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      Route du rock 2016 : bilan de la 1 ère journée

      La Route du rock 2016, on y était ! Le fort de Saint-Père près de Saint-Malo a vibré à nouveau, avec cette fois une programmation qui revient à « l’esprit Route du rock », c’est à dire une sélection pointue sans forcément faire appel à une ou deux têtes d’affiches. C’était donc l’occasion, chez les mélomanes défricheurs de talents en marge, de vivre leurs passions en live, et chez les autres d’être surpris par de bonnes découvertes, que ce soit des groupes confirmés ou des nouveaux venus. Le tout sous un temps splendide, qui avec la qualité des artistes expliquent le nouveau succès de cette édition !

      Psychic Ills

      kevin_morby_01Ce groupe new-yorkais qui en est au 5 ème album démarre les festivités du fort de Saint-Père avec une note psyché des plus appropriées, à une heure où le soleil se love derrière la petite scène des remparts, laissants passer les rayons qui font révéler les effluves de fumées de toute sortes. La clique psyché / krautrock présente largement son nouveau répertoire, aux couleurs pourpre et très 70’s. Claviers rétro, se mêlant aux saturations discrètes des cordes, pour morceaux alliant la simplicité du blues avec la mixture dream-pop (« I don’t mind » avec Hope « Mazzy Star » Sandoval sur l’album), shoeagzing (le profond « No Worry », la dégaine de Jesus & Mary Chain, que les violoncelles chauds rendent plus baroque), et psyché (« Confusion (I’m Alright »), qui joue sur les terres de Dead Meadow, Spaceman 3, et navigue dans les eaux du Velvet Underground. La performance au Fort était sobre, la présence des membres étaient variables, à leur décharge : la posture négligée fait finalement partie du tableau de cette bande de rockeurs flegmatiques. Cadence lancinante, voix inoffensive et classique des arrangements pourrait interroger sur la portée de ce groupe qui fait bien son job : on ressent pourtant une délicieuse attirance vers le retour, le revival de l’âge d’or du rock qu’on veut durable et que Psychic Ills incarne sans temporalité. Piotr Grudzinski

       

      Kevin Morby

      Il est de ceux qui titillent la folk américaine, cette beauté de musique qui survivra à Leonard Cohen, Bob Dylan et Joan Baez, c’est sur : Kevin Morby, 28 ans (habitant de Brooklyn, tout comme Woods dont il a fait partie), est aujourd’hui, avec Kurt Vile et Mac de Marco, un porte drapeau de taille et un géniteur de merveilles, comme « Wild Side (Oh the Places You’ll Go) » ou « All of My Life », ce genre de chansons lumineuses passées à la postérité dès la première écoute, qui semble avoir toujours existé dans le « Hall of Fame » de la folk. Et que seuls quelques rares talents sont capables de révéler. La prestation de Morby au Fort de Saint Père était à la hauteur, une réussite d’autant plus grande qu’il était arrivé des Etats-Unis même pas une heure avant le début du live, et que le soleil brillait en pleine face. Une voix portée haut en écho, dont on devine une réverbération entre les murs du fort, le back-band qui fait plus que le job : après une phase pourpre et psyché assurée par Psychic Ills sur la Scène des Remparts, dans une pénombre cozy et fumante, c’est la phase des grands espaces américains et ensoleillés sur la grande Scène du Fort. On ne pouvait pas espérer une meilleure entame pour ce festival. Piotr Grudzinski

       

      Belle & Sebastian

      Belle_And_SeastianLe soleil se couche sur le Fort, alors que la tête d’affiche de ce premier jour fait son apparition. Les écossais de Belle and Sebastian nous offrent un set de haute volée et parfaitement équilibré. La folk mélancolique des débuts laisse place avec parcimonie aux derniers titres plus dansants de la formation, portée par la voix cristalline de Stuart Murdoch. On assiste à une véritable épopée instrumentale, exécutée par une formation de 9 musiciens. Un vrai moment de feel good music, en communion parfaite avec le public. En guise de final, le groupe fait monter une dizaine de fans sur scène qui vient créer un beau bordel euphorisant. Certainement l’un des temps forts de ce début de soirée ! Ninon Bernard

