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      [Review] A Year In A Life – Le concept album de Logar

      Au début du mois de mai est sorti un petit trésor de folk. A Year In A Life est le premier concept album de Logar et nous l’avons délicatement savourer un soir d’orage avec une tasse de thé. Laissez-nous vous raconter…

      Logar, extracteur de miel

      Derrière le nom de Logar, se cache Clément Faure, un lyonnais à la musique folk sublime, subtile et intense. Ici pas de lyrisme exacerbé, par de jérémiades. C’est doux et sucré, onctueux et crémeux sans tomber dans des fadaises. Goûtu et délicieux à en redemander… Comme du miel !

      Même s’il vit à Lyon, Clément Faure est partagé entre la Grande-Bretagne, l’Islande et la France. Sa musique en témoigne. Il y a en effet quelque chose de la folk nordique dans sa musique. Sa façon d’utiliser les percussions sans doute, sa façon de chanter aussi.

      On le compare souvent à Nick Drake, mais Logar est plus simple, moins orchestré. Ses arrangements sont plus organiques. Pas de grand studio ou de grand moyen. Juste une bonne confiture faite maison. On parle aussi de Elliott Smith, mais la musique de Logar n’est pas électronique. Que de l’instrument acoustique, quelques recherche sonore dans les ambiance qui l’entoure.

      D’abord musicien pour les autres, il s’investi dans son propre projet dès 2012. C’est en 2013 avec la parution de son EP Seasons (Acoustic Sessions) que lui apparaît l’idée qui fera naître A Year In A Life. Intrigué par les saisons, la temporalité et la façon dont une vie peut être rythmée en une année… l’inspiration lui vient et avec des airs, des paroles, des histoires qu’il décide de partager. 

      L’enregistrement débute en 2015, dans les Studios de l’Hacienda dans les conditions du live, avec tous les instruments dans la même pièce. Le projet va s’étoffer au fil de scène avant d’être financer complètement sur Ulule.

      A Year In A Life, le journal intime de Logar

      A Year In A Life est un concept album de douze titres, une par mois de l’année, racontant des histoires, saisissant un instant, arrêtant le temps pour mieux en figer l’empreinte. Un bout de vie en somme mais raconter à la façon d’un conte.

      On est très vite tenté une fois que l’on sait cela de chercher à comprendre, de décortiquer et d’imaginer finalement le vécu qui se lie chacune des chansons. C’est un jeu qui se déroule lors d’une écoute attentive des paroles ou simplement en se laissant porter par les sensations que procurent chaque titres. A chaque fois c’est un délice, à chaque écoute on s’attache à un détail différent. Et puis c’est reposant, sans être ennuyeux. Une musique intime et personnelle qu’on arrive aisément à s’approprier !

      Le storytelling de Logar : au fil de mois, au fil des saisons…

      L’album s’ouvre sur Spring (Doesn’t Kow My Name), qui comme une brise matinale vient caresser nos oreilles. On imagine aisément un éveil, timide et déterminé à la fois. D’ors et déjà on rentre dans l’univers musical de Logar. Un timbre franc, chaud et doux : du miel qui coule tout seul et nous réchauffe. On réalise que Logar c’est comme ce plaid dans lequel on s’enveloppe quand il fait trop froid pour mettre un orteil en dehors de la couette. Cette musique est rassurante !

      The Rose s’annonce couverte d’épines. Le titre sonne plus sec, plus piquant. Peut être une colère retenue ? Un reproche ? Sous cette dureté apparente, il y a de la mélancolie, une tristesse qui ne veut pas exploser, mais se faire comprendre. Un besoin d’avancer pour ne rien regretter. Lorsqu’on tend l’oreille et qu’on écoute les paroles il y a finalement un message plein d’espoir au bout. Touchante !

      April Fool Surprenante transition avec un accord étrange… Si cette piste est le mois d’avril, on peut supposer que l’album commence par le mois de février (où l’on rêve de renouveau), puis mars (où l’on attend que passe la pluie).

      Le morceau qui arrive ensuite (mai) s’appelle Little Bird : ici le soleil semble s’être installé. Cette chanson est plus légère, légèrement bondissante. Mais si on a une impression de « à tâtons », on est poussé : une envie de sortir et de se balader, de profiter… Et…

      … ça se confirme dans Anyway (juin) on tient une main et le sentiment de confiance anime ce titre. Comme une incitation à être qui l’on veut, à aller où l’on veut, à poursuivre son chemin, ses rêves ! Une sorte de Carpe Diem quelque part derrière ce titre. C’est plaisant, encourageant et ça donne de petite ailes !

      Nous sommes enfin installé en Summer (l’été avec le mois de juillet). On a une sensation de lâcher prise contrasté de souvenir, comme si on regardait plus tard une carte postale ou des photos de vacances. Une petite nostalgie et un titre qui semble musicalement tourmenté ; le rythme est saccadé et agité.

      Going Back Home (août), sonne comme une ballade qu’on chante à la guitare sur une plage ou au coin d’un feu. Il y a un reste de sable, de sel de mer ou de larme. D’une suave tendresse, pas de paroles, un chant à la guitare… Une transition vers le retour chez soi.

      C’est là que je doute de ma théorie… Monsters & Witches tomberait sur le mois de septembre, alors qu’il évoque clairement Halloween. On a l’impression d’une comptine. Peut être aussi grâce au choix de percussions qui ornemente cette composition. Les paroles aussi nous donne cette impression. Simple et efficace, naïve et faussement candide. J’adore !

      Fall (octobre) est un petit bijou. Guitare voix ponctuée par des cymbales… avec un son de pièce qui vit en fond. On a encore plus l’impression d’être avec Logar quand on ferme les yeux et qu’on se laisse bercer. Le son change ensuite alors que les percussions viennent s’ajouter. On a l’impression que le chanteur fait une sorte de bilan alors que l’hiver approche. Encore un souffle de nostalgie sur ce titre. On monte progressivement en tension, un crescendo tout aussi rythmique que dans le texte. On ne tombe finalement pas dans la langueur que pourrait procurer l’automne.

      Voici le titre par lequel j’ai découvert Loger : Rain Wind And Snow (novembre). Alors que les éléments se déchaînent, on les regarde à travers la vitre et on s’évade. Ici la voix du chanteur s’étire comme celle de Tom Yorke. On ressent encore cet esprit tourmenté qui se cherche, qui s’interroge. Qui aimerait trouver sa place !

      Curieusement quand j’ai écouté Winter (décembre) j’ai repensé à Tori Amos… Mais finalement rien à voir. Ce titre est bluesy rock à souhait. On aime ! La guitare qui grince ce qu’il faut sans gronder, la voix de Logar qui prend en intensité sans s’énerver.

      Le dernier titre, pourrait être une berceuse. Danny Boy (janvier) nous permet d’entendre ce joli timbre monter dans les aiguës avec grâce. 

      Avec un vrai talent de storyteller, Logar se pose comme conteur dans ce premier concept album. Une belle année bien remplie qui nous laisse songeur pour la suite de ses projets.

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