses traditionnelles. Emballé par ces sons, qu’il picore en même temps qu’il pense à comment il va pouvoir les intégrer dans « Transsiberian », le voir ainsi dans ce film peut rapidement s’avérer fascinant. Comme les épisodes 3 et 4 « de Kazan à Novossibirsk » où il raconte la genèse d’un morceau phare de l’album, « Belobezvodnoe ».

      « Belobezvodnoe » qui se situe en début d’album, sera bien joué au Trianon ce soir, en rappel d’un show parfaitement exécuté. Comme un poisson dans l’eau, maitrisant son show tout en le rendant ludique parce que communicatif, Thylacine a fait le job, et n’a pas manqué de ravir le public pour cette date complète depuis quelques semaines. Saxo en main sur quelques morceaux, vidéos extraites de son voyage, montrant le paysage de la toundra et des populations locales, le dépaysement est garanti, touchant un public jeune et avide également de bonnes sensations électro. Ce Trianon était donc « l’étape de la confirmation », se plaçant maintenant dans les nouvelles références de la scène française, là où sa date précédente à la Cigale en février dernier n’était pas dénuée de pression.

      « Moskva, « Train », « Piany Pianino » ont dégagé en live leur potentiel défoulatoire, donnant ainsi au Trianon une ambiance de club. Les parts plus spirituelles comme celles de « Irkutsk » ou plus vocales, incluant les voix enregistrés par des enfants dans son wagon, ou celui du chamane, ne sont pas épargnées. On pense parfois Nicolas Repac pour cette utilisation mélancolique des chants folkloriques, et à certains morceaux ambiants teintés de musique orientale, à la Nitin Sawhney. Ces artistes électro aux musiques métissées et transfrontalières sont bienvenues, car tellement bienfaisantes en ces temps de repli sur soi. 

      Thylacine au Trianon

       

      Crédits Photos : Ludivine Pellissier

      Thylacine sera présent aux festivals cet été : Garorock (47) le 2 juillet 2016, Les Ardentes (Liège) le 7 juillet, Au Pont Du Rock (56) le 29 juillet, Les Nuits Secrètes (59) le 30 juillet 2016, Festival du bout du monde (29) le 7 août, Foreztival (42) le 13 août. A la rentrée, il se produira le 29 septembre à la Laiterie de Strasbourg et le 8 octobre à Rennes.

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