      Haelos

      HaeliosNous attendions avec une impatience rare le concert du trio originaire de Londres, rencontré plus tôt dans l’après-midi pour une interview qui sera dévoilée prochainement sur le site. Leur premier album « Full Cicrcle » paru en début d’année avait affolé notre radar aiguisé de perles musicales. Ils nous avaient promis une expérience presque spirituelle, et nous n’avons en rien été déçus. Le live est dense, envoutant et généreux. On se laisse happer facilement dans leur univers si singulier et contrasté, entre ombre et lumière. Influencés par des formations des années 90 telles que Massive Attack et Portishead, le groupe s’en affranchit cependant avec brio et donne la définition parfaite de ce à quoi doit ressembler le trip-hop en 2016.  Ninon Bernard

      Minor Victories

      MinorVictoriesEnchantés par ce que vient de nous proposer Haelos, on se dirige d’un pas assuré vers la scène du Fort pour Minor Victories, poids lourd composé des membres de Slowdive, Mogwai et Editors. Alléchant sur le papier et en studio, ils ne parviennent pourtant pas à combler nos attentes peut-être trop hautement placées. L’ambiance retombe un peu, et le set ne décolle malheureusement pas. C’est le moment pour nous d’aller nous reposer avant les 3 artistes electro qui vont clôturer cette première journée. Ninon Bernard

       

       

      Pantha du Prince

      Pantha Du Prince

      Dégaine christique, yeux figés sur son matériel de musique. Le berlinois Pantha du Prince de son vrai nom Hendrick Weber, a livré un live propre a son image : de la musique électronique vacillant entre house dansante et techno aux abords d’une minimale pure. Sur son site internet, le compositeur producteur n’y va pas par quatre chemins. « Pour lui, une rave est un orgasme psychosomatique »… En effet, en une heure de live c’est une invitation au voyage sensoriel que nous a rendu l’artiste. De longs morceaux enivrants, saupoudrés de quelques percussions et rythmes binaires, glissant quelques fois entre expérimentations acoustiques et improvisations bien menées. Malgré des transitions déstabilisantes voire abruptes, la promesse d’un voyage festif a été tenu. Douce Dibondo

      Gold Panda

      Gold Panda
      Une silhouette à la posture humble qui contraste avec l’énergie qui habite le londonien installé à Berlin depuis 2011, lorsqu’il balance ses beats chaloupés. Après un voyage au Japon de plusieurs mois, c’est tout naturellement que Derwin Schlecker a livré ce que le pays du soleil levant avait apporté à son processus créatif : sample de koto sur des beats Hip-Hop, Trip-hop et Trap ainsi qu’une vidéo de plusieurs rushes de paysages, de fleurs et d’ambiances de rues japonaises. Un mélange de style fascinant et plutôt réussi. Le hic était sûrement le thème récurrent tout le long du live qui, dès que dénudé de sa matière de basses et autres arrangements, ralentissait la ferveur du public. Aussi, le public a été assez intransigeant sans être adepte de l’effet boomerang : des applaudissements mous et avares, malgré une énergie sans défaut de la part du panda d’or. Douce Dibondo

      Rival Consoles

      Rival Console (Crédits : Nicolas Joubard)

      Ryan Lee West a pourtant signé chez Erased Tapes Record à l’instar de musiciens classiques tels que Nilhs Frahm, Peter Broderick ou encore Lubomyr Melnyk. Mais avec ses 3 albums et 4 eps au compteur, il ne connait pas la notoriété de ses pairs. On lui prédit toutefois un avenir musical tout aussi prometteur. Musique torturée et sonorités entaillées qui font siffler nos oreilles, bien trop habituées à une certaine linéarité de composition dans les musiques électroniques. Une sorte de torture saine qui pousse toujours un peu plus à la frustration. Justement, avec Rival Consoles ce schéma de frustration-récompense typique de musiques électroniques n’est pas respecté, bien au contraire. Il détourne et joue avec l’attente de l’auditeur. Trois thématiques fortes : mélodies distordues, percussions bien léchées et explorations sonores. En plus de ce live qui a lui tout seul, a capté pas mal de festivaliers, nos yeux ont pu aussi voir la musique alambiquée de l’Anglais. L’installation derrière l’artiste retranscrivait à la manière d’un vieil écran de veille Windows 95, les ondes sonores. Une manière encore plus frappante de voir à quel point cet artiste précoce ne fait pas les choses à moitié. Douce Dibondo

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